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L'agrafe

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152 pages, Paperback

Published August 29, 2024

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Maryline Desbiolles

60 books2 followers
Maryline Desbiolles naît en 1959 à Ugine, où vivent ses grands-parents maternels, émigrés italiens, qui tiennent une petite mercerie-bonneterie.
En 1981, elle crée à Nice où elle vit une revue de poésie et de littérature, Offset, puis en 1990, La Métis, du nom de l'intelligence rusée pour les Grecs. En 1998, son roman La Seiche attire l'attention pour son style. Elle reçoit le prix Femina en 1999 pour Anchise.
En 2024, elle remporte le prix Le Monde 2024 avec son roman publié aux éditions Sabine Wespieser, L'agrafe, qui revient sur l’humiliation des harkis.
Elle écrit régulièrement des chroniques dans le journal La Croix.
Elle vit dans l’arrière-pays niçois, à Contes. Elle est l'épouse du sculpteur Bernard Pagès.

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Community Reviews

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Displaying 1 - 12 of 12 reviews
Profile Image for eirignis.
243 reviews7 followers
November 1, 2024
« quand est-ce qu'on se mélange, quand est-ce qu'on mélange nos frayeurs, nos sanies, nos béquilles, notre désespérante douceur, quand est-ce qu'on se frotte, qu'on fait des étincelles, quand est-ce qu'on n'est même pas morts, que le pus est une liqueur et les pansements des justaucorps, quand est-ce qu'on est cul pardessus tête, mais c'est déjà fait, on est tout cassés n'oublie pas, forget-me-not, avec tes yeux myosotis je ne te confonds pas, tu es tout cassé mais pas seulement, ça dépasse, ça déboîte, quand est-ce qu'on rigole à s'en faire sauter les points de suture, l'éclate la vraie et les entrailles à l'air, quand est-ce qu'on est dégoûtants, qu'on se saoule à l'antiseptique, quand est-ce qu'on sort du formol, du bocal hygiénique, quand est-ce qu'on suce les respirateurs, quand est-ce qu'on s'échauffe, nos teints de cire badigeonnés de rouge, nos teints brouillons, nos teints de déterrés, d'anes-thésiés, quand est-ce qu'on crie, la bouche de travers, la bouche pleine de terre et de médicaments, quand est-ce qu'on n'a pas honte de crier, de tout cracher, quand est-ce que tu poses la tête sur mon épaule, quand est-ce que tu poses la tête sur mon épaule d'écorchée, quand est-ce que tu ne crains pas de me faire mal, quand est-ce que tu me caresses à en crever ? »

Aies-je besoin d’en dire plus ?
Profile Image for Ana.
16 reviews
February 4, 2025
l’écriture est belle, la fin est belle, mais malheureusement je ne me suis plongée dans l’histoire à aucun moment, c’est peut être l’écriture et les répétitions qui m’ont gênée
Profile Image for Sarah.
211 reviews22 followers
August 20, 2024
Grosse grosse déception. J'étais très intéressé par Emma Fulconis, par sa course effrénée vers la liberté, mais tout ça prend une direction qui me laisse perplexe et frustrée. Je suppose qu'on peut voir une métaphore dans ce revirement (j'évite dans dire plus pour éviter de divulgâché) mais cela aurait mérité au moins 100 pages de plus pour avoir un réel impact.
Profile Image for Delphine.
292 reviews25 followers
March 6, 2025
Le sol peut bien reluite, Emma Fulconis ne le foulera plus de ses deux jambes, sa jambe gauche ne sera plus jamais intègre. Le chien a été euthanasié, le père de Stéphane sera reconnu responsable du dommage que l'animal a causé et condamné à indemniser la victime.
On n'en tirera aucun enseignement. Les chiens seront dressés, les chiens seront des chiens de chasse, de garde ou de compagnie, les chiens ne seront pas des chiens, les chiens seront à notre botte, tenus en laisse, enfermés dans nos maisons, au mieux dans nos jardins clôturés. Un deux trois les chiens n'iront plus au bois.
Seuls les loups. Mais les loups ne sont pas les meilleurs amis de l'homme. À peine quelques années plus tard, une nuit d'octobre, dans les rues de L'Escarène, les chiens seront lâchés sur un homme que les jeunes maîtres des chiens tabasseront si bien qu'il mourra deux jours après à l'hôpital. Chiens. Maîtres ou pas maîtres, on ne saura pas les différencier. Mais ce sera écrit dans les journaux, ce sera dit à la radio, à la télé.
Un deux trois il n'ira plus au bois. Il suffira de crier au voleur pour que la mauvaiseté de la nuit se fomente, comme la meute, chiens et hommes, en un rien de temps. Il suffira d'un homme de nuit en mouvement dans le village. Un homme marchera dans les rues où la meute est repliée et ne se connaît pas encore elle-même. On ne saura pas si Stéphane, pas plus que le frère cadet d'Emma Fulconis, le frère devenu grand, feront partie de la meute. On ne jurera de rien. P. 57-58



N'est-elle pas venue le trouver pour qu'il raconte ? Est-ce qu'il commence par le début P Du village de Kabylie d'où ils sont venus, Tazmalt, d'est son nom, et dont il n'a aucune image, aucune odeur, aucun son. C'était en 1962 et il avait cing ans.
Emma Fulconis se souvient-elle de ses cing ans ? Il a échangé le souvenir de Tazmalt contre une poignée de bonbons qu'un militaire français lui a donnés avant l'embarquement, des bonbons enrobés de papier brillant. Du papier brillant, bleu nuit, qui recouvrit la mer qu'il avait peur de traverser.
Est-ce qu'il commence par le début ? Est-ce qu'il raconte que le gouvernement français refusait de rapatrier les harkis, les supplétifs de l'armée française, les traîtres pour les Algériens et les moins-que-rien pour les Français que décidément ils n'étaient pas ?
Même lorsqu'ils avaient la chance de traverser la mer, ils étaient réfugiés, pas rapatriés. Les pieds-noirs étaient rapatriés, de retour au pays que souvent ils ne connaissaient pas plus que les harkis. Pour couronner le tout, Pordonnance du 21 juillet 1962 retira la nationalité française aux musulmans d'Algérie, supplétifs compris.
Ils ont dû se débrouiller pour quitter le pays, parfois arec l'aide d'officiers français. Le militaire qui lui a donné des bonbons est-il celui qui a aidé sa famille à s'enfuir, à échapper aux représailles auxquelles elle était promise en Algérie devenue indépendante ? Il ne connaît plus personne pour en témoigner. P. 83-84

On lui a diagnostiqué de l'asthme. Il disait qu'il avait un poids sur la poitrine, mais peut-être voulait-il parler de la mort du petit frère. A leur arrivée en France, l'été 1962, douze mille harkis ont été parqués au camp de transit du Larzac. Le Larzac allait de soi. Pendant la guerre d'Algérie, il fut un centre d'assignation à résidence surveillée pour des Algériens suspectés d'être membres du FLN. Centre d'assignation à résidence surveillée, camp de transit, centre d'accueil du Larzac où Akim a perdu son prénom. Puis, quelques mois plus tard, centre d'accueil de Rivesaltes où il a perdu son petit frère. Il paraît qu'il n'y a pas eu d'hiver plus froid ni plus long en France. Du froid, il se souvient sans doute plus que du visage du petit frère. Le sol boueux puis dur comme la pierre a englouti le visage du petit frère comme il avait englouti les visages des étrangers indésirables sous le gouvernement de Vichy, des Juifs avant leur déportation, des Tsiganes, des Guinéens, des Nord-Vietnamiens. La misère confondue. P. 85
Profile Image for Matatoune.
630 reviews33 followers
December 9, 2024
L’Agrafe, roman de Maryline Desbiolles que je découvre, raconte l’ancrage d’une adolescente dans son identité malgré un corps entravé.

Emma Fulconis court dans la pierraille niçoise, la région de l’écrivaine. Elle ne voit rien et ne pense qu’à filer, son corps au vent.

Un jour, la morsure d’un chien va l’immobilier pour de long mois de reconstruction. Seulement, une phrase l’obsède, celle du propriétaire du chien qui a dit au moment de l’agression Mon chien n’aime pas les Arabes. À partir de cette alerte, la jeune fille recherche le passé de sa famille.
C’est l’occasion pour Maryline Desbiolles d’évoquer le sort des harkis en Provence Côte d’Azur. Accompagnée par son oncle rebaptisé Jean-Pierre, alors que son prénom était Akim, elle part à la découverte de ses grands-parents accueillis à leur retour d’Algérie dans un hameau de forestiers.

Maryline Desbiolles fait revivre cette partie de l’histoire oubliée. Passant du camp militaire de Rivesaltes, de sinistre mémoire, à cet habitat précaire et à ces emplois forestiers, ces anciens supplétifs, parqués ainsi loin des bourgs où ils auraient pu croiser des immigrés algériens.

Seulement, les anciens harkis ont été accueillis sous statut réfugié et ce ne sera pas une cérémonie bâclée à laquelle seront conviés Akim et Emma qui viendra donner une nouvelle lumière à ce passé encore trop ignoré.

Le style de Maryline Desbiolles, sans aucun pareil, transforme cette découverte en aventure littéraire. Les phrases longues mais déliées forment des airs où le chant murmuré des mots ressemble aux chansons que s’invente Emma pour se reconstruire.

En bref, une rencontre qui marque pour moi une écrivaine discrète à suivre assurément !
Chronique illustrée ici
https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Profile Image for mika.
173 reviews
February 1, 2025
très belle plume, ça c'est sûr. l'intrigue, un peu moins, surtout le premier tiers du roman qui sert je suppose d'exposition mais qui aurait aussi bien pu ne pas être là... j'ai trouvé excessivement ridicule la manière dont emma se fait mordre la jambe. mais dès qu'elle entre à l'hôpital, j'ai mieux accroché. l'autrice manie très bien la langue, j'ai beaucoup aimé plusieurs passages, d'autres moins, mais globalement j'ai apprécié ma lecture. un gros bémol à mon sens c'est la quantité de répétions/redondances, j'ai l'impression que souvent je n'apprenais rien de nouveau dans les divers chapitres, juste on revenait sur ce qui était déjà connu... pas tout le temps bien sûr, encore heureux, mais je me dis que le livre, déjà pas très long entendons-nous, aurait pu l'être encore moins.

voilà, avis un peu mitigé donc, mais j'ai quand même été touché.e par l'épisode de emma à l'hôpital et l'histoire d'akim :)
87 reviews1 follower
February 5, 2025
Extrême justesse du ressenti de l’héroïne dans son parcours de « blessée » après la morsure du chien. L’évocation de la découverte du passé de sa famille est à la fois délicate et précise , sans affèterie. Et j’ai beaucoup aimé le style et ses incises poétiques.
Profile Image for Salomé.
27 reviews1 follower
October 24, 2024
c'est beau, ça part dans tous les sens mais in a good way, je m'attendais pas à ça du tout
863 reviews9 followers
November 25, 2024
Loved the beginning more than the end. Well written. Au sujet des barks et de cette jeune fille qui se faire mordre par in chien. Poétique. Lumineux. J'ai bcp aimé la première moitié
311 reviews1 follower
December 19, 2024
Très beau court roman, avec ce qui pourrait sembler être de nombreuses digressions mais qui font sens avec l'histoire de la personnage principale. Un style d'écriture simple et élégant, c'est rare.
55 reviews
March 11, 2025
Un roman court d'introspection. J'ai aimé l'écriture aussi vive que les blessures décrites, la reconstruction de l'intérieur et l'espoir.
Profile Image for alice.and.books.
27 reviews
January 14, 2025
J’aime beaucoup beaucoup ce style d’écriture qui ma plongée dans une sorte de transe. J’aurais juste aimé que l’histoire d’Emma continue et qu’on comprenne mieux où sa quête de danse et de liberté la pousse.
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