Émergence insoumise s’ouvre sur un souvenir de l’autrice qui attend un taxi après un cours : « Non, mais croyez-vous vraiment que moi, une femme des Premières Nations, je vais aller attendre seule le soir, à Val-d’Or? » Ces mots, adressés au gardien qui lui indique que les portes de l’université sont sur le point de fermer, seront le catalyseur d’une réflexion sur le sort réservé aux femmes autochtones, aussi bien dans le milieu carcéral que dans la société canadienne en général. Conjuguant réminiscences personnelles et analyses du racisme systémique afin d’aller au-delà des statistiques et des préjugés, cet essai de Cyndy Wylde s’inscrit dans une tradition de littérature de combat, qui bouscule les idées reçues et dynamite le confort et l’indifférence.
Cyndy Wylde dénonce, expose, crie les injustices et les violences faites aux femmes autochtones.
Elle parle du monde carcéral qui regroupe beaucoup trop de femmes autochtones. Elle dénonce le système de justice qui maltraite le sort des victimes autochtones.
J’ai ressenti toute la colère de l’autrice dans cet essai. Je me suis fâchée en lisant ces pages.
Il y a de la colère dans ces pages, mais aussi beaucoup de fierté. Cyndy Wylde est fière de ses origines et de ses ancêtres.
Un cri du cœur important. L'auteure nous expose à des vérités incontournables, aussi difficiles soient-elles, et nous invite à façonner une société différente. Le tout écrit dans un style direct et généreux.
3.5* Essai important sur le racisme systémique vu à travers le prisme du milieu carcéral canadien.
Je voudrais mieux noter cette oeuvre, et je crois que ma note un peu décevante est de ma faute, parce que je ne savais pas à quoi m'attendre. Je décrirais l'essai de Cyndy Wylde comme un flot de pensées et de réflexions. Par conséquent, j'ai eu un peu de difficulté à comprendre sa structure et le plan de l'argumentaire m'a semblé un peu mélangeant à certains endroits.
Après ça, la plume franche et claire de l'auteure et les situations et faits qu'elle nous raconte sont très puissants. Les références sont bien recherchées. J'ai profondément ressenti sa colère et sa fierté à travers tout le livre. La "littérature de combat" mentionnée sur la quatrième de couverture est vraiment une description parfaite de cette oeuvre. Essai que je recommande!
Cyndy Wylde est parvenue à paraphraser une réalité enrageante avec brillance. La simplicité de ses mots suscite la réflexion auprès d’un large éventail de lecteurs, ce qui constitue la principale force de l’essai à mes yeux. Sa plume reflète sa résilience et son vécu d’une manière poignante. Un mini chef d’œuvre !
Wylde part d’un souvenir. Elle se rappelle ne pas se sentir en sécurité, un soir à Val-d’Or. Au lieu d’être rassurant, un garde de sécurité bienveillant décide d’attendre un taxi avec elle. Ainsi, il ne réfute pas son sentiment d’insécurité ; il le confirme. À partir de cet événement, l’autrice se demande pourquoi est-ce normal pour une femme autochtone de ne pas se sentir en sécurité au Québec.
Pour répondre à cette question, elle s’inspire de ses nombreuses années comme professionnelle dans le domaine carcéral. Elle se rappelle qu’environ une femme prisonnière sur deux au Canada est autochtone. Comment est-ce possible?
À travers ce (trop) court essai, Wylde met le doigt sur de nombreux problèmes systèmiques au Québec et au Canada. Elle propose une première solution : l’écoute. En comprenant ces problèmes, on ouvre la porte à trouver de nouvelles solutions beaucoup plus concrètes. Encore faut-il commencer par écouter, par contre.
C’est toute la beauté de cet essai. L’autrice tend la main au lectorat (surtout aux allochtones) afin qu’il comprenne les enjeux dont elle parle. C’est une première étape concrète.
Émergence insoumise est une excellente façon d’ouvrir les yeux aux enjeux systémiques autochtones. Il est primordial d’écouter les voix autochtones qui s’élèvent et cet essai de Cyndy Wylde est un formidable premier pas.
Si dans les petits pots, les meilleurs onguents, dans les tout petits livres de la collection Harangues, on peut retrouver des essais plus que pertinents, comme celui-ci.
Émergence Insoumise amorce une réflexion (sur plusieurs volets, mais plus particulièrement sur la place des femmes autochtones dans la société), qu'il n'en tient qu'à nous (allochtones et autochtones) de continuer à développer pour être des agent.e.s de changement.
Tout au long de ce mini livre, l’autrice appuie ses analyses sociologiques par de courtes anecdotes personnelles et des événements médiatisés. Comme elle le mentionne elle-même, elle manie effectivement bien le pouvoir des mots.
C’est une lecture accessible, efficace et nécessaire. Pour celleux qui sont moins à l’aise avec les enjeux entourant les violences subies par les communautés autochtones, il s'agit définitivement d'une bonne introduction.
J’ai failli m’arrêter en comprenant qu’elle était agente correctionnelle (ACAB), mais elle utilise cette expérience pour faire une importante critique du système carcéral, notamment pour les femmes autochtones, sujet qu’elle a développé dans une thèse de doctorat. Elle semble avoir déchanté d’un changement possible de l’intérieur, dénonce la mal traitance, l’abandon des femmes autochtones. Cette penseuse en a encore beaucoup à dire, j’espère que ce court recueil n’est pas son dernier mot.
Courte lecture frappante sur la réalité des autochtones, mais plus particulièrement sur celle des femmes des Premières Nations au sein de la société canadienne.
C’est le genre d’essai qui te donne envie d’hurler contre toutes ces injustices dans les systèmes. Nous les connaissons tous, nous les entendons tous et les voyons tous, mais pourtant les changements contre celles-ci (s’ils ont lieu déjà) se font si lentement. S’en est révoltant!
Félicitations Cyndy, j’ai beaucoup d’admiration pour ton essai!
« Ces tragédies ne sont pas des événements isolés, mais plutôt des résurgences d’un problème plus large dont les effets se manifestent à travers les générations. Tout le monde devrait se sentir concerné, pas seulement nous, les Autochtones. Au-delà des individus, c’est l’entièreté des expériences autochtones au Canada qui s’en ressent. C’est donc de notre histoire commune qu’il est question! Plus haut, je parlais d’indignation nationale, mais je devrais plutôt préciser: indignation autochtone nationale. Car bien peu d’allochtones se sont émus de ces situations…jusqu’à la mort de Joyce. »