C'était émouvant, sincère, sans tomber dans le voyeurisme. Justin Morin allie à la fois le récit journalistique et la fiction avec une honnêteté touchante. Il a su faire passer toute la complexité de l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus banale et de plus magnifique (d'ailleurs, même si les thèmes sont très différents, je n'ai pas pu m'empêcher de le rapprocher des Les enfants endormis de Anthony Passeron. L'un de mes grands coups de cœur de cette rentrée !
Justin Morin décrit un fait divers dans son livre « On n’est plus des gens normaux » en ajoutant toute sa sensibilité pour raconter les faits et analyser ses ressentis. En effet, ce sont les liens qui unissent les protagonistes, notamment des deux principales familles qui sont touchées par le drame, qui sont relevés dans le roman.
Car, en suivant le procès pour son travail, Justin Morin est touché par la sœur de celui qui est dans le box des accusés. Devant les faits exposés, impossible pour elle de ne pas reconnaître que son frère est coupable. Pourtant les liens familiaux feront qu’elle choisira une autre voie.
Été 2017, une voiture fonce dans une pizzeria, volontairement. Une famille ne sera jamais « plus des gens normaux ». Car Angela, adolescente de 13 ans, ne se relèvera pas.
Justin Morin est journaliste à France Info. Il a collaboré à plusieurs « Les pieds sur terre » sur France Culture. Le procès du fait divers raconté ici, Justin Morin le couvre dans la réalité de son son métier. Il rencontre la famille. Mais, bien après, la réaction de la sœur du coupable le hante. Il décide d’analyser les liens invisibles qui la lient à son frère.
La première partie se concentre sur la vie des parents d’Angela, Betty et Sacha, ainsi que ses deux frères, Nicholas et Dimitri, jusqu’à la tenue du procès, plusieurs années après.
À partir d’une réaction particulière de Lisa, la sœur de l’accusé, Justin Morin décortique en les inventant les liens qui les unissent. Il l’imagine seule pierre d’ancrage dans le monde de son frère, en déséquilibre permanent. Les liens invisibles
Et lorsqu’il suppose qu’elle écrit dans le carnet qu’elle tenait au procès… » Mon frère est un bourreau. Ai-je le droit de souffrir ? « , le lecteur plonge au cœur des conflits de loyauté vécus dans les fratries. Entre attachement à l’autre et colère de devoir sacrifier sa liberté, le roman, On n’est plus des gens normaux, évoque tous les sentiments intermédiaires.
En abandonnant la position du journaliste pour celle du romancier, il accepte de laisser de côté les faits. Il ne les relate plus avec objectivité et oublie leurs certitudes. Avec son expérience, Justin Morin décortique la loyauté familiale souvent inconsciente. Cette forme de fidélité ne s’exprime souvent que dans les drames, cette dépendance qui prend le dessus sur la raison, comme pour Lisa, au détriment de sa propre vie, et cette force qui permet aux parents d’Angela de traverser le drame.
Avec beaucoup de sensibilité, Justin Morin allie journalisme et fiction pour détailler les liens familiaux invisibles qui relient les membres d’une même famille, visibles lorsqu’un drame percute la vie de gens normaux. Un premier roman particulièrement réussi ! Chronique illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Ok. Ok. J'étais prête à te mettre que 3 étoiles je promets mais en fait j'ai réfléchi. Oui la première partie était extrêmement dûre à lire, m'a fait pleuré comme jamais mais pas comme je pleure pour les autres romans. Oui j'étais pas trop convaincue par la deuxième partie parce que je m'en fiche de ce que tu imagines ou pas. Mais en lisant la 3e partie j'ai compris à quelle point la deuxième partie était nécessaire et gars j'ai envie de pleurer dans un bus crowded de monde 😭 je pense tjrs pas que les histoires vraies soient faites pour moi laissez moi vivre dans mon monde fictionnel au moins qd je pleure c'est pas pour des vraies personnes mais pour un premier roman c'est vraiment ok et je comprends les commentaires positifs
La partie documentaire m'a nettement plus intéressée que la partie fiction. Et j'ai aussi trouvé plus réussie la partie sur la famille de la victime que sur l'accusé.