« et l’obscurité me dit :
regarde,
et les fantômes me disent :
regarde,
et l’énigme me dit :
regarde,
vois comme ils t’ont fini. »
Trois histoires d’amour ancrées dans l’âme de la Palestine. Ce recueil joue avec une question fondamentale… comment préserver une identité lorsque la terre, la langue et la mémoire sont menacées de disparition ? À Shanghai à Jérusalem, Gaza et Bombay, les protagonistes vivent dans un monde globalisé où l’exil géographique se double souvent d’un exil culturel.
Comme avec Flaubert… les aspirations intimes des personnages se déploient sur fond de transformations collectives… ici l’enjeu dépasse la désillusion individuelle, il concerne aussi la survie même d’un héritage culturel.
« Évaporé l’esprit de la maison.
J’ai longtemps pleuré. Sans lui, j’étais seule au monde. »
Aïtmatov, dans Une journée plus longue qu’un siècle, dénonçait déjà l’effacement progressif des traditions face aux forces uniformisatrices de la modernité… Les personnages luttent contre l’oubli. Les identités mondialement fragmentées. Karim Kattan interroge la disparition des cultures minorées sous l’effet des migrations, des conflits et de l’uniformisation culturelle. Ces trois histoires d’amour sont trois récits de transmission, merveilleusement bien écrits, avec beaucoup de beauté, de résistance et d’espoir ; qui animent un souffle jamais figé de mémoire et de vie.
« Un jour on ma rendu la langue. C’est vrai, maman, quelqu’un me l’a rendue, sans faire exprès, c’était inattendu. »
Editions Elyzad