Le bon point : avec "lettre aux jeunes féministes" je m'attendais à un truc super condescendant et ce n'était pas du tout le cas du propos, qui fait un historique clair à la fois des sorcières et de la pensée féministe sur les sorcières.
Mais.
Déjà 2024 écrire "Indien-Américain" c'est pas possible, et ce n'est pas un élément isolé qui est témoin d'oeillères qui se retrouve aussi sur le fond du propos.
L'autrice relève plein de fois l'exagération du nombre de mortes, mais sans jamais se demander *pourquoi* des féministes blanches occidentales auraient *intérêt* à faire improprement de la chasse au sorcière le "pire genocide et crime de l'humanité occidental", invisibilisant ainsi les véritables pires crimes occidentaux de l'époque : la traite esclavagiste et les genocides en Amérique et Caraïbes. On ne peut pas sérieusement faire de l'histoire des mythes sans jamais réfléchir à quelle pensée politique ils se trouvent au service.
3,5 ⭐️ J'attendais pas mal de ce livre et j'en sors à la fois en ayant trouvé une partie de ce que je cherchais (sur le plan historique) et frustrée (sur le plan politique).
J'ai appris pleins de choses et c'était très intéressant de replacer le réel (tant dans la nature des personnes ciblées que dans leur nombre) dans les procès pour sorcellerie du XVe au XVIIe. Le développement sur les différentes mobilisations de la figure de la sorcière par les féministes ensuite à partir du XIXe était aussi super instructif et nécessaire.
Ma frustration, c'est que c'est un peu 150 pages de "hmm aktchually" sans finalement de réelle proposition politique sur ce qu'on pourrait faire de cette figure et des différentes logiques politiques qui sous-tendent sa réappropriation. Comme le livre est sous-titrée "lettre aux jeunes féministes", on s'attend au texte d'une camarade adressée à ses camarades (en tout cas, c'était mon cas). C'est pas vraiment ce que j'ai retrouvé finalement (sans mettre en doute pour autant le fait que l'autrice soit une camarade).
très intéressant ! d'habitude je trouve les livres d'histoires barbant, mais là j'ai apprécié ma lecture quelques notes de bas de pages pour des définitions auraient pas été de refus, surtout sur les premiers chapitres
À lire absolument : l'autrice rétablit les faits historiques et les incertitudes et présente les mythes construits et diffusés jusqu'à nos jours autour des sorcier•es, ainsi que les falsifications de l'Histoire parfois faites sous couvert de féminisme.
Interressant, mais je n'ai toujours pas compris comment de vieilles rebouteuses et sages femmes servant de boucs émissaires ont pu devenir des archétypes de femmes libres et indépendantes ?
J’ai trouvé le livre très intéressant et complet, retraçant le mythe des sorcières et sorciers à travers les siècles et les différentes cultures des différents pays.
J’ai appris beaucoup de choses, notamment sur les diverses visions et réappropriations de cette figure par les groupes féministes à travers des générations et pour des combats diverses.
En revanche je n’ai pas compris le point de vue de l’auteure et la destination de son propos. Certes elle rappelle la place des sorciers dans la chasse aux sorcières et rétablit des faits historiques notamment sur le nombre de victimes de la chasse aux sorcières souvent exagérés bien que le nombre exact soit tout de même déplorable, mais je n’ai pas compris si le but était de discréditer les groupes féministes qui utilisent selon l’auteure, une image faussée de la sorcière, ou si simplement montrer comment cette figure a influencé et a trouvé plusieurs définitions selon les époques.
J’ai perçu la volonté de l’auteure de lutter contre la négation des sorciers dans l’histoire de la chasse aux sorcières, ce qui est important. En revanche j’ai l’impression que cette information ne légitime pas pour elle que le combat et la figure soit exclusivement reprise par les femmes et pour les femmes, alors que ça reste comme elle le dit elle même, plus de 80% des victimes et qu’encore aujourd’hui, ce sont surtout des femmes qui sont victimes de dénonciations dans certains pays.
Que la sorcière fut chassée non pas pour sa puissance mais sa marginalité et surtout par défaut, n’empêche pas selon moi que les groupes féministes du Nord global en prennent le contre pied pour faire de ces femmes tuées, un symbole de lutte et de puissance même si pas en adéquation avec la réalité historique.
Bref une lettre aux jeunes féministes très complète et intéressante mais dans laquelle je n’ai pas trouvé de réelle prise de position politique de l’auteure, ne comprenant ainsi pas l’entièreté de son propos (peut être parce que l’œuvre se veut de rétablir des faits et donc de garder de l’objectivité).
Un essai très intéressant sur les différences de l'image de la sorcière entretenue par l'ouvrage éponyme de Michelet puis par les autrices du XXe, les réseaux sociaux, et la réalité historique.
Non, il n'y a pas eu 9 millions de femmes brûlées pour sorcellerie, mais 100 000 procès dont 40 000 à 70 000 femmes et hommes brûlé.es/pendu.es pour sorcellerie. Les sorcières étaient des femmes quelconques, victimes de dénonciation, de jalousie et de querelles de voisinage, la torture débouchant sur des aveux, validant les fantasmes des juges.
Mais, il est intéressant de voir les féministes se réappropprier cette image de la sorcière, décriée, vilipendée et d'en faire une icône féministe combattant le patriarcat. Ce sont les féministes, leurs écrits et leurs combats qui ont fait de la sorcière une femme puissante et rebelle. Go girls !
Pour rejoindre d'autres commentaires ici, je suis déçue par le ton de l'autrice à vouloir absolument effacer cette image forgée au cours des années, des termes comme "Indiens-Américains" n'ont plus lieu d'être en 2025.
livre très intéressant pour retracer l'histoire de la sorcière et mettre des dates clé en évidence mais les propos bien que ciblé pour les "jeunes féministes" ne dit rien sur le plan politique et social actuel et démontre surtout les erreurs historiques (volontaire ou pas) dans les livres et series sans s'attarder sur pourquoi et comment rétablir l'historicité des évènements en gardant ou non la sorcière comme symbole. Très bon livre purement historique et sans avis tranché partagé ouvertement de la part de l'historienne ce qui est rafraîchissant et laisse place à nos propre questionnement et remise en question
J'ai eu difficile avec cette lecture ne sachant pas où cela allait amener. La question de la recontextualisation à l'époque et en ce moment ne se pose pas. Ce qui est fort dommage. Je veux bien que l'on m'explique pourquoi ces personnes sont mortes mais il est clair que encore aujourd'hui malgré une intellectualisation, des femmes sont toujours accusées de sorcellerie. Et bien loin l'idée de village lointain. Il y a bien un migmat d'hommes qui parlent des femmes comme étant des sorcières. Bref
J'ai lu énormément des références mentionnées, je travaille sur l'œuvre de maryse Condé, et je suis heureuse de voir le fameux debunk correctement fait entre le mythe et le réel historique. Elle ne fait pas la morale, mais tient une rigueur scientifique et critique très importante, surtout sur des œuvres comme Caliban et la Sorcière ou les récentes publications liées à Chollet. En revanche, trop ethnocentré, peu de rapport sur la figure utilisée de façon intersectionnelle. Mentionner un résumé d'une page sur Tituba pour ne rien dire après : pourquoi faire ? On voit les limites sur ce point
J’étais très enthousiaste avant de commencer ce livre, le sujet m’intéressant réellement… Je trouve qu’il n’est pas du tout accessible, du fait du langage (très universitaire?) utilisé. Par ailleurs, l’autrice a un gros problème avec le livre de Mona Chollet. Elle ne cesse d’en parler (en mal) jusque dans la conclusion, en amenant toujours le même et unique argument. Pourquoi tant de répétitions ?
Essai très intéressant et qui redonne les vrais chiffres de l'Histoire et qui explique comment les luttes actuelles se sont approprié la figure de la sorcière.
intéressant sur le plan historique même s’il faudra que je le relise en ayant un peu plus de contexte sur certaines périodes mais assez décevant voire quasi vide sur le plan politique c’est dommage
malgré des faits intéressants j'ai vraiment été déçue par ce livre...
l'accent est tout le long mis sur le fait que "les femmes ne furent pas les seules victimes, les hommes ont aussi soufferts, et l'oublier représente une vraie négation de l'histoire" et, cela devient redondant en plus d'être problématique d'un point de vue sociologique et politique ? si cette réinterprétation fût faite, c'est qu'il y a une véritable raison, or l'autrice n'y prête pas vraiment attention.
j'ai eu la sensation qu'une grande partie du livre était consacrée à donner une vision dénigrante et très réductrice des travaux majeurs de cette réappropriation de la sorcière. it was giving "euh ça c'est faux et c'est aberrant en fait", ce qui m'a sérieusement agacée. car, pourquoi ne pas s'intéresser à ce qu'implique cette réappropriation plutôt que de simplement la critiquer ?
l'idée de remettre l'accent sur l'aspect historique est intéressant mais est, au final, très peu abordé de façon réelle.....
franchement passionnant, rapide mais accrochez vous trop bien pour être bien renseigné sur le sujet et aussi : mona chollet et silvia Federici disent pas mal de conneries