Alors qu’elle est encore adolescente, Carole prend ses distances avec sa famille catholique et ses valeurs traditionnelles. Solitaire et repliée sur elle-même, elle entre à l’école des beaux-arts de Nantes où peu à peu, elle reprend confiance en elle. C’est alors qu’elle rencontre Stéphane. Stéphane est beau, plein d’assurance, et surtout, il s’intéresse à elle. Carole tombe sous le charme et s’investit dans cette relation. Mais rapidement, elle se retrouve isolée, coupée des autres et du monde, à mesure que Stéphane, embrigadé par des discours masculinistes trouvés sur internet, se transforme...
Porté par un dessin minimaliste et expressif, En territoire ennemi expose avec justesse les mécanismes qui mènent progressivement à l’isolement pour Carole et à l'extrême droite pour Stéphane. Un récit poignant, brutal et courageux sur la domination masculine sous ses formes les plus insidieuses et radicales.
J’ai vraiment eu du mal avec cette bd et avec la façon qu’à l’autrice de se déresponsabilisé de tout, surtout vis à vis de la relation qu’elle a avec ses fils et leurs éducations etc. Tout le côté où l’on voit comment les discours fascistes et masculinistes peuvent s’implanter dans le cerveau d’un homme blanc sont hyper intéressant et bien représenté, c’est également le cas de la façon dont elle montre l’emprise qu’une personne peut avoir sur une autre dans une relation mais très honnêtement ça va tellement loin dans le nazisme que j’ai beaucoup de mal à la déresponsabiliser, surtout à partir du moment où elle laisse le père de ses enfants implanter ses idées dans le cerveau de ses fils au point qu’ils connaissent l’hymne du 3e Reich par cœur etc. L’autrice se pose constamment en position de victime du début à la fin de l’histoire, elle remet même la responsabilité entière de la naissance de ses deux fils sur son ex ce qui me gêne un peu.
Je pense que l’histoire manque d’un peu de remise en question et surtout il aurait été intéressant d’évoquer les conséquences du racisme/misogynie sur d’autres individus, c’est vaguement évoqué quand on apprend qu’il a probablement violenté/violé une autre femme mais c’est très rapide et pas assez approfondi à mon sens. Il est très difficile de s’identifier à l’autrice je trouve.
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Dans ce récit autobiographique Carole Lobel raconte le mécanisme de l’emprise. Elle revient sur sa relation de jeunesse qui s’est peu à peu transformée pour devenir toxique – et encore, le mot est faible.
Pourtant, il y a des signes. Comme si, masqué par le volume sonore de l’orchestre, un tout petit violon se trouve désaccordé.
L’autrice qui, si l’on en croit son récit a déjà publié des livres jeunesse, écrit sous pseudonyme – elle a peut-être emprunté le patronyme d’ Arnold Lobel puisque lui aussi était dessinateur et auteur jeunesse – et on comprend pourquoi tant ce qu’elle raconte est dur pour elle, mais aussi pour sa famille. La connotation guerrière du titre est tout à fait à propos.
Les dessins sont réalisés au Bic quatre couleur – comme dans Moi ce que j’aime, c’est les monstres – dans un style anthropomorphique minimaliste et naïf, faisant référence à la littérature jeunesse, qui contraste fortement avec le propos. Son dessin a gagné en puissance évocatrice, grâce notamment à des illustration percutantes, ce qu’il a cédé au réalisme, c’est très fort. Le sujet et sa réalisation sont à la hauteur, ce qui donne un très grand livre qui devrait être lu par le plus grand nombre pour comprendre ce que vivent certaines femmes. De quoi à largement justifier le prix spécial décerné par le jury du festival d’Angoulême en 2024.
3.5 Je suis partagée parce que d'un côté j'ai trouvé ça vraiment fort et terriblement angoissant dans sa justesse. De l'autre, j'ai du mal avec la déresponsabilisation totale de l'héroïne : si elle paraît au début dans une forme d'emprise, ce n'est plus le cas au bout d'un moment, elle trouve des échappatoires et il est difficile d'expliquer par exemple qu'elle subisse des grossesses non désirées et supporte aussi longtemps le nazisme (parce que son gars devient vraiment un nazi hein) de son conjoint et laisse ses enfants le subir aussi. Soit l'emprise n'est pas assez clairement montré, soit il y a quand même un problème de complaisance... Je sais bien que les rapports de domination, notamment dans le couple, sont complexes et que la BD ne peut pas TOUT montrer, mais du coup, de mon point de vue ça en fait un récit a minima moins convaincant.
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Un roman graphique qui aborde beaucoup de sujets, un récit très personnel mais j’ai l’impression qu’il n’est pas abouti. Il manque de recul et de recherche pour approfondir ce qui est abordé.
Ce roman graphique aborde principalement comment l’emprise de quelqu’un peut être puissante et peut être destructrice. Que ce soit par la biais de notre éducation, soit au travers de nos parents et de notre famille, ou encore notre partenaire de vie et/ ou nos ami.es.
Les dessins et les couleurs sont originales et nous plongent réellement dans l’histoire. Cependant, ce que j’ai le moins aimé, c’est cette ambiance triste et négative présente tout du long. J’ai été déçue par la fin car j’ai eu l’impression que le personnage principale ne s’en sortirait jamais de sa situation. Malgré cela, il y a eu des petites prises de conscience et de courage de la part du personnage au long de l’histoire.
Ce serait en réalité plutôt 3,5 que 4 étoiles, car, par-delà le malaise que souhaite retranscrire l'autrice (et qu'elle fait très bien somme toute), je trouve que l'on ne peut s'empêcher de penser que la protagoniste a aussi une part de responsabilité dans certains éléments de sa vie.
Carole Lobel dépeint ici une relation amoureuse anodine qui débute en fac d'art et se transforme en piège mortifère, jusqu’à conduire la protagoniste à avoir 2 enfants avec un homme qui finira par devenir ouvertement nazi. Or, je trouve qu'il est difficilement entendable qu'on laisse une relation atteindre ce stade sans s'inculper soi-même : l'inaction est aussi une forme de prise de position, et ne rien faire ne permettra pas, in fine, de rendre ce monde plus vivable. Ou, pour le dire avec les termes de l'autrice, de se débarrasser du « pays de la virilie » une bonne fois pour toutes.
Je pense que cette histoire percutante et courageuse aurait été encore plus saisissante si l'autrice avait davantage mis le doigt sur les propres failles de la protagoniste (comme par exemple son manque de confiance en elle lorsqu'elle était étudiante) plutôt que de donner l'impression qu'elle se déresponsabilise face à certaines situations avec ses enfants.
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Je sais que la vraie vie est plus compliquée que ça, mais j’ai beaucoup de mal avec les histoires de parents passifs qui laissent l’autre parent maltraitant détruire la vie de leurs enfants. L’autrice répète beaucoup que tout ce qui arrive à Stéphane est de sa propre faute, mais elle ne fait jamais reposer aucune responsabilité sur le personnage principal, ça m’a mis mal à l’aise.
5/5 Toutefois je ne recommande pas à tout le monde, en tout cas pas n'importe quand, c'est une histoire difficile et sombre, dont je suis sortie le moral à plat. Mais très intéressant, prenant... C'est l'histoire d'une jeune femme, dans les années 1990 qui entre dans une relation très toxique avec un homme qui va se révéler de plus en plus problématique. Ce qui est particulièrement dur à lire c'est qu'elle se retrouve vraiment impuissante et engluée dans cette relation, de part aussi son éducation.
Roman graphique puissant, qui ne laissera personne indifférent. Carole Lobel utilise son style minimaliste pour montrer l'horreur des agressions verbales et sexuelles au sein d'un couple, dont l'homme plonge tête la première dans la fachosphère. Un récit courageux dans ce qu'il dit et montre. En ces temps troublés, Carole Lobel apporte sa pierre à l'édifice. Elle montre sans complaisance la violence et l'enfermement. Un coup de poing !
L’illustratrice décrit son récit de vie, l’emprise, le contrôle de son compagnon, et sa dérive vers le masculinisme et l’extrémisme d’une manière glaçante