Ce roman, je ne l’ai découvert qu’avec son tome 2, qui m’avait tapé dans l’œil… Et au vu de mon ressenti pendant ma lecture, je suis plus que surprise de ne pas l’avoir vu sur mes réseaux !
On a ici un récit initiatique typique, dans une ambiance asiatique sombre où les enfants ne sont pas épargnés. Erin est une enfant qui a grandi bien trop vite mais garde des réflexes d’enfant. Elle est curieuse et aime comprendre le fonctionnement des choses. Elle a une logique mécanique qui la fait paraître froide, voire en décalage avec les autres, mais garde une profonde empathie pour les créatures qu’elle côtoie, ce qui est sa principale qualité comme sa plus grande faiblesse. On sent que l’autrice a un bagage anthropologique dans sa manière scientifique de décrire les animaux et leur comportements, ce qui n’a clairement pas été pour me déplaire. On retrouve d’ailleurs cette empreinte scientifique dans son écriture, qui comprend beaucoup de descriptions et de dialogues internes.
Si le début du récit met directement dans l’action, son rythme se calme rapidement : pas de grandes batailles mais une série d’évènements du quotidien, parfois empreints de stress et d’action, qui permettent de se poser des questions sur l’univers développé, l’approche de la différence, de la servitude et du pouvoir.
Je ne peux bien évidemment pas ne pas parler de Jôn, cette figure du mentor qui est particulièrement agréable à suivre. C’est un homme qui a vécu, qui pensait avoir tout vu, mais redécouvre les couleurs du monde grâce à l’enfant qu’il sauve de la boue. Cet aspect “apprentissage” que l’on trouve de chaque côté des différentes générations est un point que j’apprécie retrouver dans la littérature jeunesse. Après tout, les êtres en devenir ont autant à apprendre des générations passées, que ces dernières de leurs cadets. L’homme n’arrête jamais d’apprendre et c’est ce qui fait toute la complexité de notre espèce.
Petit plus, il s’avère que la duologie a été adaptée en manga (sous le titre Elin la charmeuse de bêtes, publié chez) et en série animée. Pour avoir découvert la forme graphique, j’ai (pour l’instant) une nette préférence pour le roman, que je trouve plus dense et complexe que le souvenir que j’ai du manga.
Bref, une excellente lecture que je ne peux que vous recommander et qui, j’espère, apparaîtra dans vos prochaines acquisitions !
Encore merci à la maison d’édition pour l’envoi de ce titre en service de presse.