"Le visage de Jérémie était si insaisissable qu'on l'aurait dit en permanence nimbé d'une brume ou d'un brouillard : je tentais parfois de photographier cet homme sur le vif, mû par une forme d'urgence à garder des traces, des preuves. Le résultat était toujours décevant, quand il n'était pas un échec en bonne et due forme - le visage n'était pas complètement flou, mais quelque chose de sa physionomie échappait, il y avait sur ses joues, ses lèvres (sans parler des yeux), comme un tremblement léger qui empêchait qu'on reconnaisse tout à fait Jérémie, et quand je croyais le prendre en photo, je ne prenais en réalité que le tremblé de son absence." En se remémorant les moments vécus avec un ancien amant, le narrateur tente de percer le mystère de Jérémie. Qui était cet homme qu'il ne connaissait pas vraiment, et qu'il a aimé, peut-être ?
une écriture insuffisante pour la forme fragmentaire, on suspecte alors être face à juste un banal mais intéressant échec à faire roman.
des petits jeux littéraires bon élève, un traitement de l'homosexualité et de l'entrée dans l'amour/non-amour (whatever) franchement banal (et pleines d'images vieillottes, presque d'Épinal à ma surprise), des moments de grâce trop rares, et des idées vues et revues dans la littérature contemporaine et la littérature gay.
comme on sent le roman qui ne s'est pas constitué, on sent que la sauce n'a pas prise, et on ne croise que des élans parfois brillants, souvent enivrés et presque toujours gauches, de ceux que l'on laissent habituellement tiédir sur les pages d'un carnet que qu'on a la bienséance d'oublier quelque part.
les spasmes d'une sensibilité, peut être un peu trop sage, certainement incapable conclure. ainsi même avec bienveillance ou la curiosité patiente que l'on peut déployer face aux curiosités expérimentales, on se lasse au fil des trop nombreuses pages.
Estira demasiado el chicle (podrían ser 850 imágenes en vez de 1000) y abusa mucho de clichés que son como de otra época (aunque supongo que habrá gais ahí afuera que viven así) pero bueno, la audacia de lis párrafos hace que se lea bien y esté entretenido.
Je trouve que tout n’est pas égal Des fois on se perd un peu trop et ce n’est pas agréable car c’est juste flou, autant dans l’écriture que dans la narration Des beaux passages cependant
Clairement j'ai eu beaucoup de mal au début : une histoire d'amour bateau, une fascination pour un être aimé trop mystique pour être vrai, insaisissable blablabla. Mais - quelques saillies de style intéressantes qui me donnent quand même envie de voir où tout cela va. Il ne se passe pas grand-chose pendant les 3/4 du livre, on a droit à un voyage au début qui dure à peine quelques pages et qui n'est pas très transcendant alors que ça permettait de s'échapper des deux appartements étouffants des protagonistes (remarque, c'est intéressant de montrer que même ce voyage n'est pas une échappatoire à cette relation et cette attraction puisqu'il y va pour des raisons obsessives et n'en tire rien d'autre, contrairement à ce à quoi on pourrait s'attendre). Par ailleurs j'ai vraiment du mal avec les personnages "parfaits" et obscurs comme l'est Jérémie, ça me rappelle ce délire de la manic pixie dream girl, je déteste ça c'est hyper toxique, et vu et revu par la même occasion. Idem pour le personnage principal, ce personnage type plutôt mal dans sa peau qui se rabaisse, cette dynamique est archi revue et pour moi en tout cas elle ne présente pas ou plus d'intérêt, surtout lorsqu'elle n'est pas explorée autrement que sous le prisme de l'admiration pour l'autre qui est "tellement mieux que moi". Pour ce qui est de la structure des 1000 paragraphes, elle est assez bien trouvée dans l'idée - dans les premières pages cette liste numérotée est un peu déroutante parce qu'elle casse le rythme, et pour finir regrette cette première impression puisque le découpage devient vite artificiel dans le reste du livre où il passe inaperçu, les paragraphes se suivant de manière beaucoup trop classique. Au chapitre X elle retrouve de son intérêt avec les mélanges de numéros, mais rien d'incroyable non plus. La fin fait vraiment remonter le livre dans mon estime puisque j'aime beaucoup les romans à clef dans leur structure : c'était prévisible mais cette image de palais mental est plutôt amusante et donne un sens plus clair à ce choix de structure (peut-être trop tardivement ?). Ce chaos final des souvenirs qui s'entremêlent m'a beaucoup plus touchée que tout le reste de l'histoire d'amour. Oui certes on fait les mêmes liens directs que le narrateur puisqu'on a passé en vue et revue les caractéristiques de Jérémie et de leur histoire d'amour, mais est-ce que c'était bien nécessaire de vivre entièrement cette histoire d'amour nous aussi pour être touchés par cette fin ? Je trouve que le livre est beaucoup trop long, s'étire trop sur des détails qui m'étaient absolument indifférents ; clairement, je ne suis pas amoureuse de Jérémie comme le narrateur donc je n'ai pas besoin de le connaître autant en détail, surtout que rien n'est fait pour que l'on s'attache à l'un ou l'autre des protagonistes. Peu de ces détails avaient réellement un intérêt. C'est le gros point noir du livre pour moi et qui fait que ses quelques qualités appréciables ne suffisent pas à le sauver : l'intrigue est beaucoup trop inintéressante. Je passe sur les évocations sexuelles typiquement complaisantes et plus pornographiques qu'autre chose comme je déteste, mais même le "suspense" qui est un gros fil conducteur et qui découle du "mystère" de Jérémie est à la limite du pathétique : Jérémie va dans des boîtes échangistes, waouw ! D'autant que dès le début sa non-fidélité est évoquée. Le manque de dialogues est plutôt cohérent dans cette atmosphère ouatée qui est celle du livre, mais elle contribue à rendre le livre presque glissant entre nos doigts - vraiment, qui se soucie d'une histoire d'amour aussi peu évocatrice, à laquelle on s'attache si peu... Ça ressemblait plus à un déballage personnel qu'autre chose. Quelques beaux passages donc, mais globalement j'aurais largement préféré passer mon chemin.