"CONQUE : nom féminin, coquille en spirale servant d'instrument depuis des millénaires. Coquillage berceau et tombeau, où se niche, caché, le grain de sable." Quelque part dans un pays battu par le vent du large, Martabée, historienne de renom, est mandatée par l'Empereur sur un chantier archéologique qui vient de mettre au jour les vestiges des Morgondes, guerriers-marins millénaires, dont seuls les bardes avaient gardé la trace. Martabée est chargée de les étudier afin de redorer le roman national. Pour entremêler sa gloire à celle du pays, Martabée excave des héros et des mythes, avec émerveillement. Mais quelque chose murmure sous le sable froid. Un appel sourd, dissonant, qu'elle devra choisir de suivre ou d'ignorer. Lorsque la lucidité prendra le pas sur l'ivresse et sur la vanité, qui choisira de voir, et qui s'aveuglera encore ? Fable politique et poétique, ce deuxième roman de Perrine Tripier allie le mystère à la contemplation. Dans cette Conque s'enroulent des énigmes, portées par un souffle épique.
Top! Le meilleur livre lu cette année. Prose poétique, dégoulinante de sensualité, on sent que l'histoire va prendre un tournant pour le pire à mesure que l'on progresse dans la première partie. Martabee est un personnage féminin intéressant et différent, tant pour ses qualités que ses défauts. Vraiment ravie de cette lecture, qui me donne envie de me procurer le premier roman de Perrine Tripier au plus vite et qui me porte à attendre impatiemment son prochain ouvrage!
Connaissez-vous les Morgondes, ce grand peuple de guerriers qui a disparu au Moyen-Age ? Dans un pays imaginaire gouverné par un Empereur, Martabée est désignée pour superviser un chantier de fouilles qui a mis à jour la capitale de ce peuple.
Sous les ordres de l’empereur, elle loge à la villa Brumèse, seule face à l’océan.
J’ai aimé suivre Martabée dans les différentes zones du chantier de fouilles, découvrir les vestiges de cette civilisation étrangement disparue du jour au lendemain sans explication.
Et qu’elle fut grandiose cette civilisation qui enterrait ses guerriers au coeur des ossements des baleines qui montent vers le ciel. Qu’elles sont raffinées ces colonnes sculptées du palais royal.
J’ai aimé cet empereur qui se promène dans le chantier comme un enfant gâté qui touche à tout et se fait prendre en photo tout le temps ; cet empereur dont les discours comportent décidément trop d’adjectifs.
J’ai aimé l’odeur du café matinal sur le champ de fouille et le thé aux herbes de l’après-midi, le jus d’orange du matin de Martabée.
J’ai aimé l’intuition de Martabée : il n’y a pas de femmes dans les corps retrouvés. Et quand les femmes seront découvertes, s’en sera fini de la grâce dont jouissait Martabée auprès de l’empereur.
Bien sûr, les chercheurs découvrent de magnifiques conques en or qui font un bruit trop fort mais l’empereur s’en servira comme symbole.
Un symbole, ce coquillage berceau et tombeau, où se niche, caché, le grain de sable.
Une lecture qui m’a embarqué dans un univers féérique et tragique.
Un roman qui pose la question de l’utilisation des traces du passé (ce qu’en fait l’empereur, ce qu’il en attend).
Un roman qui pose la question de la place des femmes dans les Grandes Civilisations disparues.
L’image que je retiendrai :
Celle des couleurs vertes et bleues de l’océan qui se retrouvent de partout dans le roman. J’ai préféré ces couleurs à celle de la chevelure de feu de l’empereur.
Magnifique. Empreint d’une plume belle et riche, qui suit le chemin de son héroïne : de la lumière et des détails à l’ombre et la désillusion. Des réflexions pertinentes sur l’Histoire, le roman national, le devoir de mémoire, et la politique. Quelle finesse. Un grand roman.
L’histoire est prenante et l’écriture est absolument MAGNIFIQUE, très imagée, presque poétique. Il n’y pas trop de détails, juste assez pour nous faire voyager sur le camp de recherche aux côtés de Martabée
Bonne lecture, parfois un peu dense (beaucoup de description et d'adjectifs). Mais j'avais toujours envie de réouvrir le livre et de connaître la fin de l'histoire, choisir entre ses valeurs ou la luxure...
Extrêmement bien écrit et touchant, un vrai avertissement pour le monde. Le récit reprend des thèmes actuels comme la glorification du “roman national” à des fins nationalistes, c’est un livre à lire absolument.
Plutôt un 4,5 mais je chipote car j’ai beaucoup aimé J’étais hyper surprise du scénario mais omg j’ai trop kiffé Perrine Tripier en est à son deuxième livre, et a pondu deux classiques…… reine
Dans un univers parallèle très semblable au nôtre, des fouilles archéologiques révèlent une zone de vie Morgonde. Ce peuple ancestral de chasseurs de baleines est légendaire. Il a même inspiré une berceuse connue dans tout l'empire... Martabée est fière de figurer parmi la liste des privilégié.e.s qui peut travailler sur ce vaste chantier, fière d'être l'historienne qui rédigera les bulletins d'information à destination du grand public. Mais sous les ors se cache une terrible vérité, que l'orgueilleux empereur préférerait cacher... Allons-nous percer les mystères entourant ce peuple mythique dont les fouilles déterrent les secrets ?
Malaise... Déçue par cette lecture dont on m'avait dit tant de bien... D'abord parce que j'ai eu beaucoup de mal à me situer dans cette dystopie si semblable à notre présent, excepté les Morgondes. Je me suis enlisée dans cet univers aux contours mal définis à mon goût. Trop de choses restent en suspend pour que mon imagination puisse s'y accrocher... Et cela ne me met pas à l'aise. J'aurai été davantage intéressée et intriguée si l'univers avait été plus tranché dès le départ, ou si l'écriture avait été plus facile d'accès, peut-être. On pourrait le qualifier de "roman d'ambiance", mais cette ambiance m'a semblé trop sereine et banale au début, avant d'être fortement alourdie par la chape de plomb qui modifie l'atmosphère au moment de LA découverte : le malaise s'aggrave...
L'écriture travaillée, le vocabulaire précis et les licences poétiques nombreuses en font une lecture exigeante. Mais ce style aussi m'a mise mal à l'aise... Parfois un peu pompeux voire ampoulé, le ton donné correspond pourtant très bien à la personnalité des personnages phares (Martabée et l’Empereur en tête de cortège). Il n'empêche que cela a fini par m'ennuyer sévèrement, aux alentours de la soixantième page (c'est tôt !). Les descriptions aussi détaillées qu'envolées (et parfois incompréhensibles) m'ont lassée - surtout s'agissant de décoration ou de nourriture... J'ai ressenti un sursaut d'intérêt au début de la partie intitulée "Le malaise", mais ce regain n'a pas duré, et arrivée vers la page 150, j'étais découragée. J'ai tout de même persisté pour finir le roman, et j'ai trouvé la fin un peu bâclée... ce qui est paradoxalement positif car sans cette accélération de la narration, je pense que j'aurais abandonné par manque d'entrain et de curiosité...
Pour son second roman, Conque, Perrine Tripier invite à une fable politique au ton acerbe sur la falsification de l’histoire et de la vérité, aux accents actuels dans nos vieilles démocraties.
Martebée Gaeldish est une historienne renommée, professeure d’histoire des peuples maritimes à l’Université impériale. Son empereur, d’un pays imaginaire, lui demande de participer aux fouilles qui semblent pouvoir mettre à jour une civilisation du passé, les Morgondes. Seulement, que sont des fouilles, si on ne transmet pas ses découvertes !
Pour l’empereur, une façon de servir une histoire à un peuple assoiffée de mythes et asseoir son pouvoir et sa grandeur supposée. Pour l’ambitieuse Martabée, c’est le moyen d’accéder à une reconnaissance tant réclamée et à un statut social de niveau supérieur enfin !
Seulement, peut-elle continuer à fermer les yeux sur la première compromission à l’Histoire que son Empereur lui demande.
Perrine Tripier interroge l’éthique de l’historien. « Vos collègues creusent la terre mais vous, vous creusez le sens, vous tracez un sillon où se couleront bientôt les légendes et les mythes. »
Seulement, la vérité historique peut-elle accepter quelques mensonges. Perrine Tripier illustre cette réflexion éthique au moment où, de plus en plus, et même en France, on détourne la vérité, en affirmant des mensonges sans une once de trouble.
Perrine Tripier ajoute à son conte une dimension sociologique : la méfiance envers les élites intellectuelles mais surtout une vraie notion féminisme que je ne peux pas dévoiler sans divulguer son intrigue.
Ainsi, ce conte retentit avec ardeur et force dans notre présent. Impossible de ne pas repenser aux images que Perrine Tripier suggère par son écriture. Un roman puissant ! Chronique illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Oh. Mon. Dieu. Étant archéologue, toutes les questions traitées concernant l'héritage, le patrimoine m'ont touchée et la manière dont elles ont ete décrites sont plus que réelles dans bien des aspects Ce besoin viscéral de certains de décrire le passé comme parfait, exempt de tragédies, ou bien tragédies qui étaient nécessaires et comment l'histoire peut être manipulée afin de favoriser l'opinion générale et ne pas toucher les élites s'est malheureusement produit dans le passé - et il est de notre devoir de faire en sorte que jamais cela ne se reproduise Un livre incroyable
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Un roman très original, bien écrit et bien construit, qui laisse une grande place à l'imaginaire du lecteur pour donner vie et forme aux personnages et aux lieux "presque réels" qui y sont décrits. Une belle surprise et un voyage marin très agréable... malgré quelques passages durs qui donnent du relief à l'ensemble.
J'irais pas jusqu'à dire que je suis déçue, mais un peu quand même. J'ai trouvé la plume de Perrine Tripier un peu froide, sans grande émotion, et c'est dommage parce que l'idée est bonne et le basculement s'effectue dans une horreur adéquate, même si j'aurais aimé plus le ressentir.
C'est une ambiance complètement différente des Guerres précieuses. Mais la plume est toujours fluide et le style nous embarque dans cet empire contemporain et dans ces fouilles archéologiques. Entre politique et déontologie historique, c'est un roman vraiment sympa.
Puissant, sublime, troublant. Je suis passée par tous mes états en lisant, mais ce qui reste vraiment c’est ce style d’écriture poétique et magnifique ! Et la capacité de l’autrice à créer ce monde et nous permettre d’en faire l’expérience, belle, cruelle et profondément authentique.
4,5/5 Une lecture qui fait froid dans le dos ! Perrine Tripier sait écrire, cela ne fait aucun doute, elle sait parler du magique comme du terrible avec autant de talent.
Sujet très original, écriture ampoulée en accord avec le personnage central, dilemme très bien amené. J'ai beaucoup aimé même si la fin m'a laissé un goût d'inachevé.
Une réflexion sur la transmission de l’histoire, son lien avec la politique, l’interprétation des faits, et le roman national. La plume de l’autrice est riche et imagée. Très belle découverte.