Un bébé crie dans le RER. Un jeune homme aide sa mère à descendre sur le quai avec la poussette. Tout s’est passé en cinq secondes, les portes du wagon se sont refermées et la mère s’est fondue dans la cohorte des voyageurs, regardant à travers la vitre son enfant et l’inconnu désemparé. Catherine Benhamou signe un texte poétique percutant, librement inspiré d’un fait divers, sur le désarroi d’une mère au bord du précipice. « – Vous l’avez voulu cet enfant, on aimerait comprendre ? Et toi aussi tu voudras comprendre vu que l’enfant en question c’est toi, mais à toi aussi elle ne fera que répéter j’y arrivais pas voilà c’est tout voilà j’y arrivais pas » C. B.
C’est une lecture très courte, mais terriblement émouvante. Cette femme, seule avec son bébé, dépassée et laissée par tous, n’en peut plus. C’est un cri silencieux que cet acte lorsqu’elle laisse son enfant à un inconnu.
C’est la société qui la juge, qui ne lui tend pas la main.
C’est un texte très court, mais l’autrice Catherine Benhamou arrive avec une plume très franche et émouvante à donner aux lecteurs toute l’émotion, toute la fatigue de cette mère qui n’en peux plus et qui est dos au mur. Être une mère célibataire n’est pas facile, encore plus quand on ne peut avoir aucune aide de l’extérieur. Cet inconnu, celui qui réceptionne cet enfant qui est aussi une victime, doit alors se ranger du côté de la procédure, lui aussi qui vit en marge de cette société.
C’est joli, cruel et très réel. Un bout de vie que j’ai beaucoup aimé découvrir !
Dire que cette histoire m'a touchée ne serait que survoler mes pensées après l'avoir finie. L'histoire d'une mère qui abandonne son enfant à un inconnu dans le RER. L'histoire d'une mère elle-même abandonnée par la société qui l'entoure, incomprise et pointée du doigt. L'histoire d'un garçon qui découvre la vie quand on la lui pose dans les bras. L'histoire d'un bébé qui se retrouve impuissant au milieu.
Un portrait intense d'une société profondément injuste qui nous touche et nous questionne.