Patriarche redouté et banquier le plus influent de la république de Jirone, Eugen de Basfortt intrigue pour éliminer tout ce qui peut menacer son pouvoir dans la ville.
La position de la reine des Francheterres, Indira IV, n’est pas aussi assurée ; elle dont le règne est contesté par sa cousine depuis le premier jour, et qui doit se soumettre aux règles de la Monarchie dans son archipel. Déchirée entre son devoir et ses désirs, Indira IV doit apprendre qui elle est, pour quoi et pour qui elle se bat. Elle peut toutefois compter sur un guide depuis l’autre côté de l’océan : Eugen de Basfortt, avec lequel elle entretient une correspondance secrète.
« Personne ne sait de quoi sera faite l’humanité qui va venir, mais elle rayonnera, je te le promets, car nous lui avons offert des milliers d’étoiles nouvelles. »
Quand je me suis vue proposée cette histoire avec un nouvel anneau pour les gouverner tous mais dans un univers science fictionnesque, ma curiosité a de suite été titillée, la couverture signé Aurélien Police asseyant cette envie. Cependant malgré un titre parlant de »céleste », nous fûmes plus dans la partie »ost » et cela ne m’a pas pleinement comblée.
Je découvre ici la plume et les univers d’Olivier Paquet, auteur connu et reconnu du milieu à qui on doit plus d’une dizaine d’oeuvres, dont le fameux Composite qui avait fait parler de lui il y a deux ans, en tant que roman de politique fiction mettant en jeu de complexes relations parents-enfants. Il récidive dans ce texte plus orienté space-op et planet-op dont l’ambiance m’a plu mais qui décrit peut-être trop et ne montre pas assez.
Avec l’Ost Céleste nous faisons la connaissance d’un monde futuriste à la croisée des chemins avec la fiction à décor d’inspiration historique et la fantasy. En effet, le monde dans lequel nous allons est en proie à des soubresauts politiques dignes de nos monarchies absolutistes en fin de règne à l’approche des révolutions modernes. La jeune reine Indira IV, à Francheterres, est menacée de toutes part, notamment par sa cousine, à cause d’un pouvoir faible malgré toute la symbolique de son nom et de l’anneau qu’elle porte. Elle est toutefois conseillée dans l’ombre, par celui qui pourrait et devrait être son rival, le banquier patriarche d’une république voisine : Eugen de Basfortt.
Si les idées de l’auteur m’ont plongée en plein ravissement, réveillant en moi ma fibre de passionnée de l’Époque moderne et ses monarchies, j’ai été un peu étouffée au fil des pages par la narration choisie et plus globalement par l’angle adopté pour conter cette histoire. L’auteur, je pense, a absolument voulu nous rendre cet univers politique avec tous ces chausses trappes, le plus concret possible. Il s’est donc évertué à nous le conter en long en large et en travers. Résultat, j’ai eu l’impression de lire un précis politique du royaume de Francheterres, avec le récit presque minute par minute de tous les complots de la cour de la reine Indira IV, et non un récit aussi bousculant et vivant que je l’aurais voulu.
J‘avais lu en préambule que l’auteur été un fan de mangas et d’animation japonaise, donc en revanche j’avais en tête tout un décor et une dynamique inspirés par la saga Macross qui fait aussi la part belle à la politique, donc cela a donné un certain rythme et atmosphère à ma lecture qui m’a plu. J’aimais quand on parlait de la forme que prenait le royaume de Francheterres et ses îles, quand on parlait de la flotte de l’Archonte, des dracoptères et de cet anneau que l’héroïne porte à son doigt et qui la lie à une prophétie céleste. J’ai encore plus aimé quand le récit s’est enfin emballé dans le dernier quart et que j’ai eu les batailles et combats de palais que j’attendais. Enfin, il y avait ce souffle, ces trahisons, ces grands moments.
Mais je reconnais que le titre fait plutôt dans la finesse contrairement à mes attentes et que si on n’en a pas d’exagérées, il y réussit plutôt bien, parlant joliment de politique, du poids de la succession, du désir de servir son peuple et non ses intérêts, du besoin de conseils car rien n’est inné, etc. Cela m’a plu d’avoir un personnage genré comme Indira sur laquelle pèse également le poids de la reproduction et du mariage mais qui nous fait bien sentir que ça devrait être indépendant de sa fonction. Il y a vraiment plein de petites réflexions lancées, égrenées au fil des pages l’air de rien, qui sont philosophiquement pertinentes et intéressantes, ce qui a rendu cette lecture meilleure qu’elle ne l’aurait été sinon vu son manque de rythme et de narration parfois.
Ce fut donc une jolie fable politique où certes l’auteur n’a pas comblé toutes mes attentes de céleste mais bien plutôt celle d’ost avec des réflexions profondes sur le fait de régner et comment. J’aurais aimé plus de démonstration parfois et moins de descriptions en profondeur mais cela donne aussi sa singularité à une oeuvre à contre courant de ce qu’on a souvent en SF space et planet op. et en science fantasy, donc ça change. Et surtout le jeu de dupe auquel se livrent les deux personnalités phares du récit par rapport aux autres est fort amusant et démontrent de fortes personnalités et une belle dimension philosophico-politique. J’ai entendu dire que l’auteur avait d’ailleurs consacré auparavant une trilogie à un pan de cet univers, Le Melkine, je serais curieuse de la lire.
C'est un roman éminemment politique où tout est complot, domination et trahison. Il est porté par deux personnes que tout oppose : un banquier vieillard d'un côté et une jeune reine de l'autre. On déteste l'un pour son caractère autoritaire et son absence totale d'empathie pour les autres alors qu'on éprouve une sympathie immédiate pour la toute jeune reine, victime de son héritage et de son sort.
C'est d'ailleurs l'une des thématiques centrales du récit : le poids du devoir et de l'héritage. Les protagonistes sont prisonniers de leur héritage, même si celui-ci ne fait pas sens. On perpétue un héritage, des façons de faire parce que ça a toujours été comme ça. Ainsi, l'OST Céleste n'est-il présente que comme un élément mystérieux dont personne ne sait rien mais qui dirige le monde et cause des guerres. Pendant tout le roman, le lecteur est amené à se demander s'il ne s'agit pas d'un fantasme, d'un mythe construit au fil des siècles comme une sorte d'arme de dissuasion. Il faudra attendre le tout dernier chapitre pour obtenir des réponses.
L'auteur construit un récit intéressant qui interroge le lecteur sur le poids de l'héritage, le rôle du devoir, la démocratie, la religion, la guerre, la famille.
Mais c'est aussi un récit qui prend beaucoup de temps pour se mettre en place. C'est vraiment long. Il faut se montrer patient et s'accrocher sur presque 200 pages en se disant : "Bon, il va bien se passer quelque chose quand même".
Et effectivement, il finit par se passer des choses.
Mais même si l'auteur nous offre de belles scènes de batailles et d'action, elles ne sont jamais au cœur du récit, qui reste centré sur ses personnages et leur évolution. Ce que les Américains appellent des histoires "characters driven".
J'aurais aimé un récit plus dynamique et plus facile d'accès. On est plongé dans l'histoire un peu brutalement, sans explications et avec beaucoup de termes spécifiques à l'histoire. Il faut donc en vouloir pour continuer et passer le cap de la partie 1.
La fin connecte ce roman à la trilogie "Le Melkine" de l'auteur. Et, même s'il tente de donner des billes à ceux qui n'ont pas lu cette trilogie, j'ai eu l'impression d'être un peu perdue et de louper une information. En revanche, j'ai maintenant très envie de la lire.
Pour apprécier cette histoire, il faut être patient, aimer les histoires très politiques basées sur des personnages très développés.
Une bonne lecture pour moi mais loin du coup de cœur.
Apparemment, il se déroulerait dans le même univers que la trilogie du Melkine, une série précédente d'Olivier Paquet, sans qu'il soit nécessaire pour autant de l'avoir lu pour profiter de ce titre (la preuve, c'est mon cas).
Le récit suit deux personnages principaux : un vieux et puissant banquier vivant dans une cité qui évoque Venise au temps de sa splendeur et une jeune princesse fraîchement montée sur le trône d'un archipel lointain, et entourée d'intrigants souhaitant l'évincer du pouvoir.
Le roman, tout en complots et plans à triple détente, est rythmé par les lettres (codées) que s'échangent ces deux personnages, lettres qui donnent toute sa saveur au récit.
Chacun des deux protagonistes est empêtré dans des problèmes qui semblent insurmontables, sur fond de guerre imminente, guerre dont tout le monde craint qu'elle ne soit la dernière, en raison du fameux (et mystérieux) "Ost Céleste" dont tout le monde craint qu'il ne vienne mettre un terme au conflit à venir de façon définitive, puisqu'il est sensément annonciateur de la fin du monde.
L'intrigue est très bien ficelée, les personnages très convaincants et le roman est une vraie réussite, offrant même un final surprenant (peut-être moins pour celleux ayant déjà lu la trilogie Melkine. Vous me direz). Sa lecture fut un vrai plaisir, et je vois pas bien ce que je pourrais dire de plus en sa faveur.
3e titre de l'auteur que je tente de lire, 3eme abandon. Cette fois encore, j'ai trouvé son écriture impersonnelle et ses idées exprimées de façon inutilement "complexes" pour ce qu'elles sont. Et je n'ai pas l'impression que ce qu'il écrit soulève les foules. Pourtant, chaque fois, on le voit nommé au GPI, aux Utopiales... Peut-être que le fait d'être publié par L'Atalante, très proche des Utos, ou que sa compagne soit membre du jury du GPI jouent dans cette surreprésentation au sein des prix littéraires, je ne sais pas, je m'interroge quand même parce qu'il y a de quoi se poser des questions.
j'avais aimé l'impression à ma première lecture, mais n'étais pas concentrée. je l'ai donc relu quelques mois plus tard. j'y ai trouvé davantage, car je n'avais pas remarqué les messages secrets la première fois. mauvaise vue et lu de nuit. bref, c'est vraiment bien