C’est l’histoire d’un jour de solstice d’été au milieu de nulle part. C’est l’histoire de deux jeunes types qui zonent sur le parking d’un supermarché dans une vieille Clio, à se chambrer et à enchaîner les bières et les joints. C’est l’histoire d’un médecin, dont la vie rangée et la famille modèle, construites dans une obsession de réussite, volent en éclats, un homme éméché qui ressasse, impuissant, ses échecs et s’enferme peu à peu dans un monologue paranoïaque et délirant. C’est l’histoire d’une soirée qui n’en finit pas, d’un snack sur le bord de la route, d’un trip dans la nature et d’une petite cabane au bord de l’eau, de Max et de Théo, de Rombouts et du tenancier de Chez Moustache, d’un médecin à la dérive, de traînards, de la haine et de l’ennui, de ce qu’on ne regrette que parce que cela nous échappe, du besoin de possession et du constat amer que rien ne se contrôle, de l’ivresse et de la violence.
Roman noir qui se lit d'un souffle, il y a du Mauvignier dans l'écriture et du Dieudonné dans l'ambiance. Deux logorrhées, deux voix qui se mêlent, deux flux de pensées qui font monter la tension jusqu'au au final, malheureusement attendu.
2,5⭐️ j’ai pas aimé ? j’ai compris la vibe des jeunes qui traînent dans cette petite-moyenne ville où le coin de réunion des jeunes est au macdo, où l’ambition manque et ne demeure que les bières, mais que ça soit uniquement le sujet du livre bof ça tourne vite en rond et on tombe trop dans la description. L’autre personnage, le médecin est tellement imbuvable, tellement le reflet du bourgeois qui croit à la méritocratie, misogyne etc et juste violent etc. En fait c’est trop dommage parce que leur rencontre leur confrontation aurait pu amener un truc intéressant et non juste ça tourne à la description excessive… Mais c’est trop dommage parce qu’en vrai j’aime beaucoup la plume de l’auteur, ce manque de ponctuation au rythme effréné et les répétions c’est un style que j’aime beaucoup mais c’est trop décevant dans l’ensemble!
j’avais très hâte de lire ce roman qui se lit d’une traite et dans lequel la tension monte crescendo. un style très oral, des descriptions belles, poétiques et pas relou comme on peut s’y attendre quand il s’agit de descriptions. descriptions qui parlent d’elles-mêmes, qui participent à comprendre les états d’âme des différents personnages et qui assurent le rythme du roman qui ne s’étend que sur une soirée. un roman court mais percutant, je ne spoilerai évidemment rien, mais en tout cas les personnages m’ont considérablement touchée en si peu de pages, et on arrive au bout un peu essoufflé.e mais bouleversé.e
Théo, 18 ans depuis peu, vient de terminer sa rhéto. Il glande, fume des pétards et bois des coups sur le muret d'un parking de supermarché. Il attend son pote Max qui va arriver. Il se dit qu'il serait mieux chez lui mais il y a sa petite soeur, sa mère, alors il traîne là, tuant le temps. On partage ses pensées, ses peurs, ses angoisses. Que va-t-il faire plus tard, il aime la mythologie, on revit avec lui la naissance du monde - passage fabuleux - c'est sympa pense-t-il, il aime ça, pourquoi pas étudier l'histoire. Perdu dans ses pensées, dans la moiteur de l'été, l'asphalte dégouline (ou fond), le temps s'étire dans l'attente de son pote, l'ennui s'installe. Max arrive, ils continuent à boire dans la voiture pourrie de son pote, sur ce parking à refaire le monde.
En parallèle on découvre, Rombouts, un toubib qui fait de longues journées de travail à l'hôpital. Il vient de faire dix heures de permanence, reprend sa voiture sur le coup de 20h. 45 minutes de route pour rentrer chez lui et retrouver son havre de paix. Rentrer, s'installer face à son jardin en bordure de la forêt, face au petit bois avec son étang qu'il vient d'acheter pour retrouver sa tranquillité, boire un verre de whisky puis un autre et un autre encore face à sa solitude. Faut dire qu'il a tout, qu'il mesure l'étendue de son patrimoine, la valeur des choses gagnées à la sueur de son travail mais l'essentiel, il l'a perdu, sa femme et se enfants l'ont quitté pour une petite infidélité.
La soirée est longue, interminable, c'est le premier soir d'été. Fin de la première partie !
Ces personnages vont bien entendu se croiser, on sent la tension, cela va mal se passer, la perte de contrôle est inéluctable. Un fait divers en somme, une violence, une folie passagère.
Céléstin de Meeûs nous propose un premier roman d'atmosphère, par sa narration, ses longues phrases dépourvues ou presque de ponctuation qui nous tiennent en haleine, la tension qui monte de ligne en ligne. Les phrases sont sans fin c'est comme une respiration - inspiration et expiration de plus en plus longue-, on lit en perdant son souffle, en apnée, les mains moites à la fin car la seconde partie particulièrement se lit d'une traite. Je l'ai terminée à voix haute accentuant ainsi la tension du récit.
Célestin est un poète avant tout et le choix des mots, du langage n'est pas laissé au hasard. On sent d'emblée que l'on va vers la tragédie, on sent le gouffre des générations, le désarroi des jeunes, la crainte de l'avenir, et la peur, la paranoîa de perdre les acquis pour les plus anciens.
C'est un récit remarquable, d'une force incroyable, un premier roman déjà récompensé du Prix Stanislas délivré à Nancy en septembre dernier.
vraiment une perle, l'utilisation de la double (même triple) narration est fait à merveille et de manière intrigante, une description dotée d'une poésie fabuleuse et l'utilisation de la banalité de notre quotidien tel un fait divers dans chaque phrase rendent ce livre urbain très actuel et rempli de sens.
3,5* j’écrirai plus tard pcq la plage m’attend mais langue trop cool, histoire trop cool, mais je regrette un peu la durée du truc ! C’est vachement bien réussi comment on s’attache aux personnages et comment on entre dans leur tête en si peu de temps justement, mais j’aurais aimé que ça s’installe encore plus, mieux les connaître. Mais le concept est bien mené et lecture agréable
Trois mots, trois thèmes m’apparaissent clairement après ma lecture : vide, mélancolie et peur. 2 personnages sont mis en parallèle, Théo et le Docteur, 2 générations que tout oppose mais qui se retrouvent sur un point : ils sont complètement perdus et ont l’impression que le monde évolue sans eux, complètement « à côté de la plaque ». Le docteur ressasse sans cesse son passé tandis que Théo se focalise sur son/le futur.
Malgré une fin prometteuse (qu’on voit clairement arriver) qui m’a malheureusement « laissé sur ma fin », je trouve que l’écriture (qui s’apparente à du naturalisme) sert mais en même temps dessert le récit. On a réellement la sensation de faire immersion dans les réflexions de ces personnages qui ont leur propre chemin de pensée mais il y a des listes descriptives interminables, des phrases absolument trop longues, une deuxième partie qui manque cruellement de respirations : un récit qui se rapproche plus du bloc de béton que d’un texte profond.
L’effet de style est, pour moi, raté et donne l’impression de brasser du vide tout du long. Déçu par ce livre qui aurait pu offrir plus et gagner en impact s’il avait été écrit par une personne pensant à autre chose qu’à essayer d’être subversif.
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Un solstice d'été qui aurait pu s'apparenter à tous les autres, à trainer dans une voiture en essayant de refaire le monde pour Théo et Max, faute d'essayer de changer de vie, ou rentrer boire un verre seul chez soi pour Rombouts, médecin éreinté par la vie et lui cherchant un nouveau sens. Un premier roman qui vous happe dès les premières lignes, porté par un style vif, où les mots vont aussi vite que ceux qui traversent nos pensées, et nous font vivre cette intense nuit d'été.
Très bonne surprise ! Se lit dans un souffle, d'une traite, en apnée ! Deux vies que tout semble opposer et qui pourtant se croisent. Deux destins chamboulés à jamais. Des phrases sans fin comme une logorrhée, deux histoires à déverser, à raconter dans l'urgence, dans un style très moderne. Ma note s'explique simplement parce que j'ai trouvé la forme vraiment originale et ça m'a beaucoup plu !
21 juin, aux alentours de vingt heures. Le docteur Rombouts sort de garde et n'a qu'une hâte, se poser dans sa belle demeure avec un verre de whisky, seul. Et faire face aux trois hectares de forêt qu'il vient d'acquérir. Théo lui zone sur un parking de zone commerciale en attendant son ami Max, et leur soirée en perspective. Au programme : boire, fumer, et refaire le monde, en toute tranquillité. Un événement inattendu va tout faire vriller. J'ai aimé l'écriture étirée, par longues phrases ponctuées de virgules. La petite musique et le rythme du texte sont rapidement entraînants, et nous plongent dans les pensées profondes des protagonistes, tout en nous laissant maîtres de leur interprétation. C'est un exercice stylistique très maîtrisé, même si on pèche un peu sur la profondeur de l'histoire.
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C'est le solstice d'été, jour le plus long de l'année. Ce roman nous semble être une seule longue phrase. C'est un roman qui ne respire pas sous la chaleur étouffante du soleil qui cogne sur le bitume. Oui, c'est pour tenir le lecteur en haleine, même si le lecteur a tout deviné très vite, il sait vers quelle fin on se dirige.
C'est donc mitigé de mon côté que je termine ce livre car j'ai trouvé tout prévisible. Le scénario bien sûr, mais c'est volontaire de la part de l'auteur. Mais même l'exercice de style me paraît trop simpliste, trop évident. J'ai passé un bon moment de lecture et assurément, la plume est belle, mais je reste sur ma faim.
un roman qui se lit dans un seul souffle, avec de très longues phrases qui s'étalent parfois sur plusieurs pages. J'ai aimé la plume acérée, l'intrigue très resserrée, le suspens qui monte, la fin m'a laissée sans voix. Les personnages sont bien campés et décrits, il est facile de deviner leurs actions selon leur psychologie. Ca se lit d'une traite, c'est très rythmé, si vous êtes adeptes de roman noir et de polar, vous aimerez sans aucun doute ! (j'ai aussi apprécié le vocabulaire pointu (j'ai du cherché certaines mots dans le dictionnaire), qui rajoute de la précision et de la complexité à l'histoire).
J’aime le style avec des phrases longues, pour moi c’était plus efficace que Fosse, on a l’histoire qui coule mais on a la poésie des phrases longues aussi, surtout que de Meeus est poète aussi, donc ils crée des beaux images, même sans l’effect que Fosse utilise de répéter 2-3 fois la même phrase, ou de revenir sur la phrase d’avant, deux pas avant et un en arrière, mais c’est un livre qui ne te donne pas l’occasion de la lâcher, donc je suis curieux de lire son deuxième roman aussi, vu que c’était le début en prose.
En 2025 je crois que je n’accepte plus de lire une fiction écrite par un homme blanc sur trois hommes blancs (un daron / deux ado) qui se regardent la b!te pendant 150 pages; mais tranquille car c’est une réflexion sur la société capitaliste et matérialiste et comme quoi on est tous un peu déprimés… oui oui ok. Un imaginaire conventionnellement chiant et réducteur à mon humble imo
Les deux seuls perso de femme : la manic pixie dream girl croisée en boîte de night et l’ex-femme aigrie, FOU RIRE
Une lecture très mitigée. Malgré que la prémisse s’annonçât intéressante avec deux histoires en parallèle qui tôt ou tard vont se rejoindre, et ce en une journée, le récit empêche le lecteur de prendre son souffle. L’auteur nous lance une kirielle d’adjectifs, de descriptions, de virgules...jamais le texte n’a vraiment sut prendre son envol et le sentiment d’ennui prend progressivement place comparé à un sentiment d’extase ou haletant.
L’exercice de style que Célestin de Meuûs présente est accablant, veut montrer un savoir-faire des mots, mais en aucun cas ne sait comment nous faire rentrer dans une histoire. Malgré un certain potentiel décelé, jamais le roman n’a sut placer les attentes placés en lui. Un format condensé aurait également été souhaitable. Peut-être une relecture à envisager pour mieux comprendre la logique de l’auteur? Laissons le souvenir de cette expérience littéraire s’effacer pour pouvoir éventuellement la reprendre avec un œil différent.
La double narration est super intéréssante mais on se doute rapidement (trop?) du dénouement. Du mal à déceler pourquoi le medecin pète autant les plombs, un sadisme pas assez établi, ça tombe un peu du ciel, j'imagine bien que c'est le propos même du livre mais tout de même
It‘s a good book because it reunites the thoughts of two opposing generations and shows how much they might have in common. It shows the fear and rage we all feel when we look at the world. The confusing we feel in regard to the meaning of our lives in between, wars famine and pandemics.
Lastly it is built like a short story with a good fall at the end which makes it so pleasant to read. Like a good psycho thriller