Baignée par un soleil couchant de juin qui n’en finit plus de jouer à cache-cache avec la cime des monts alentour, la route qui mène vers Thoreau Heights est somptueuse. Les soeurs Leroy – Merline, Alexandrine, Léonie et Rose – remarquent pourtant à peine toute cette beauté. La plus jeune, Rose, est atteinte d’un cancer qui ne laisse malheureusement aucun doute quant à une issue funeste prochaine. Toutes les quatre ont pris la décision de se rendre dans la clinique de la docteure Gardner, afin de faire des derniers jours de la benjamine un moment grandiose de créativité.. Dans ce lieu paradisiaque, entre paysage escarpé et vue spectaculaire sur l’océan Atlantique, une équipe attentionnée de soignants et d’artistes internationaux a tout prévu pour que les moribonds conçoivent une oeuvre ultime avant de rendre leur dernier souffle. À la clinique de la grande Clarissa Gardner, reconnue dans le monde entier pour ses travaux sur l’approche de la mort, on s’enorgueillit. de triompher de l’agonie et du deuil par la pratique artistique.
Catherine Mavrikakis est née le 7 janvier 1961 à Chicago, d’une mère française et d’un père grec qui a grandi en Algérie. Elle a partagé son enfance entre Ville d’Anjou, Montréal-Nord, Villers-Bocage en Normandie et Bay City (Michigan) et a été élevée avec son plus jeune frère par le poste de télévision auprès duquel elle dormait. Elle a subi une éducation stricte dans un lycée français à l’ “étranger” où elle a appris beaucoup de choses, dont l’injustice. En 1979, elle choisit vraiment Montréal, où elle fait des études de littérature et une dépression, qui la conduira à de longues années de psychanalyse. Il lui en restera toujours quelque chose… Pendant dix ans elle a enseigné à l’Université de Concordia où elle était heureuse. Mais tout à dégénéré dans le monde après le 11 septembre. Elle s’est donc retrouvée en 2003 à l’Université de Montréal, ce qui lui laisse beaucoup de temps pour écrire: Depuis 2000, elle a publié quatre romans : Deuils cannibales et mélancoliques (Trois, 2000), Ça va aller (Léméac, 2002), Fleurs de crachat (Leméac, 2005), Le ciel de Bay City, (Héliotrope, 2008) et une pièce de théâtre Omaha Beach (Héliotrope, 2008). Elle a écrit un essai-fiction sur la maternité avec Martine Delvaux: Ventriloquies (Leméac, 2003) et rédigé un essai: Condamner à mort. Les meurtres et la loi à l’écran (PUM, 2005). Elle anime une émission “Rêvez pour moi” sur Radio-Spirale où les invités doivent parler de leurs rêves, ce qu’ils ne font pas toujours de bonne grâce.
Elle fait du yoga et de la méditation. Sa pose préférée est savasana. Elle a une fille de presque huit ans, un mari assez rustre, des amies roumaines, un filleul adorable et bavard et deux marraines extraordinaires pour sa fille. C’est pourquoi elle partage une devise avec les Républicains, des Conservateurs et les Grecs: Vive la Famille!
« Après la mort, il y a encore la mort. Pas celle à venir, mais celle qui fait la ventouse, celle qui adhérera désormais à l'existence, qui s'y collera en la suçant, slouch, slouch, tant qu'elle pourra, jusqu'à la vider de tout joie. Après la mort, il n'y a que la mort ou à peu près et il faut composer avec elle. »
Derrière cette idée du commerce de la mort et de la question de l'euthanasie est intéressante. Mais les personnages sont vides et le sujet est abordé en surface, l'écriture ne m'a pas tenu non plus, et a rendu la lecture aussi longue qu'un dernier souffle.
Ici s’applique le principe de lire plusieurs pages avant de porter un jugement. Très belle lecture aisée une fois passé la mise en contexte de l’histoire.
L’action de ce roman se situe dans une clinique des derniers jours, un lieu où les vivants côtoient les agonisants. On ne sait pas trop dans les premiers chapitres où la romancière nous entraine avec ces quatre sœurs qui roulent sur la côte est américaine pour se rendre dans la clinique d’une célèbre docteur. Une fois dans cette clinique, avec vue sur l’océan et sur un fictif mont Thoreau, on comprend que c’est un peu un racket où l’euthanasie prend une autre forme. Dans ce spa de la mort, on s’affaire à célébrer les derniers jours des agonisants avec leurs proches en stimulant la créativité. J’ai aimé, mais j’ai éventuellement décroché. Trop de longueurs. Le cynisme de Mavrikakis à l’égard de ces approches laïques d’accompagnement à mourir qui frisent le culte finit par s’alourdir. Le personnage clé, la directrice de cette clinique, m’a cependant beaucoup plu. Ses ambitions mégalomanes m’ont rappelé l’architecte du roman de Kevin Lambert, Que notre joie demeure
Thoreau Heights est une clinique pas comme les autres. Un endroit où des gens en fin de vie (et leurs proches) peuvent avoir la chance de créer une première ou une dernière oeuvre avant de partir. C'est dans cet établissement à l'Est des États-Unis que les 4 soeurs Leroy se retrouvent pour accompagner la plus jeune, Rose, que le cancer a rongée à petit feu.
Doit-on performer la mort comme on performe la vie ?
J'ai aimé l'idée derrière le roman (une critique sur l'égocentrisme des artistes mais aussi des humains en général) plus que l'exécution. J'ai trouvé qu'il y avait des longueurs dans le récit et la fin m'a laissé sur ma faim. Mais le sujet et la satire ne sont pas dépourvus d'intérêt.
Je mets 3 étoiles et un gros astérisque; ce livre n’était absolument pas fait pour moi. Le style d’écriture ne me convenait pas, trop poétique-philosophique-monologue interne mais externe. MAIS! Je pense que pour quiconque apprécie ce style, le roman peut être magnifique. On y aborde des thèmes de vie et de mort, on suit le processus d’aide médicale à mourir sans le glorifier, et on verse aussi dans l’inhumanité de certains médecins qui perdent de vue leur rôle de base. Ce n’est pas un roman très émotif; ceux qui auront lu « J’irai déterrer mon père » seront peut-être déstabilisés.
2.5⭐️ Parce que l’idée est intéressante, les réflexions sur la mort, la création, le deuil… ont du potentiel. Mais la lecture est plate plate plate. On reste en surface, on n’apprend pas à connaître, ni à s’attacher, aux personnages. Les réflexions ne sont qu’à peine effleurées, mentionnées. Le style d’écriture ne m’a pas plu. Du tout. J’ai trouvé ça difficile de lire tous les mots, toutes les pages, sans perdre mon intérêt.
Un bon exemple de ce à quoi un roman construit sur de très bonnes bases peut ressembler. Catherine Mavrikakis nous invite à réfléchir sur le traitement de la mort dans la société contemporaine avec un style maîtrisé depuis longtemps qu'elle déploie à une haute altitude.
Une visite dans une clinique d'aide médicale pleine de cynisme, presque une dystopie. L'orgueil, le narcissisme et les faux-semblant invitent à la réflexion.
Ce livre m’a intrigué par ses thèmes de la fin de vie, des soins palliatifs, de l’aide médicale à mourir et de la nature. L’histoire suit trois sœurs qui accompagnent leur petite sœur en fin de vie dans un établissement de soins palliatifs de type "club med". À travers tout ça, L’auteure semble proposer une critique de la société moderne et de sa quête de performance, même jusqu'à la mort. La marchandisation de la mort et de l’aide médicale à mourir m’a un peu troublé. Bien que cette idée soit audacieuse et suscite la réflexion, je n’ai pas vraiment apprécié le développement de l’histoire. Le début est particulièrement long. La présence de nombreux personnages rend l’histoire confuse par moments. Malgré les longueurs et la difficulté à entrer dans l’histoire, le sujet et le message du livre m’ont interpellé. L’approche critique de Mavrikakis sur des sujets aussi sensibles et actuels est audacieuse et mérite d’être reconnue. Je ne recommanderais pas ce livre à ceux qui recherchent une lecture fluide et captivante, car j’ai trouvé ça trop dense et le rythme lent peut décourager certains.