- Mais pourquoi moi ? Je suis pas le seul journaliste dans ce bon dieu de pays !
- Ben... Clark Kent n'a pas fait son son coming out. Alors c'est tombé sur vous.
Cette bande dessinée démystifie la fake news du patient zéro. Notre protagoniste est Randy Shilts, le premier journaliste ouvertement gay travaillant pour le San Francisco Chronicle et... l'auteur de ladite fake news. Qu'est-ce qui a mené un homme gay, militant et pionnier, à confirmer tous les préjugés les plus dommageables du public envers la communauté LGBT en abordant la question du cancer gay, tel qu'il était connu à l'époque, de façon aussi incendiaire ?
J'ai trouvé cette bande dessinée immensément informative et divertissante. Randy est alerté de l'épidémie imminente dans ses balbutiements et traque l'information pour exposer la menace au grand jour. C'est un véritable thriller journalistique ! À mesure que la situation empire, il fait fasse aux réticences des médias traditionnels à parler d'une maladie qui ne semble a priori que toucher les hommes gays, à l'État qui cherche à nier voire enterrer la situation, aux membres de la communauté LGBT qui refusent toutes précautions car elles sont perçues comme un recul de leurs droits... On en comprend comment Randy Shilts en est venu à croire que sensationnaliser la nouvelle était son seul espoir de forcer la population à parler de la situation, peu importe le prix à payer. Bien que la facture s'est avérée beaucoup plus salée qu'il ne l'anticipait. J'ai trouvé que c'était un portrait nuancé d'un personnage important et pourtant méconnu.
Aussi, j'ai adoré les petites chroniques Les contes du placard qui entrecoupaient le récit et qui nous enseignent comment San Francisco est devenu un havre gay, d'où viennent les saunas gays, etc...