"Il faut que je raconte cette histoire tant qu'il me reste de la peinture bleue sur les mains. Elle finira par disparaître, et j'ai peur que les souvenirs s'en aillent avec elle, comme un rêve qui s'échappe au réveil et qu'on ne peut retenir. Avec ce bleu, j'ai peint le cercueil de Papa." Bernard Mélois est sculpteur. Il a consacré son existence à souder des figures spectaculaires dans le capharnaüm de son atelier, en chantant sous une pluie d'étincelles. Alors qu'il vit ses derniers jours, ses filles reviennent dans leur maison d'enfance. En compagnie de leur mère, des amis, des voisins, elles vont faire de sa mort une fête, et de son enterrement une oeuvre d'art. Périple en Bretagne pour faire émailler la croix, customisation du cercueil, préparatifs d'une cérémonie digne d'un concert au Stade de France : l'autrice raconte cette période irréelle et l'histoire de ce père hors du commun dont la voix éclaire le récit. D'une fantaisie irrésistible, Alors c'est bien offre un regard sensible et inattendu sur la perte et la filiation. C'est aussi l'hommage de l'artiste Clémentine Mélois à son père, ce bricoleur de génie qui lui a transmis son humour inquiet, son amour des mots et son vital élan de création.
je n'aurais absolument jamais lu ce livre sur la base de son pitch et c'est bien la preuve que parfois on est un peu con et que c'est bien d'être ami avec des libraires parce qu'ils peuvent nous signaler quand on est con même si en général cette compétence ne s'applique qu'au domaine strictement et purement littéraire c'est-à-dire que peu de libraires ont été à même de me dire que j'étais indisponible émotionnellement ou bien que je faisais preuve de trop d'impulsivité mais qui sait de quoi l'avenir est fait toujours est-il que plusieurs bons libraires ont parfois su me détacher de ma connerie et Adrien le 13 septembre dernier a fait cela pour moi bravo Adrien et merci. c'est un livre très très doux qui échappe à absolument tous les écueils dans lesquels la quatrième de couverture augurait pourtant qu'il allait échouer. il est plein de grâce et de tendresse. il parle des photos et du deuil et de la terre et de ce qui reste et des souvenirs qui font le taf, à peu près. il parle de l'art mais pas de l'art des galeries, l'art des mains plutôt, l'art des pyrograveurs et de Bretagne Emaillage et de manger beaucoup de crème d'oeuf de chez Lidl pour conserver les emballages en alu et faire des sculptures avec après. il parle de grandir et de rester des soeurs. il parle de vieillir et d'être encore un papa même quand on n'est plus là. il parle d'attendre la mort parce que la mort ce n'est pas obligé d'être une mauvaise fin. c'est juste la fin tout court. par contre, ça reste titre, même si c'est bien.
J'ai adoré ce texte malgré le sujet lourd, l'autrice arrive à raconter les dernières semaines de vie de son père avec humour. C'est touchant quand elle parle d'elle, drôle à souhait quand son père prend la parole (c'est presque un personnage de roman). J'espère que l'écriture de ce livre lui aura fait du bien car la vie de cette famille est très tendre et permet de relativiser certaines pensées face à la mort.
Il y a des livres qui rendent la vie plus douce et celui-ci en fait partie. Dans ce récit joyeux et triste, Clémentine Mélois raconte les derniers jours de son papa. Bernard Mélois était un sculpteur, plein de fantaisie et d’humour. Un texte tendre, lumineux et plein d’amour.
Magnifique livre, qui reussi à parler du deuil (décès du père de l'autrice), de façon émouvante et étonnement drôle et vivante : inspirée par l'artiste qu'était cet homme, toute sa famille s'active afin de lui rendre hommage avec humour et créativité. Un récit autobiographique indescriptible tellement il est original : profondément touchant, mais aussi apaisant, et qui donne finalement de l'espoir aussi.
En juin 2023, Bernard Mélois décède. Sa fille, Clémentine décide d'écrire ce livre, à chaud, pour ne rien oublier des derniers moments passés avec son père, de l'enterrement préparé comme une fête. Un très beau texte, émouvant mais aussi plein d'humour, à l'image de ce père et de cette famille que l'on découvre au fil des pages.
Quel homme et papa étonnant ce Bernard Melois, un récit lumineux, malgré le contexte. Je suis allée voir les œuvres de ce monsieur, très chouettes. On regrette presque de ne pas l'avoir connu. Une belle personne
Terminé ce matin à l'aube ... Des souvenirs de moments partagés avec mes grands-parents, de préparation d'enterrement, de discussion entre fratrie. Un bel hommage pour un grand homme. Beaucoup d'amour.
Non fiction - Sélection de Septembre - Grand Prix des Lectrices Elle 2025 🏆
Ma première lecture qui ouvre le bal de ma mission de jurée pour le Grand Prix des Lectrices Elle 2025. Et quelle lecture !
Le témoignage d’une relation entre une fille et son père. Une histoire de vie, de mort, d’amour et de couleur. Car le bleu est la couleur qui dominera ce récit et qui suivra son père jusque dans sa tombe.
Tout au long de la lecture, on a cette sensation vibrante de vivre à leurs côtés, dans cette famille d’artistes originale et touchante. Un vent d’unité, d’amour et de liens filiaux souffle dans ce récit et nous emporte au plus profond de cette lecture poétique. Nous, lecteurs, sommes immergés dans ce milieu artistique, entourés de sculptures, de l’odeur de soudure, autant que de l’amour paternel, même après la mort. Parce que cette personnalité haute en couleur ne fait rien comme les autres, et que la mort n’est pas forcément une fin en soi. En tout cas pas la fin de l’amour inconditionnel qui unit les membres de cette famille.
Un magnifique hommage, lumineux, drôle et émouvant à un père adoré. Une lecture intime et personnelle qui nous touche sans conteste.
💬 « Il faut que je raconte cette histoire tant qu’il me reste de la peinture bleue sur les mains. Elle finira par disparaître, et j’ai peur que les souvenirs s’en aillent avec elle, comme un rêve qui s’échappe au réveil et qu’on ne peut retenir ».
Clémentine Mélois a fait de la fin de vie un moment lumineux. J'ai aimé lire au sujet de cette famille aimante et inconventionnelle, on aimerait en faire partie. L'autrice a beaucoup de tendresse pour son père et, malgré le sujet du livre, c'est une histoire emplie de douceur, de chansons et de couleurs.
Hommage au père, à la fantaisie, et la beauté des instants. Clémentine Mélois raconte son père, dévoué et aimant, et artiste sculpteur passionné. Avec une douceur rare et un humour oulipien, l'autrice met de la lumière là dans les recoins que l'on imaginait les plus opaques.
Gros coup de coeur pour ce récit qui aurait pu tourner au sordide ou au pathétique: l’agonie et la mort d’un père, avec dans le rétro sa vie d’artiste et de père. Le tout est fantasque, ce qui aurait pu être encore plus casse-gueule, au risque de faire oublier la réalité de la situation. Mais tout fonctionne dans cette famille d’artistes à la fois foutraque et attachante à souhait: on les aime, on vibre avec eux, ils sont touchés par la situation et s’en sortent par une pirouette humoristique plus ou moins réussie, sans que jamais l’humour ne cherche à cacher la réalité des sentiments qui les unissent. Résultat, en tant que lecteur, on passe du rire aux larmes en quelques mots. La construction est brillante, faisant intervenir les paroles du père dans des dialogues, puis à sa mort des extraits de ses journaux. Jusqu’à la dernière phrase, où il est dur de ne pas verser une dernière larme avec malgré tout un grand sourire aux lèvres. J’aimais beaucoup les livres pour enfants de Clémentine Mélois (Chiens pirates, Après Minuit…), je découvre que c’est une auteure simple et accomplie pour les adultes
Le genre de livre qu'on lit parfois trop rapidement pour en apprécier toutes les nuances. Et qui mérite donc de ressortir des étagères à interval régulier.
Le sculpteur Bernard Mélois s’est éteint à 84 ans, en 2023, dans sa maison -atelier de La Ferré Milon, entouré de sa femme et de ses filles. Et c’est pour lui rendre hommage et raconter ce père artiste et bricoleur de génie, que sa fille Clémentine publie ce récit . Elle raconte les derniers jours auprès de son père, marqués par la volonté de faire de sa mort et de son enterrement une œuvre d’art à son image, la complicité qui unit cette famille d’artistes, l’amour inconditionnel de son père pour Michèle sa femme (« Un amour comme celui de mes parents ne se voit que dans les livres ou les séries de Noël à la télévision »), sa joie de vivre.
Entremêlé de souvenirs d’enfance, de citations de son père, le récit n’est jamais morbide, plein de pudeur et de sensibilité, plein d’humour aussi car Bernard comme sa fille n’en manquent pas. Ce sont des personnalités attachantes et le livre m’a donné envie d’en savoir plus sur eux. Internet permet de voir l’œuvre souvent loufoque du père, à base de tôle émaillée de récupération (seaux, bassines, casseroles..) qu’il transforme en œuvres d’art impressionnantes, personnages ou animaux pleins de couleur. Quant à Clémentine Mélois, son talent d’écrivaine et sa personnalité transparaissent à chaque page du livre.
Un roman touchant et lumineux sur la perte et la filiation.
Flash-Rezension (Critique Éclair)| Comme pour Gaël Faye et Amélie Nothomb, j’ai vu passer cette auteure à « La Grande Librairie » et son humour, sa passion, m’ont enchanté. Je pense que ça va être une bonne Lecture. On se retrouve à la fin pour voir si oui ou non !
J’ai l’impression que « LGL » m’a un peu spolié, du moins, le début…
L’histoire d’une fille qui enterre son père dans un cercueil bleu « de pharaon ».
Rien ne va plus…
On retrouve encore le thème de l’enfance « LGL »
Personnage du père très original, sympathique.
Je ne finirais pas ce Livre, car même reproche que pour Amélie Nothomb, je n’aime pas les autobiographies.
Mais si vous, vous les aimez, alors ce texte a tout pour vous plaire.
Bien sûr il ne s’agit que de mon ressenti personnel.
"Que vous êtes heureux ! Il ne vous manque que la sensation de l'être."
Et cette sensation, vous l'aurez en fermant ce livre. J’ai terminé ce matin « Alors c’est bien » de Clémentine Mélois. Je la découvre avec ce livre qui retrace les derniers moments de vie et la mort de son père. Une lecture remplie de douceur, d’humour, de poésie et qui allège le cœur alors même qu’elle traite ici d’un thème lourd et compliqué.
C’est également très riche en références culturelles et historiques, de quoi vous donner envie de vous plonger dans les poèmes de Paul Valéry ou d’en apprendre davantage sur le drame du barrage de Malpasset.
« alors c’est bien » 🥹❤️ quel beau livre, émouvant par son sujet (la maladie puis la mort d’un père) et pourtant bourré d’humour. et cette dissonance me semble tout à fait à l’image du personnage, que dis-je, de l’homme à qui Clémentine Mélois rend hommage dans ce roman. bref, j’ai adoré, c’est un très beau moment de lecture.
PS : je l’ai découvert en version audio, et je dois dire que la narration est réussie ! j’ai aimé les interventions ponctuelles du père qui rythment le récit et qui sont portées par une voix très incarnée :) je trouve aussi que le texte se prête bien à cette transposition orale.
c'est triste et doux parce que ça raconte la mort et la joie qu'on peut trouver en accompagnant la mort de son père. j'aime beaucoup une adulte encore un peu enfant qui regarde son père et qui regarde son enfance. peindre un cercueil en bleu, réfléchir à souder toutes les pièces d'émail entre sœurs et mère pour construire une fête de la mort. peinture bleue sur les doigts et sculptures gigantesques, Bretagne cimetière marin feuilles labyrinthe, l'incompréhension qui entoure le concept de soins palliatifs
Clémentine Melois nous raconte l'histoire des derniers mois et de la perte de son père. Il semble incongru de porter un jugement sur un portrait aussi intime. Le texte est soigneusement arrangé et j'ai été touchée par cette relation intime entre un père et sa fille. J'ai acheté ce livre à la petite « librairie du canal » à Paris, pour lire à nouveau un livre francophone. J'ai parfois du mal à lire la littérature française, mais j'ai passé un bon moment en lisant ce livre.
Il faut savoir que je me suis retenue de chialer comme un emo dans le bus en finissant ce livre ^^
Cette lecture m’a particulièrement touché car en réalité je ne sais pas ce que ça fait de perdre un proche et sachant que c’est une expérience qui risque de m’arriver tôt ou tard, il y a beaucoup de passages qui ont résonné en moi. C’était une lecture très douce, il n’y avait jamais volonté de nous faire verser des larmes gratuitement (ce que je n’aime pas beaucoup), c’était juste une parole authentique et franche. J’ai adoré le fait qu’on puisse s’identifier si facilement aux personnes dont il est question. C’était juste plein d’amour et ça m’a vraiment émue. Envie de dire merci pour ce joli ouvrage (:
Depuis deux ans, le père de Clémentine était malade. Elle raconte ici sa vie, son couple, les enfants, l’atelier, la famille, la mort, la cérémonie. Elle peint l’amour, les rires et les joies.
Et c’est drôle et c’est beau. Terriblement drôle et beau
Un très beau livre qui porte sur la relation entre son père mourant et sa fille (l'autrice). La place du deuil dans ce recueil est importante, mais est abordée d'une façon où le sordide ne prend jamais le dessus. Lorsque l'on a connu le deuil, on se retrouve facilement dans le personnage de Clémentine. Alors c'est bien ? 😉
Le récit touchant de la fin de vie de l’artiste Bernard Mélois par sa fille Clémentine (dont j’adore le travail mais c’est pas le sujet). Elle raconte avec fantaisie, sensibilité et beaucoup d’amour les préparatifs pour le moins originaux de la mort de son père comme un journal de bord, très intime et en même temps universel comme peut l’être ce genre de sujet.