À travers ces trois récits liés par le doute, la persévérance et le désir d’émancipation, Claudia Larochelle revient sur les expériences fondatrices qui ont jalonné son parcours. Un parcours semé d’embûches, mais aussi de perles de sororité, jusqu’à sa libération grâce à la maternité et l’accueil d’une sereine stabilité. En revenant sur ses années d’apprentissage dans une école de filles dirigée par la dernière génération de religieuses à encadrer l’enseignement privé au Québec, ses débuts de journaliste à une époque encore éprouvante pour les femmes, et son expérience des amours malsaines, elle témoigne des tensions qui pesaient sur le climat social au seuil de la révolution #metoo.
C'est comme chroniqueuse sur Évasion et reporter au Petit Journal de TQS que Claudia Larochelle a fait ses premiers pas en télévision, au début des années 2000, avant d'être affectée aux pages culturelles du Journal de Montréal, puis du défunt site Rue Frontenac. En 2011, elle publiait le recueil de nouvelles Les bonnes filles plantent des fleurs au printemps et signait un des textes du collectif Amour & libertinage par les trentenaires d'aujourd'hui, qu'elle codirigeait. Elle anime depuis 2012 l'émission hebdomadaire LIRE diffusée sur ARTV et collabore régulièrement comme journaliste, recherchiste et chroniqueuse dans les médias écrits, à la radio et à la télévision. Elle est titulaire d'un baccalauréat en journalisme et d'une maîtrise en création littéraire de l'UQAM.
Pendant ma lecture, j’ai eu un étrange sentiment de déjà-vu. J’ai rapidement compris pourquoi, car le récit du bénévolat à la maison Jouvence figure dans « Les bonnes filles plantent des fleurs au printemps » de la même autrice (p.140 à 148). Pourquoi publier deux fois la même histoire presque mot pour mot? Même si ce passage ne représente qu’un extrait des Disgracieuses et que l’ensemble de l’œuvre est intéressant, cela m’a déçue.
tout m’a parlé dans ce livre. les références sont les miennes à quelques années près, les œuvres citées, mais le texte est exceptionnel. une grande autrice.
Je connaissais Claudia Larochelle la chroniqueuse et animatrice, mais je ne connaissais pas Claudia Larochelle l’auteure. C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai commencé la lecture des « Disgracieuses ». Dès les premières pages, j’ai découvert une écriture authentique dans laquelle la narratrice laisse son ego au vestiaire et se livre sans artifice. « Les Disgracieuses » est composé de trois récits dans lesquels l’auteure revisite trois périodes de sa vie. Le lecteur est amené tour à tour dans une école privée pour jeunes filles dirigée par des religieuses où la narratrice apprend ses premières leçons de vie, dans les locaux du Journal, lieux des premières expériences professionnelles où suinte la misogynie et, finalement, dans les filets d’un don Juan qui se joue de ses sentiments, comme le chat se joue de la souris. Les trois récits qui composent « Les Disgracieuses » sont rédigés d’une prose alerte, sensible, introspective et truffés de références qui enrichissent le texte. J’ai lu ce livre d’une traite.
Ce petit livre qui adopte le genre des mémoires est bien écrit et contient des réflexions pertinentes à l’air post-metoo, mais il manque selon moi un certain fil conducteur, ce qui rend le récit assez décousu.
De plus, le tiers du livre qui concerne son aventure avec un homme marié m’a semblé presque calqué sur Passion simple d’Annie Ernaux. Cela m’a agacé, comme si l’autrice ne pouvait trouver sa propre voix… Elle y ajoute toutefois un regard auto-critique qui est absent (mais sous-jacent) des écrits d’Ernaux.
La deuxième étoile s’est acquise par la troisième partie, mieux racontée et élaborée que les deux autres. Somme toute, un texte décousu, parsemé de coquilles et le propos est lourdement assommé de références à peine effleurées. C’est non.
Cette collection III est vraiment géniale! Et les récits de Claudia Larochelle sont puissants, profonds et émouvants. Sororité, féminisme, maternité: des thèmes qui font résonner mon cœur. J’ai l’impression que ces récits m’étaient destinés. Il faut dire qu’ayant pratiquement le même âge, il était facile pour moi de me projeter dans les événements.
J'ai beaucoup aimé ce livre profondément féministe, c'est un appel aux femmes de ne pas se taire et de ne pas accepter les comportements douteux, violents, manipulateurs à notre égard!!
J'ai également beaucoup apprécié la plume qui n'est ni violente, ni grossières, elle le démontre avec une grande humilité. Un message fort qui est malheureusement très d'actualité.
bon, je vais faire un review assez rude. ouvrage qui se veut féministe, mais qui ne m’a pas appris grand-chose… beaucoup de belles intentions et de grands mots pour finalement raconter des histoires d’amour désespéré et hétérosexuel trop souvent entendues. les quelques mots sur l’attirance entre deux femmes m’ont quand même un peu beaucoup déçu.
J’ai vraiment beaucoup aimé ma lecture. Le premier segment sur l’enfance de l’autrice était correct, mais j’ai vraiment plus apprécié les deux suivants qui sont sur la vie professionnelle et la vie amoureuse. On traite beaucoup des personnalités toxiques au travail, surtout dans le domaine des médias. Il y a aussi beaucoup de clin d’œil à des gens du passé. J’ai trouvé ça bien intéressant.
[apprécié en version audio, lu par l’autrice, Claudia Larochelle]
une qualité d’écriture d’exception. j’ai été inspirée, charmée et j’ai appris plein de nouveaux mots.
sur fond d’une trame féministe imparfaite qui m’a fait beaucoup de bien, l’autrice nous donne accès à différentes époques d’elle-même, avec un courage et une vulnérabilité désarmants.
il faut être prêt.e à naviguer dans son style, à suivre les allers-retours, à accepter de flotter un peu dans le temps. je me suis laissée bercer par ses questions, par ses drames, par les détails pas banals de sa vie.
le milieu journalistique qu’elle décrit (que je ne connais pas) est imprégné de misogynie et de violences envers les femmes. mais au fond, aucun milieu n’y échappe. les petites violences (petites au sens quotidiennes, pas au sens banales) que les femmes vivent, que je vis moi-même, me renversent.
et que dire de la toute fin. ce passage où elle honore nos alliés. ces hommes qui croisent notre route et réparent à grands coups de respect et de douceur. je reconnais l’immense chance d’avoir trouvé mon beau Mig ❤️🩹
c’est un livre que je me procurerai en version papier pour 1) le relire, 2) écrire dedans.
je recommande dans la douceur et la lenteur.
« Les petits me réparent encore jour et nuit. Ils l’ignorent, ça rend leur existence plus noble et vertueuse. Les petits imposent leurs lois qui me décentrent de moi même. Les petits donnent des bouffée d’espoir, du matin au soir. (…) Ne jamais sous- estimer la puissance de mes engagements envers eux. c’est pour leur liberté maintenant que je m’insusge contre l’imbécilité, l’égoïsme, les manipulations, les injustices. »
« La misogynie ne dort jamais. Elle s’abreuve a nos peurs pour redoubler d’ardeurs. »
« La transmission des armes figure au premier rang de mes ambitions maternelles. »
« (…) chérir le père de mes enfants, honorer son courage de la paternité. Ces hommes existent. On ne les voit pas au premier regard, ils se terrent dans l’ombre, pétrient de doute et de craintes. Ils parlent notre langage. Ils savent transmettre, rester et choyer. Ils savent l’égalité. Ils savent renoncer aux privilèges ancestraux. Ils savent faire passer les autres avant eux. Ils n’ont pas besoin de se couvrir de glorioles ou de se mirer dans l’oeil dune femme pour honorer leur virilité. »
Je sais pas trop si je lui donnerais un 3,5? 3,75? 4? Les thématiques abordées étaient très poignantes et racontées d’une manière très vulnérable et sincère. Par moment c’était plus ou moins clair où l’on était dans la lecture ou où on s’en allait (à noter que je l’ai écouté en livre audio donc j’ai peut-être été pas très attentive). Un peu décousu, mais au final une belle lecture à tendance féministe
C’est bon, c’est engagé, c’est féministe. Ça relate trois passage d’une femme auquels on peu facilement s’y repérer l’adolescence, la jeune vie adulte carriériste et les amours toxiques. L’oeuvre donne une lueur d’espoir et n’est pas simplement une grande plainte lyrique qui s’éternise. J’ai adoré 💫
4,5/5 J'aime bien l'animatrice et journaliste Claudia Larochelle, mais je ne m'attendais pas à aimer autant son dernier livre qui a été une belle surprise!
S'inspirant de moments marquants de sa vie, l'autrice nous livre trois récits. Un premier qui se passe dans une école secondaire privée tenue par des sœurs. Le deuxième nous transporte dans une salle de nouvelles dont le climat était plus que toxique. Le troisième plus intime nous raconte une histoire d'amour difficile. J'ai été happée par ces récits superbement écrits qui nous semblent plus vrais que vrais même s'ils comportent une part de fiction. On sent la vulnérabilité de l'autrice, mais aussi toute la force que ces moments de vie lui ont apporté.
On dirait un livre écrit par une femme qui aurait vraisemblablement aimé être disgracieuse, mais n’y est pas parvenu. Le discours sur la maternité, oh grande salvatrice et réparatrice de tous les maux, est lassant, sans originalité et n’a rien de disgracieux.
Lecture féministe qui m’enchantait beaucoup en lisant la 4ème de couverture.
Finalement, lecture plutôt autobiographique et j’ai trouvé ça lourd d’être aussi intime dans l’univers personnel de l’écrivaine.
Énormément de figures de style et c’est comme si elle essaie de nous nommer des faits sans le faire réellement, en le cachant à travers des métaphores. On dirait que ça me fatiguait à la longue. Moins mon type d’écriture il faut croire.
Un récit qui relate des faits d’une autre époque, pourtant pas si lointaine.
J’ai appris à apprécier ma lecture au fil des pages, particulièrement le passage sur la toxicité de certains milieux de travail et sur les relations amoureuses malsaines et sur l’aveuglement amoureux. J’ai trouvé que les trois histoires allaient en gradation.
Lu en une soirée, certains passages m'accrochent et l'autrice a une belle plume, mais en général, je ne peux pas donner plus que 3 étoiles. Je pense que c'est le manque de fil conducteur autre que «les passages de vie marquant pour s'affranchir en tant que femme» qui me pousse à ne pas en donner plus.
Malgré que le livre soit court, il m'a pris beaucoup de temps à lire. J'ai trouvé ça lourd. Beaucoup de références et réflexions non approfondie. Je ne comprenais pas toujours les liens et la ligne du temps. Ça manquait de cohérence pour moi. Dommage.
3.5: on se reconnaît dans ses histoires et faire des parallèle avec des moments de notre propre vie. Par contre, le propos reste somme toute en surface et l’ajout de plusieurs références d’ouvrages alourdis le texte. Sympathique lecture, mais sans plus.
Très bien écrit. Trois récits qui se font écho. Sincère, probablement salvateur, bien au-delà de l’auto-victimisation, c’est une autre oeuvre qui éclaire sur ce qui se passe dans la tête de celle qui est sous le joug du pouvoir et de la concupiscence crasse (avant, pendant, après).