20 septembre 2011, Alan Cole est interviewé par une journaliste à l'occasion de l'abolition de la loi DADT par le gouvernement Obama.
L'occasion pour lui de se raconter, de raconter sa vie, de raconter Merle Gore, le GI qui a bouleversé sa vie...
7 décembre 1941, Alan Cole, jeune psychiatre, a une vie toute tracée : jeune psychiatre en train de finir son doctorat, fiancé à Sue, fille d'un général à la retraite, et si l'entrée en guerre des Etats-Unis suite à l'attaque de Pearl Harbor par les japonais l'inquiète, son statut de médecin le protège de la mobilisation. Mais son futur beau-père ne l'entend pas de cette oreille, il ne donnera pas sa fille à un pleutre, à un lâche... Alan, influençable, s'engage.
Le voilà donc chargé de "filtrer" les soldats, pour refuser les appelés présentant une pathologie : les déviants, les mythomanes, les cleptomanes, les alcooliques et les homosexuels, toutes ces catégories pouvant, selon l'armée, causer du désordre et des troubles dans les rangs.
Et Alan va alors croiser un jeune soldat, Merle Gore, souriant, charmeur, charmant, solaire, avec qui il va se lier d'amitié. Mais cette amitié va peu à peu évoluer en autre chose, en quelque chose qu'Alan n'est pas vraiment prêt à définir, à assumer.
Et le danger auquel font face les soldats sur le front est tout aussi réel que celui auquel doivent faire face deux hommes qui commettent le crime de s'aimer, en cette année 1941 dans l'armée américaine.
Une histoire touchante, dure dans les faits qu'elle relate, les "signes cliniques" pour détecter les homosexuels m'ont mis la nausée, la tension qui règne, le danger, l'amitié entre les soldats vite balayée par le rejet, par la violence, par l'ignominie, mais aussi la passion, la complicité, la confiance, l'amour, la révolte devant cette injustice, la peur d'assumer.
Les dessins sont précis, nous rendent parfaitement les émotions des protagonistes, entre moments de douceur et horreur de la guerre, entre tendresse et cruauté, et nous plonge dans un moment d'histoire assez fort de l'armée américaine.
J'ai passé un super moment avec cette BD et je remercie les Éditions Dupuis et NetGalley pour ce service presse.