Je n'ai jamais lu de recueil de true crime auparavant, mais j'adore regarder des émissions qui retracent des affaires criminelles, alors je savais que ce sujet pouvait m'intéresser. Pour être honnête j'ai surtout été attirée par la couverture et le format de ce livre, que j'ai trouvé original.
On nous y présente en tout 11 affaires criminelles très variées et datant d'époques assez diverses, ce qui selon moi est un point positif. Chaque affaire est présentée en quelques pages (environ 5 à 8 pages, à l'exception des deux dernières affaires qui occupent une vingtaine de pages chacune). Elles sont donc traitées assez efficacement, ce qui évite au lecteur de s'ennuyer ou de laisser de côté les histoires qui attisent moins son intérêt.
De manière générale, j'ai donc apprécié ce recueil, et je ne regrette pas ma lecture. Cependant, ce format, qui a en premier lieu attisé mon intérêt, représente finalement un élément selon moi assez problématique qui m'a de plus en plus gêné au fil de ma lecture.
Sur la quatrième de couverture, on peut lire:
«Les pulp magazines? Des revues très populaires aux États-Unis au début du XXe siècle: des recueils de nouvelles fictionnelles, des récits d'aventures aux registres très divers. Des magazines au graphisme très reconnaissable à l'origine d'une imagerie puissante qui irrigue encore aujourd'hui la pop-culture.
Pulp non fiction? Une collection qui reprend cette imagerie et ce format en l'immergeant dans l'univers du true crime et autres faits divers. Tout ici est donc bien réel.»
C'est ce mélange qui est selon moi problématique. On nous expose des faits divers dramatiques, pour la plupart simplement atroces, sous une forme qui n'est selon moi pas adaptée , parfois à la limite de l'irrespect vis-à-vis de la mémoire des victimes et de leurs proches. Chaque histoire est illustrée par un dessin qui, je présume, correspond à ce «graphisme très reconnaissable» que l'on tente d'imiter: un graphisme qui est donc adapté pour illustrer des œuvres FICTIONNELLES. Je pense que l'on ne peut décemment pas traiter de la même manière des histoires fictives et des faits divers bien réels. Je trouve au demeurant que ces dessins sont tous très jolis, et j'aime particulièrement ce style graphique, cependant, certaines de ces illustrations relèvent d'une certaines indélicatesse à mon sens. Ils font trop "bande dessinée", ce qui crée un décalage trop important avec la gravité des évènements qu'on nous rapporte. Rien que sur la couverture, par exemple, il faut bien se rendre compte que la femme qui est représentée attachées, effrayée, suppliante, est une véritable personne, Isabel Eriksson: c'est son traumatisme que l'on représente dans cette illustration, et ce graphisme n'est en ce sens pas adapté, dans la mesure où, dans l'inconscient collectif, il est associé à l'imaginaire, au fictionnel. Cela revient à minimiser ces atrocités, à dédramatiser ces histoires en les plaçant au même niveaux que des histoires fictionnelles qui ont pour but de divertir.
A de rares moments, j'ai aussi ressenti cette indélicatesse à travers certaines formules employées, mais ca ne relève que de ma sensibilité personnelle, de plus que je ne suis pas du tout habituée à ce style d'écriture étant donné que je ne lis jamais de faits divers (je préfère les écouter).
En résumé, je gardais toujours en tête au cours de ma lecture le fait que les faits qui sont retranscrits se sont réellement produit, que les victimes dépeintes sont de vraies personnes (encore vivantes pour la plupart) qui ont vécu l'enfer; et l'empathie que cela m'a fait ressentir m'a aussi rendue très sensible à tous ces petits éléments dont le ton ou la nature dénote du sérieux des sujets abordés.
Personnellement ça a gêné ma lecture et mon appréciation de ce livre, mais je peux concevoir que cet aspect n'ait pas autant de pertinence ou d'importance aux yeux de tous. J'ai tout de même aimé les histoires et leur diversité, c'est la raison pour laquelle j'accorde deux étoiles à ce recueil.