Une histoire de la philosophie du point de vue des femmes qui ont contribué à l'évolution de la pensée humaine : Hypatie, Ban Zhao, Rosa Luxemburg, Olympe de Gouges, Jeanne Hersh, Simone de Beauvoir, Mary Wollstoncraft, Isabelle Stengers, Rachel Carson, entre autres.
La philosophie a-t-elle un sexe ? Les hommes philosophes pensent peut-être que oui, mais à voir les femmes penser, écrire même si leurs textes ont été perdus ou mieux, appropriés par les hommes depuis la plus haute antiquité, à voir Diotime derrière Socrate, Hipparchia, Hypatie d'Alexandrie, plus près de nous Marie de Gournay derrière Montaigne, contributrice et éditrice des Essais, Elizabeth de Bohème contribuant aux travaux de Descartes, etc... il est clair que non. La philosophie est clairement un exercice des deux sexes. Après avoir défini le terme 'philosophe', mot par ailleurs épicène et notion qui varie en fonction des époques (vous apprendrez que philosophe a une connotation différente dans l'Antiquité), et la méthode employée pour la composition de cet ouvrage collectif, vous allez découvrir des femmes étonnantes d'intelligence, de combativité qui savent mettre en forme, défendre et imposer leurs idées. Des femmes qui revendiquent d'appartenir au genre humain, contestant les rôle et statut attribués aux femmes maintenues dans l'ignorance et confinée au gynécée par une société patriarcale et sexiste. Mary Wollstonecraft, Olympe de Gouge, Germaine de Staël, Flora Tristan, Rosa Luxembourg, Alexandra Kollontaï, Hannah Arendt, Simone de Beauvoir, et plus tard les théoriciennes de l'écoféminisme : Françoise d'Eaubonne premièrement marxiste avant d'écrire sa théorie critique du patriarcat ravageur de l'environnement, Carolyn Merchant, Rachel Carson, Ariel Salleh. Et même les philosophes théoriciennes de l'égalité animale, dont nos contemporaines Elizabeth de Fontenay, Vinciane Despret, Corinne Pelluchon. Ne vous laissez jamais dire que les femmes n'ont pas produit d'oeuvres significatives, cet ouvrage démontre le contraire. La fin plus filandreuse sur #MeToo et les philosophes de l'intersectionnalité et du genre (Judith Butler et d'autres) m'a moins convaincue. Mais à part cette légère critique, un ouvrage requinquant et enthousiasmant. Avec plein de références donnant des idées de lecture afin d'approfondir certaines autrices philosophes.
C’est un petit pavé (mais comme tout livre de non fiction c’est facile à découper pour le lire en plusieurs fois), très complet et avec plein de références pour faire grandir sa pile à lire. J’ai bien aimé le format, travailler par période et donner le contexte de la période donnée. Des courants très différents sont également représentés c’est vraiment très complet.
Ça a lancé tout un tas de questions dans ma tête et c’est la qu’avoir des réseaux sociaux me manque 😅 J’ai envie de parler de tellement de choses. Par exemple du fait que la philosophie se pratique dans des milieux très particuliers (c’est très français et américain de la côte est), le fait que fut un temps où les sujets abordés étaient très universels mais que ces dernières années les femmes travaillent plus sur des sujets identifiés comme « feminins »… bref plein de choses et c’est toujours le signe d’un bon livre