À l’heure où les déplacements contrariés (guerres, épidémies), les réalités économiques et les désastres environnementaux nous obligent à reconsidérer nos manières de voyager, Aude Vidal pointe notre grande ambivalence à ce sujet et les dégâts écologiques, culturels et sociaux que nous causons, à l’étranger comme en France, quand nous satisfaisons notre "besoin d’ailleurs". Si penser le tourisme et le voyage modernes, c’est penser une "économie du surplus" qui privilégie les désirs des uns aux dépens des besoins des autres, c’est aussi s’attaquer aux inégalités qui minent nos sociétés et à celles qui continuent de croître entre les sociétés.
Anthropologue, Aude Vidal développe une pensée critique dans les domaines de l’écologie et du féminisme. Elle est l’autrice d’"Égologie : écologie, individualisme et course au bonheur".
C'est évidemment trop court au vu de la quantité et de la diversité des thèmes abordés autour du tourisme et du voyage mais cela reste une excellente entrée en manière à qui veut s'informer et réfléchir un peu plus sur le sujet. Et ça a également le mérite d'être bien sourcé !
Bon, déjà, je pars avec un a priori massif (comme d'hab) : si c'est pas de la socio, j'ai beaucoup de mal à trouver ça carré lol.
Je suis d'accord avec l'immense majorité des critiques formulées par l'autrice, moins par certaines des solutions qu'elle propose et encore moins avec certaines de ses références (pour ne pas citer tout le lore latourien libéral insupportable qui refuse l'analyse matérialiste). MAIS je trouve qu'elle a la critique facile, alors même qu'elle nous donne à voir explicitement et volontairement des expériences personnelles TRÈS critiquables. Mon argument n'est pas du tout celui des droitards « tu es de gauche mais tu as un iPhone et tu respires l'air pollué par le capitalisme 🫵😝 », loin de là. Seulement, il est parfois difficile de se dire que l'autrice ne vit pas en totale dissonance cognitive quand elle blâme les classes «« moyennes supérieures »» de prendre l'avion pour backpacker à l'autre bout du monde, quand elle-même a multiplié les voyages à l'autre bout du globe et ne semble pas du tout le regretter/culpabiliser 😬
Vraiment, j'ai été irritée par ce petit ton d'universitaire blanche bourgeoise qui persiste tout le long du bouquin (malgré les tentatives sincères de l'autrice de s'en défaire, je pense, du moins j'en ai l'impression). Non, tes potes qui font de l'anthropo n'ont pas plus de légitimité à exploser leur impact carbone que les autres néo-colons qui vont backpacker en Asie de l'Est !
Puis, pour revenir à mon tout 1er point, je suis (encore une fois) saoulée par le genre de l'essai. C'est vraiment une forme bâtarde, pas passionnante, qui est plutôt là pour vulgariser que pour transmettre horizontalement des connaissances et partager des questionnements. Et en vulgarisant, on perd effectivement la substantifique moelle des travaux cités et qui ont inspiré cet ouvrage. Malheureusement, cet essai tombe donc bien dans cet écueil : c'est intéressant mais parfois j'ai eu l'impression que l'on passait du coq à l'âne et que rien n'était profondément creusé, que toutes les critiques faisables à l'égard du tourisme et des touristes étaient simplement résumées et données à lire en surface seulement.
Enfin, j'ai été déçue par les réfs à Latour et ses illuminé·es. Oui, je le redis parce que je sature de voir ces fous du bus mentionné·es partout mais surtout parce que cet ancrage théorique est révélateur d'un grand angle mort de cette lutte écologique bourgeoise/CSP+ : on veut bien remettre en question ses us polluants, on veut bien (et surtout !) remettre en question les habitudes polluantes des autres – toujours moins légitimes que soi à voyager et encrasser la planète – mais on ne se contentera que de faire le croquis très flou et mystique du vrai problème, aka le système CAPITALISTE productiviste. Wow, c'est dingue de faire autant de pages sans jamais aller à la racine du problème et sans nommer explicitement ce qu'il faudrait faire pour s'en débarrasser. C'est sympa de critiquer les jets privés des milliardaires et de parler de « système », mais c'est insuffisant. Voilà pourquoi (notamment) l'analyse matérialiste >>> l'analyse gloubi-boulgesque idéaliste sauce Latour-Rabhi.
Le sujet est ô-combien contemporain et important mais j'ai trouvé le livre un peu fouillis, surtout le dernier chapitre qui mélange plein d'idées différentes. Je m'attendais à un plus grande approche scientifique, étant donné le statut de l'autrice qui est anthropologue, mais c'est plutôt une collection de réflexions qui empruntent à son vécu. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande plutôt la vidéo de Manon Bril, disponible gratuitement sur YouTube.
Un bon essai pour qui souhaite balayer l'ensemble des ambivalences et conséquences négatives du fait de voyager. J'adhère assez au propos de l'autrice qui concerne le voyage éclairé (voyager ignorant est beaucoup moins satisfaisant que voyager dans des paysages déjà arpentés par la lecture) clairement plus facile quand on voyage plus âgé. Pour autant vigilance à ne pas laisser la possibilité du voyage à ceux.celles qui ont les capacités de se nourrir intellectuellement avant le départ. Sur place, divertissement versus enseignement. Je n'ai pas vraiment été accroché par les anecdotes personnelles qui ponctuent l'ouvrage.
Bonne lecture qui mène à comprendre en quoi le tourisme n'est finalement qu'un simple reflet d'une société capitaliste, inégalitaire et colonialiste. Beaucoup de références et de réflexions très intéressantes qui donnent envie de rebondir, mais j'ai trouvé une organisation de la réflexion plutôt chaotique, parfois je ne comprenais pas où ça menait, j'ai eu l'impression d'avoir juste un listing des faits !
A very good book that raises the question about what is the point of travelling and tourism: a privilege for the privileged few, allowing us to spend our money in other locations for either ostentatious reasons ("look I went there"), personal development ("I went there and it changed my view on things"), or straight up to unwind from the pressure caused by the daily grind in the capitalist mode of production.
The tourist industry is growing, but targeting richer and richer people, so the scope of people travelling is limited (you need to be able to afford going and staying somewhere), leaving behind the massification for intensification. This affects local communities (abandoning traditional practices to focus on tourism-oriented ones, or recreating/reinventing traditional practices for the amusement of visitors) and environments (building tourist facilities on natural/agricultural areas and pushing away poorer communities who can't afford the tourism-caused gentrification.
Travelling and tourism exacerbate the differences between rich and poor (the richer people travel much more, while many if not most poorer people don't "go on holidays"), and between the North and the South (the richer northern countries travelling and visiting more, the southern ones receiving more and serving the tourists more, in a neocolonial fashion).
Between the calls for "less tourists" and "less tourism", often pushed by the privileged few ("I want to travel, but without the others, so I can enjoy it by myself"), but also the suffering many (pushed out of touristic areas by urban development and capitalism-induced price raises, e.g. with AirBnB development), the author calls us to rethink the real aim of travel, and more than that whether it's an actual need, and how we can rethink our position in regards to travelling and tourism and learn to enjoy more our close environment and human connections.
J'avais hâte de lire ce livre mais j'ai été plutôt déçu.
L'autrice touche certes à la question sous de nombreux angles - parfois étonnants, comme quand elle explique sa compréhension pour les jeunes des cités françaises qui violent le code de la route lors de leurs vacances en Thaïlande ("car en France ils risquent leur vie", p.78). Mais c'est dans l'ensemble un livre court qui reste superficiel.
Sur la forme, l'utilisation abusive de points medians par souci d'inclusivité rend la lecture pénible (honnêtement a ce stade on préférerait que tout soit féminisé, ce serait plus agréable...).
un livre qui fait réfléchir sur notre manière de voyager et d'habiter le monde. Le tourisme est-il vraiment nécessaire, qu'est-ce qu'on recherche dedans, et qu'est-ce qu'il apporte aux autres ? En exposant ses dérives, cet ouvrage invite à se recentrer, et c'est une réflexion nécessaire.
Lire un livre de critique du voyage en voyageant : done Plus sérieusement j’ai lu ce livre à bali en pleine introspection sur ma manière de voyager et Aude Vidal a parfaitement mis les mots sur ce que j’avais du mal à exprimer. L’être humain (plus précisément l’être humain d’Occident) détruit le monde et ses habitants pour son plaisir égoïste et souvent pour échapper à son existence misérable les 47 autres semaines de l’année pendant lesquelles il travaille. Il est néanmoins difficile de remettre des habitudes aussi ancrées en question et changer nos comportements de consommation. Les exemples sont pertinents et permettent de bien se rendre compte du ridicule de certains « voyageurs »