Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Pourquoi ne dois-je pas mentir ? En 1796, Constant, lecteur attentif de Kant, s’en prend au caractère inconditionnel du devoir posé par le philosophe allemand : plutôt qu’un devoir de vérité, il revendique un devoir de bienveillance, qui justifierait un droit de mentir. Kant répond l’année suivante par un opuscule : Sur un prétendu droit de mentir. Ainsi naît la célèbre controverse, dont les textes sont ici rassemblés.
Édition établie par Jules Barni. Postface par Cyril Morana.
Extrait 1 : La question de la maxime semble rester trop générale pour réellement fonctionner : comment puis-je savoir à quel niveau d’abstraction il est nécessaire que je me tienne pour identifier la maxime de mon action ? comment faire cohabiter interdiction du mensonge et respect de la loi ? toutes les formes de mensonge sont-elles comprises dans le terme générique de « mensonge » ?
Extrait 2 : Même difficultés : est-il possible de faire une hiérarchie entre les motifs impérieux et les autres ? entre les cas qui relèvent de la responsabilité propre de l’individu et ceux qui relèvent de facteurs extérieurs ?
Extrait 3 : Première Partie (jusqu’à p.24) Constant prends à bras le corps le problème de l’impossibilité de connaître de tous les principes en meme temps (les principes semblent ici se rapprocher de la maxime kantienne sans pour autant se confondre avec elle). Néanmoins, les problèmes soulevés chez Kant restent applicables chez Constant.
Appréciation globale :
La pensée de Constant, bien que beaucoup moins développée et rigoureusement construite, me séduit beaucoup plus que Kant pour lequel je conserve cependant la plus grande des affection notamment dans son optique universaliste. Cependant, les textes présentés comme la postface font référence mais surtout prennent pour acquis une morale fondée sur la généralité de la règle. Si Constant en prends bien conscience en apportant son concept de « principes intermédiaires », il est nécessaire à mon sens d’aller encore plus loin et considérer la morale, non pas comme subjective ou d’adopter une posture relativiste, mais bien de reconnaître que les seules règles générales, peu importe leur niveau de généralité, ne peuvent seule connaître de tout les cas d’espèce et qu’il existe de ce fait un part d’appréciation individuelle mais également de chance morale (chance morale que Kant semble volontairement ne pas traiter comme telle voire ne pas traiter du tout).