En 1848, on découvre de l'or dans la Feather River, en Californie du Nord. Une ville naît, baptisée Oroville ; la ruée vers l'or commence. En 2020, Thea, géologue venue à Oroville pour travailler en aval du gigantesque barrage désormais construit sur la Feather River, doit fuir devant l'avancée des méga-feux. Alors qu'un monde vacille, la violence de son histoire resurgit. Entourée de femmes aimées - une écrivaine de science-fiction, une descendante d'un peuple autochtone, une ingénieure coréenne -, Thea tente de remonter le fil des dévastations issues de la ruée vers l'or. Porté par la langue puissante et tendre de Nina Leger, le chant ancien de la rivière se mêle aux voix d'un présent bouleversé pour faire entendre l'épopée d'une civilisation qui s'est construite en détruisant, au point de préparer sa propre ruine.
Oroville, 1848, une histoire de ruée vers l’or et des violences inhérentes à cette recherche de richesse.
2020, Thea, une géologue arrivée à Oroville, obligée de fuir des incendies, revient sur les conséquences du passé de cette ville mais aussi sa propre histoire.
Convoquant autrice de science-fiction, une descendante d'indigènes et un ingénieur coréen, Nina Léger offre un livre poignant sur les conséquences du passage des hommes sur la terre, dans un texte brillant d’intelligence.
Je l'ai choisi , ce livre , parce qu'il était question de la Californie et son histoire . Et la California ,parfois me manque, ... alors je me suis mus à le lire comme on entreprend un très long voyage avec plusieurs étape . Pas de précipitation . En fait Thea et son histoire m'étant secondaire , n'a pas du tout motivé ma lecture mais ne l'a pas dérangé non plus . L'ecritue m'a beaucoup séduite j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce presque dernier livre de 2024 . Je l'ai trouvé par moment poétique, étoffé de d'intéressantes descriptions. Je le recommanderais sans hésitation J'ai même envie de lire Antipolis . On vera .
" C'est vertigineux de parcourir un livre que des inconnues ont annoté. On ne sait rien d'elles mais on accède à une chose profondément intime, comme si on tenait leur regard entre nos mains"
2020, la jeune Théa geochimiste fuit Oroville et les méga feux Californiens, la Californie est en état de sécheresse.
1948, toujours en Californie, naissance d'Oroville, point de convergence des chercheurs d'Or, en remontant la Feather river.
À priori, rien ne semble lié ces deux événements , À part leur situation géographique. Ainsi, l'histoire d'Oroville se raconte, et ouvre le roman, cette ville va devenir le berceau des chercheurs d'Or, car pour découvrir les précieuses pepites & paillettes, déplacer des montagnes, dériver le cours d'eau de la Feather et exterminer quelques tribus indiennes refusant d'être délocalisées sera le prix de l'exploitation d'Oroville.
Mémoires sauvées des eaux est plus qu'un roman historique, il met en résonance les descendants de ceux qui ont vécu le fondement d'Oroville, et ceux qui l'habitent toujours. Théa est un trait d'union entre le passé et le présent de ce lieu, j'ai beaucoup aimé ce personnage très portée sur la science du vivant, plutôt qu'activiste écologique. Les lettres qu'elle échange avec sa grand mère Grande Ourse en son l'écho parfait. Cette grand mère écrivaine de science fiction incarne l'écho du passé, elle répond à sa petite fille lui transmet l'histoire familiale pour l'aider à appréhender son existence.
Théa Sait qu'elle est là ou elle doit être, alors qu'elle accepte une mission d'étude sur les saumons, elle redécouvre elle aussi ses origines en la personne de ses arrières grand parents, le couple Kroeber.
J'ignorais si ce roman allait me plaire, des les 100 premières pages, d'abord le recit nébuleux autour de la Genèse d'Oroville, puis ces voix, passés et présentes qui se repondent, j'ai même envie d'écrire dans ce genre de roman la confiance en l'auteure est je dirai payante, suivre l'intrigue comme suivre le cours de la rivière, la lecture coule de source et prend son sens au fil des pages.
Bien sûr la question écologique est au coeur de l'histoire, c'est un propos engagé sans être non plus pessimiste, l'idée est de comprendre les conséquences au long terme d'un développement économique poussé à l'extrême, à la fois ce qui est visible et ce qui ne l'est pas comment cela a impacté la vie de ceux qui l'ont vécu cela sur plusieurs décennies et encore maintenant alors que ça fait des lustres qu'on ne cherche plus d'Or.
En racontant l'histoire d'Ischi, nom du dernier des Deer Creeks, dont la tribu a été chassée et de celle des self made man qui ont bati leur fortune au 19e siècle grace à l'exploitation intensive de la nature jusqu'à sa destruction, et la rendre quasi inhabitable pour la tribu Deer Creeks, c'est ça aussi la littérature dévoiler toutes les facettes de l'Histoire pour sortir de l'oubli celui qui le mérite.
Vraiment j'ai pris un grand plaisir à lire ce roman presque d'une traite, une écriture originale, rythmée, et très évocatrice il n'est pas évident de faire passer des notions de géologie et de biologie de manière aussi explicite. Et la Californie est tout aussi brillante sous la plume de Nina Leger que sous celle de Brett Easton Ellis ☺ Sinon pour ceux qui me liront jusqu'au bout la Grande Ourse n'est autre qu'Ursula K LeGuin.
Superbe roman qui m'a transporté dans une autre époque et dans un endroit que je ne connais que par l'imaginaire.
Le livre alterne entre des conversations à sens unique – retranscriptions de courriers ou de messages vocaux – et des chapitres de narration de l'Histoire relativement récente de la Californie. Je suis impressionné par la facilité avec laquelle on arrive à suivre le fil des conversations entre les personnages alors même que celles-ci ne se suivent pas nécessairement dans un ordre chronologiques et que l'on ne dispose à chaque fois que d'une partie des échanges.
Les courriers ou les messages vocaux envoyés par la Ursula dite la Grande Ourse, écrivaine de SF à sa petite fille Théa, géologue, sont débordants d'affection et agissent comme un phare dans le brouillard que traverse la destinataire. À travers les échanges entre ces deux femmes, deux époques se rencontrent, deux mondes se croisent, tentent de se comprendre mutuellement, s'écoutent et surtout se respectent.
La petite histoire de ces descendantes d'anthropologues de renom s'inscrit dans la grande, qui nous est présentée en parallèle dans des chapitres où les mots coulent avec une grande fluidité, malgré la violence des sujets abordés. Cette grande histoire est celle de la ruée vers l'or en Californie, celle de l'homme, blanc, prêt à tout pour vivre le "rêve américain" (du moins, le sien) : asservir ses semblables, massacrer ceux qui le gênent, façonner la nature pour desservir ses rêves de richesse individuels au mépris des autres et surtout des plus économiquement fragiles.
Le texte est d'une richesse incroyable. J'ai beaucoup aimé la présentation des rapports de force entre Théa et le reste du monde : avec sa grand-mère, avec ce qu'incarne son arrière-grand-père anthropologue, avec sa nouvelle colocataire, une autochtone, ou encore avec son époque. Je suis toutefois passé complètement à côté du rôle de la seconde amie, l'ingénieure coréenne.
J'ai entendu l'auteure, Nina Leger, lire un extrait de son roman historique au micro de l'émission de radio "Avec philosophie" de Géraldine Muhlmann, et me suis empressé de me procurer l'ouvrage le lendemain en librairie. Une forme de ruée vers l'or en somme, qui s'est soldée par la découverte d'une bien jolie pépite. Les références aux écrits de la grand-mère, Ursula K. Le Guin, me laissent penser qu'il me reste d'autres territoires à explorer et d'autres pépites à découvrir.
Déconcertée par le procédé narratif : autant l'histoire de la "construction" de la Californie et de l'anéantissement programmé des amérindiens dans cette région est intéressante, autant je suis passée à côté de l'héritière de cette histoire. Ce personnage est un effet de style dont je me serais bien passée.
c’est pas du tout un livre que j’aurai pris dans une librairie par moi même mais une super découverte c’était extrêmement bien écrit sur un sujet hyper délicat de l’histoire américaine (et très peu raconté de façon critique) couplé avec les difficultés actuelles de mémoire et de réparation j’ai adoré!
j’ai trouvé ce livre au hasard dans la bibliothèque partagée de mon immeuble et j’ai beaucoup aimé le style, l’histoire, la narration, c’était super, ça m’a transporté. Vraiment pas commun. Merci