"L'autre part" à Tanger. L'autre, cela pourrait-être tout bêtement Lina ? Cette jeune fille va décider de s'envoler pour cette ville, à la recherche du passé de sa grand-mère adorée qui vient de décéder. Elle a découvert dans ses affaires une "autre part" de sa Mané : un carnet d'impressions de voyages, des lettres non ouvertes et une photo d'elle, à 20 ans, avec un jeune homme à Tanger en 1953. Manelle ne parlait jamais de cette année où elle avait vécue chez des amis de ses parents au Maroc, après la mort de son frère. Mais pourquoi ce silence sur cette partie de sa vie ? Lors de son voyage, Lina va reconstituer l'histoire de sa grand-mère. On va déambuler avec elle dans la médina. On va y ressentir la chaleur, la lumière, les couleurs, le sable, la mer, les odeurs d'épices et de miel, les sons et surtout entendre la voix d'un vieil homme racontant des légendes dignes des milles et une nuit. On y fait aussi de belles rencontres avec des femmes luttant pour leurs droits, leur liberté et certaines personnes vont peut-être la rattacher à Manelle.
C'est beau, mais parfois un peu trop lent, un peu trop long et très vite on devine ce qui se cache sous ce voile du silence.
L'écriture est pudique comme les femmes de ce pays, pleine de nostalgie d'un monde, d'une époque lointaine. Mais j'aurai aimé en apprendre davantage sur le protectorat, sur l'indépendance en 56 et sur le statut de Tanger. Il va falloir que je parte moi aussi à la recherche de "l'autre part" de ce Maroc d'antant.