Les sons générés par l’humain prennent davantage de place sur Terre, même au cœur des environnements sauvages, ne laissant plus entendre ceux de la nature. Ainsi, le chant de la grive devient de plus en plus imperceptible, comme le murmure du torrent quand passe un avion dans le ciel, tandis qu’aux confins de la forêt boréale, les hurlements du loup se brisent sous les gémissements des tronçonneuses.
La symphonie du vivant s’amenuise, perd texture et richesse en proportion de chaque mètre carré de planète empiété par Homo domesticus. Cette érosion toujours plus inquiétante des chants naturels inquiète les biologistes. La cacophonie engendrée par les sirènes des machines et par l’invasion des moteurs augure-t-elle l’anthropophonie, c’est-à-dire un univers bruyant qui rend la nature inaudible ?
Ce livre est un plaidoyer pour sauver l’hymne de la beauté du monde.
Un ouvrage fouillé, documenté et essentiel pour comprendre comment la nature perd en diversité sonore de façon dramatique. À faire lire à tous les dirigeants œuvrant au cœur de la conservation des milieux de vie de tous organismes vivants. « En vertu de quel principe peut-on affirmer que la présence d’Homo Sapiens sur cette Terre est d’un plus grand intérêt que celle d’un chêne, d’un bourdon ou d’une larve de pétoncle? Avec humilité, reconnaissons la vanité de l’aventure humaine.(…) En vertu de quelle critères peut-on affirmer que des conversations entre humains dans un restaurant bondé, un samedi soir, ont plus de prix que le chant des rainettes au crépuscule ou celui des baleines en haute mer? » À méditer de façon urgente!
Une lecture dense et instructive sur l'univers sonore de notre planète, sur les paysages sonores (soundscapes) qui nous entourent. "La vie est bruyante, et seule la mort est silencieuse..." -Jacques Attali.
L'auteur explore et explique avec maints exemples et analogies la géophonie (sons produits par des phénomènes naturels), la biophonie (sons émis par des organismes vivants) et l'anthropophonie (sons engendrés par l'humain).
Plusieurs réflexions sont posées au fil du livre, dont celle-ci : "En vertu de quels critères peut-on affirmer que des conversations entre humains dans un restaurant bondé, un samedi soir, ont plus de prix que le chant des rainettes au crépuscule ou celui des baleines en haute mer? Un peu d'humilité, donc. Diminuons nos impacts sur la Biosphère et profitons-en, au passage, pour apprécier la beauté offerte par Mère Nature, incluant la symphonie du vivant, véritable musique du monde."
Une très belle découverte pour sensibiliser à l'importance de la biodiversité, d'un point de vue... auditif! ;") ☆