Jump to ratings and reviews
Rate this book

Trahir et venger - Paradoxes des récits de transfuges de classe

Rate this book
Les récits de transfuges de classe – c'est-à-dire des personnes ayant connu une forte mobilité sociale, souvent ascendante – se sont multipliés ces dernières années, dans des domaines divers (littéraire, sociologique, politique, médiatique) et sur des supports variés (livres, journaux, réseaux sociaux). Comment expliquer un tel succès ? C'est que le récit de transfuge traite aussi bien d'enjeux collectifs (la place des classes populaires, les injustices et les possibilités de réparations sociales) que d'enjeux personnels (le parcours de vie singulier, l'identité fractionnée, l'acceptation de soi), dans une perspective souvent présentée comme politique.
Peut-on à la fois trahir les siens, en changeant de classe, en adoptant d'autres valeurs, voire une autre identité, tout en prétendant les venger, en leur offrant un espace de représentation, en leur rendant une parole publique dont ils et elles sont privées ? Tel est le principal paradoxe du discours de transfuge qui prétend porter une parole populaire mais qui peut être accusé de la confisquer.
En adoptant les outils de l'analyse du discours, ce livre interroge les ambitions du récit de transfuge de classe. Est-il un contre-récit, qui s'oppose aux récits dominants, ou bien est-il devenu, malgré lui, un récit mythique, récupéré par le storytelling médiatique et politique libéral ?

240 pages, Paperback

Published April 4, 2024

14 people are currently reading
269 people want to read

About the author

Laélia Véron

8 books6 followers

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
16 (21%)
4 stars
42 (55%)
3 stars
17 (22%)
2 stars
1 (1%)
1 star
0 (0%)
Displaying 1 - 5 of 5 reviews
Profile Image for Zéro Janvier.
1,712 reviews125 followers
April 23, 2024
Je connaissais la linguiste Laélia Véron pour le podcast Parler comme jamais qu’elle co-animait avec Maria Candea et que j’écoutais avec plaisir. Certains d’entre vous la connaissent peut-être également pour ses chroniques sur France Inter. Par contre, je ne connaissais pas Karine Abiven, « chercheuse spécialiste du discours à la Sorbonne » d’après Wikipedia, avec qui elle a co-écrit l’ouvrage Trahir et venger, Paradoxes des récits de transfuge de classe, publié en ce mois d’avril 2024 chez La Découverte.

Les récits de transfuges de classe – c'est-à-dire des personnes ayant connu une forte mobilité sociale, souvent ascendante – se sont multipliés ces dernières années, dans des domaines divers (littéraire, sociologique, politique, médiatique) et sur des supports variés (livres, journaux, réseaux sociaux). Comment expliquer un tel succès ? C'est que le récit de transfuge traite aussi bien d'enjeux collectifs (la place des classes populaires, les injustices et les possibilités de réparations sociales) que d'enjeux personnels (le parcours de vie singulier, l'identité fractionnée, l'acceptation de soi), dans une perspective souvent présentée comme politique.

Peut-on à la fois trahir les siens, en changeant de classe, en adoptant d'autres valeurs, voire une autre identité, tout en prétendant les venger, en leur offrant un espace de représentation, en leur rendant une parole publique dont ils et elles sont privées ? Tel est le principal paradoxe du discours de transfuge qui prétend porter une parole populaire mais qui peut être accusé de la confisquer.

En adoptant les outils de l'analyse du discours, ce livre interroge les ambitions du récit de transfuge de classe. Est-il un contre-récit, qui s'oppose aux récits dominants, ou bien est-il devenu, malgré lui, un récit mythique, récupéré par le storytelling médiatique et politique libéral ?


L’ouvrage comporte 6 chapitres qui commencent par définir la notion de transfuge de classe, de dresser la généalogie de cette expression, avant d’entrer dans le détail des caractéristiques et des limites de ces récits :

1. Récits subjectifs contre catégorisations scientifiques ?

2. Du traître au vengeur ? Histoire de l’expression « transfuge de classe »

3. Transfuges partout ? Extension du domaine des récits

4. Modèles, recettes et subversions du récit de transfuge de classe

5. Langue dominée et langue dominante : vers un style de transfuge ?

6. Des récits politiques ? Pouvoir dire « nous »

Les deux autrices proposent une analyse critique des récits de transfuge de classe, à la fois sur le fond et sur la forme : le style, le lexique, la structure des récits, mais aussi leur portée politique et les idées qui les portent ou en émergent consciemment ou inconsciemment.

J’ai trouvé cela très intéressant, souvent pertinent, avec de véritables questions posées sur la nature et les buts des récits de transfuges de classe, mais aussi sur leur réception médiatique et publique, qui peut être en décalage avec les intentions de leurs auteurs. Si comme moi vous êtes à la fois friands de ces récits de transfuge de classe tout en étant parfois agacés ou gênés par leur apparente omniprésence médiatique, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre qui en analyse très bien les logiques.
Profile Image for Aurore.
65 reviews2 followers
December 6, 2024
Un grand livre ! Outre les réflexions passionnantes sur la nature et l'existence d'une identité commune de "transfuge", les deux autrices nous permettent de réfléchir sur la dichotomie bien réelle qui existe entre le "je" et le "nous" collectif, et nous invitent à prendre conscience de la tension qui existent entre ces deux identités. En outre, je trouve que l'analyse sur la base du discours est une excellente idée, puisque le récit des transfuges en est un, qui mélange un grand nombre d'ideaux et d'affects qui se ressemblent tout en se contredisant. J'en ressors avec l'envie de lire pleins de récits de transfuges !
Profile Image for Margaux Lavigne Delcroix .
142 reviews1 follower
January 26, 2025
Je pense que je le mobiliserai à la fois pour mon mémoire sur le rapport au langage (Ernaux qui refuse la poésie mais aussi sur la honte, est-une forme d’indicible ?) et pour mon rendu sur les récits de soi.

Ce livre soulève des problématiques intéressantes sur les récits de soi : Est-ce qu’un récit de transfuge est un récit de soi ou un récit de nous ? Est-ce littéraire ou politique/ sociologique ? Et enfin, ce livre nous donne une « recette » pour écrire un récit de transfuge.

Livre intéressant qui soulève des problématiques mais non central dans mes réflexions académiques.
Displaying 1 - 5 of 5 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.