Palestine. La mer Morte s'est évaporée. La maladie du sel dévore la région et menace l'humanité. Pourtant, là où étaient relégués des milliers d'habitants, survivent paysans, colons, soldats, prisonniers et ouvriers. Ensemble, ils rebâtissent une communauté. Des colonies de flamants roses s'installent. Une utopie naît.
Yara El-Ghadban est anthropologue, ethnomusicologue et auteure. Née à Dubaï dans une famille palestinienne, elle s’établit à Montréal en 1989 après un long parcours de migration. Elle a vécu à Londres, Buenos Aires, Beyrouth, Dubaï, et Sanaa, mais c’est à Montréal qu’elle trouve son ancrage, où elle fait des études d’abord en musique et ensuite un doctorat en anthropologie.
À titre d’anthropologue, elle se penche sur l’identité et la culture québécoise et palestinienne, notamment dans la musique et la littérature, sur l’art et la violence, l’exil, l’appartenance et le rapport à l'Autre depuis plus d’une décennie. Elle a enseigné à l'Université de Montréal et plus récemment à l'Université d'Ottawa, prononçant de nombreuses conférences sur divers thèmes tels la diversité, le racisme, la littérature postcoloniale, les littératures de la migration et le vivre-ensemble. C’est dans le croisement de ses recherches menées à la fois au Québec, dans le monde arabe et plus récemment en Afrique du Sud, de son imaginaire d’écrivain et de son rapport intime au Québec comme Montréalaise issue d’une famille palestinienne qu’elle réfléchit et écrit.
"Parfois le livre est en arabe parfois en hébreu, il y en a aussi en anglais en allemand en yiddish en russe... Sans compter les langues "latines" comme les appelle Hypatia. C'est l'avantage de survivre à la fin du monde dans une station balnéaire. Ceux qui sont morts ont laissé traîner des romans dans toutes les langues, des carnets, surtout des guides."
Utopie. Des flamants roses. Retrouver la plume poétique de l'autrice, qui présente une force toute en douceur et qui joue habilement avec l'essence de la sensualité. Il n'en fallait pas plus pour me convaincre de plonger dans ce roman.
Dans cette danse, on "écoute" le récit d'Alef, premier enfant, devenu grand, parmi les survivants d'une catastrophe qui s'apparente à la fois à une épidémie et à un cataclysme, la mystérieuse maladie du sel. En Palestine, un groupe d'une cinquantaine de personnes vivent maintenant en communauté et ont développé un lien spécial avec les flamants.
Une nouvelle vision du monde fascinante et très créative qui m'a demandé un tout petit moment d'adaptation. J'ai adoré la façon dont Yara El-Ghadban nous rappelle que la nature nous parle.
L'écriture de Yara El-Ghadban est très poétique, on est plongé dans un univers utopique dont on a envie de faire partie. J'ai beaucoup le concept des noms dans l'ouvrage, un concept au cœur de la vie avec les vivants. Cet ouvrage à son importance en particulier dans le contexte palestinien actuel, l'auteure décrit a plusieurs reprises l'idéologie de race qui règne autour de la mer morte avant l'évaporation qu'on pourrait comparer avec l'actualité. La fin me laisse sur ma faim mais l'ouvrage était si bien écrit que je ne peux que l'apprécier. Grâce à la danse des flamants roses, on se sent "Vivants parmi les vivants".
pure poésie en prose, redonnant à l'art ce qui lui revient: la permission d'imaginer d'autres façons d'exister, d'entrevoir les conséquences possibles du dénouement de nos destins avant qu'elles ne surviennent. magique et envoûtant (bien que la plume poétique de Yara El-Ghadban rend le récit légèrement plus difficile à suivre par moments, d'où le 4 étoiles, mais on s'y habitue)
Nouvelles résolutions : 1. Lire plus d’auteur.ices palestinien.nes 2. Lire plus d’auteur.ices non-occidentaux en général 3. Lire plus d’utopies (ça fait du bien!)
Le livre demande un effort pour l'apprécier à sa juste valeur. Sa structure audacieuse et son aspect très poétique font toute la beauté de cet univers utopiste. 🦩🕷️🌱
entre une prose presque mélodique et une utopie, j'avoue au début avoir été convaincu que ce livre allait être pour moi. c'était une très belle lecture, mais je n'ai pas été entièrement emporté par l'histoire.
je pense aussi avoir été un peu confuse par la présence de personnages israéliens/des gens à antécédents coloniaux. par moment, j'avais l'impression que la narration du livre nous guidait vers, non une excuse, mais une explication, un peu, de leurs comportements antérieurs, cherchant à aller provoquer chez le lecteur une certaine empathie. j'ai trouvé ça un peu étrange et maladroit. peut-être que j'ai mal compris l'intention, mais j'avoue que ça a un peu perturbé ma lecture.
sinon, j'ai quand même beaucoup aimé la manière que el-ghadban a bâti son monde, et j'ai trouvé la narration très intéressante. un peu difficile de rentrer dedans au début, mais on s'adapte très vite :)
3.5 🌟 J’ai bien aimé ce livre, se speed on ages et sa poésie, mais je ne suis pas convaincue de la structure. Après une pandémie, le livre est centré sur un petit groupe de survivants près de la mer noire qui vit en autarcie, proche de la nature et dont les nouvelles générations ont des mutations génétiques. Le concept est bien mais j’ai trouvé le début lent, l’histoire commence vraiment à la moitié (si ce n’est plus) du livre et la seconde partie se déroule rapidement, avec énormément d’éclipses (alors que de nombreux passages offrent le point de vue de différents personnages) et se termine abruptement. Trop abruptement. Si l’écriture est poétique, de nombreux aspects de l’histoire ne sont pas expliqués (les mutations dues au sel) ou exploités (Hypatia et son passé) suffisamment pour apporter se la profondeur au récit.
J'aimais beaucoup l'idée de départ mais je n'ai pas aimé l'exécution.
Je trouvais que le style de poésie mystérieuse mélangée avec une histoire utopique de science fiction (description disparate et vers la fin du livre genre au 2/3) ne fittait pas. Je me sentais perdu et dans le flou constant par rapport aux personnages, à la mise en contexte nécessaire et dispersée partout dans le livre aussi et de façon sporadique.
C'est étrange aussi car la première centaine de pages c'est comme beaucoup de poèmes et de flou comme une chanson ou une peinture. Et ensuite c'est comme si le récit commençait plus de façon roman.
Il y a des métaphores intéressantes mais elles ne sont pas vraiment expliquées.
J'aurais aimé que l'autrice nous amène dans ses réflexions et sa vision mais c'est un échec pour moi.
La danse des flamants roses presents a near future, post-pandemic, post-war speculative convergence of utopian possibilities in the lands bordering the Dead Sea, where a band of survivors largely owes their existence to symbiosis with a migratory flock of flamingos. Who are they? How and why are they? The novel follows material threads and a spider's spiritual powers across time to reconstruct the event.
This is a novel about salt, the Dead Sea, Israeli and Palestinian politics, survival of the cleverest, most resourceful and most empathic.
C'est une fable extraordinaire, surréaliste C'est quoi les humains? C'est comment les vivants? Et si, après une pandémie et une guerre apocalyptique où la poésie des vivants se confronte à celle des survivants humains la paix serait la seule façon de continuer à être entre les soi-disant civilisés et les soi-disant primitifs?
« Drôle comment on choisit d’oublier des pans du passé et d’en garder d’autres. Les survivants font beaucoup ça. »
« Accepter les choses et l’énigme des choses. Rire danser créer déguster aimer sans attacher à chaque acte une interrogation. Vivre avec le mystère vivre la magie. Laisser les questions planer nuages dans le ciel. Nous ne nommons plus ne désignons plus ne définissons plus… »
« Combien de langues les humains avaient-ils inventées? Combien en avaient-ils oublié? Il a fallu la fin du monde pour retrouver la première de toutes les langues, celle qui nous liait à la vie. Celle qui nous liait à tous les vivants de cette terre. Celle qui nous a ôté le nom de prédateur. Celle qui nous a appris à attendre attendre que la vie nous nomme. »
J'ai beaucoup aimé la plume poétique, rythmée, imagée de l'autrice. C'est vraiment un roman-poème.
J'ai beaucoup aimé le concept aussi, le fait de se permettre d'explorer les utopies qui peuvent naître des désastres.
Par contre, il y avait beaucoup trop d'exposition à mon goût. Les premiers 2/3 du livre servent à nous présenter les personnages et l'histoire de la communauté, et c'est seulement dans le dernier tiers qu'il y a vraiment de "l'action". J'ai eu de la misère à m'accrocher à la lecture à cause de ça.
J'ai aussi trouvé ça dommage à quel point on retombe dans une opposition binaire hypercontrastée à la fin. Je n'en dis pas plus pour ne rien révéler, mais j'aurais aimé plus de nuances.
Un roman original, intelligent et étrange qui nécessite un peu de temps pour s'accomoder. Entre l'anticipation/science- fiction et la poésie, je pense que cet objet curieux pêche un peu à la fois par excès d'idées inventives et manque de contextualisation (il y en a mais le style poétique rend le tout très abstrait au début et il faut du temps pour comprendre les textes écrits comme des poèmes, les termes comme "vivants"). Vu la complexité du monde créé par El-Ghadban, je trouve que le roman aurait mérité encore quelques pages d'immersion. Malgré tout cela, je ne m'attendais pas du tout à une histoire pareille et j'ai jamais lu un livre comme celui- ci et trouve que ce projet mérite un encouragement d'où les 4 étoiles.
Difficult to follow at first but beautify written with such poetry that I just fell into its universe without understanding it all. Then the characters become more and more relatable and the story takes you somewhere unexpected. I have to read it again to see if the beginning will be easier to grasp. I graded it 5 stars because in the end I was deeply moved by it. It reminded me how I love NK Jemisin’s books but the first chapters are always so enigmatic and hard to grasp. She also takes you on such a beautiful journey that I actually don’t mind the disorienting sense at the beginning.
Hard to follow the storyline but all in all really good storyline and amazing punch. Relevant to what's going on in the middle east at the moment of writing this (May 2025)
Difficile de suivre l'histoire mais très intéressante quand même. Un roman de son temps pour ce qui se passe en ce moment dans le Moyen-Orient (Mai 2025).
Yara tisse une utopie palestinienne d’une grande sensibilité. Elle nous tend des clés pour comprendre son univers tout en nous invitant à y projeter le nôtre.
J’ai grandement apprécié la relation entre Alef et Anath, d’une intensité rare, qui mériterait à elle seule un autre livre tant elle déborde d’amour et d’humanité.
Une écriture poétique incrustée de vulnérabilité, où la nature humaine et le rejet de l'anthropomorphisme se côtoient, se heurtent et s'enlacent. C'est une utopie qui ne se cache pas de ses failles.
Dans un futur proche, la Mer Morte s’est évaporée, déclenchant une épidémie meurtrière : la maladie du Sel. Pour se protéger, l’humanité décide de bâtir des villes sous cloche et de bannir les contaminés au-delà des murs, les abandonnant au désert. Pourtant, une poignée d’entre eux survit et la communauté s’organise autour une d’utopie en harmonie avec la nature et les autres espèces vivantes.
Voilà un résumé intriguant, et c’est précisément ce qui m’a attiré ici. La danse des flamants roses est un récit sur l’humanité au sens large : qu’est ce qui fait de nous des êtres humains ? avons-nous une place à part parmi les Vivants ou au contraire une place à accepter parmi eux, sur un pied d’égalité ? Que nous dit la nature si nous prenons le temps de l’écouter et essayons de la comprendre. Dans ce roman, l'autrice nous parle de cette communauté qui a appris à survivre et à vivre grâce aux autres espèces en communiquant avec elles, en apprenant à entendre la langue des Vivants. À travers différents portraits de membres de ce groupe hétéroclite et de leur histoire, l’autrice interroge la nature humaine et son rapport au monde, à la Terre, aux autres que l’on juge différents. Le fait de placer le récit en Palestine n’est évidemment pas anodin et la situation israélo-palestinienne est évoquée en pointillé.
Personnellement j’ai été déstabilisé au début par l’écriture et notamment des passages semblables à de petits poèmes qui sont en fait la langue des Vivants (animaux, insectes, arbres) qui rythment le récit. La première partie de l’histoire m’a séduite par cette utopie offrant un mode de vie beau et parfois cruel, mais j’y ai trouvé une certaine longueur car il n’y a pas réellement d’actions, d'événements. La seconde partie (qui arrive aux 2/3 du roman) vient bouleverser les choses, poser des questionnements nouveaux et redonner un souffle. Je ne dévoilerai rien mais malheureusement j’ai trouvé cette partie bâclée et trop rapide.
Pour résumé, c’est la découverte d’une autrice à la jolie écriture mais une histoire qui me laisse sur ma faim et aurait mérité d’être plus aboutie.
J'ai bien apprécié ma lecture de ce roman qui a des airs de fable. J'ai eu un peu de difficulté dans les premiers chapitres à cerner le contexte de l'histoire et à m'habituer au style assez libre de la narration ponctuée de poèmes. Une fois adaptée, je me suis laissée transportée dans l'utopie d'El-Ghadban aux abords de la mer Morte, où les flamants roses visent en symbiose avec les humains ayant survécu à la maladie du sel. L'intrigue du récit a des airs d'Atlantide, l'empire perdu, ce qui rend la fin relativement classique et prévisible.