On retrouve Jack et Antoine un mois après la fin du premier tome, à Londres. Jack s’habitue peu à peu à sa nouvelle condition d’immortel, sous la supervision d’Adrian Larson. En parallèle, le régent André de Valoise exerce son autorité tyrannique sur sa fille Angélique, qu’il maintient sous sa coupe.
Comme pour le premier tome, le gros point fort de ce roman reste l’objet livre, absolument splendide, et la plume de l’autrice, toujours aussi sophistiquée et agréable à lire. Grâce à elle, la lecture est fluide et prenante, même si plusieurs aspects m’ont laissée plus mitigée.
D’abord, j’ai trouvé un problème de rythme, et parfois même de cohérence. Je pensais que la romance prendrait plus de place dans cette suite, mais ce n’est pas vraiment le cas. Jack et Antoine sont ensemble, ils s’aiment, mais leurs interactions sont peu nombreuses, et cela m’a manqué. Je me suis parfois demandé ce qui les reliait vraiment, en dehors de leurs traumatismes et de leur goût pour les belles étoffes. Les rares instants de rapprochement sont tout de même rendus touchants grâce à la plume précise et maîtrisée de l’autrice, mais je n’ai pas réussi à être émue par ce deuxième tome. Ni les passés des personnages, ni même la mort de certains protagonistes n’ont réussi à me bouleverser. Peut-être trop de pathos, au point de me tenir à distance ?
L’intrigue politique, quant à elle, est l’endroit où l’autrice a commencé à me perdre. Dans le premier tome, elle était fluide et claire, même pour quelqu’un qui n’est pas amateur de complots. Ici, j’ai eu l’impression de perdre le fil à plusieurs reprises. Les informations sont distillées au compte-goutte, même quand ce n’est pas nécessaire, et certains indices, finalement, n’ont aucune importance dans la résolution finale. On se demande souvent pourquoi tout est rendu si compliqué alors qu’il aurait pu y avoir des solutions bien plus simples.
Un autre point assez frustrant concerne le manque d’explicitations. Les scènes spicy, les traumatismes, certaines conversations, la hiérarchie des Immortels, les liens familiaux… beaucoup de choses restent dans le non-dit, uniquement suggérées, et cela laisse au final beaucoup de zones d’ombre.
En plus de cela, le rythme est très lent : il ne se passe pas grand-chose avant la moitié du roman, et l’on reste dans une sorte de flou permanent. On suit un couple perdu dans les non-dits, dans un univers qui se veut complexe mais qui manque d’explications pour être pleinement maîtrisé.
Et si mon avis peut sembler négatif jusque-là, j’ai tout de même passé un bon moment de lecture. La frustration vient surtout du fait que l’histoire avait énormément de potentiel. L’intrigue politique, par exemple, s’avère en réalité bien plus simple que ce que l’on pensait. La résolution arrive assez tardivement, mais à ce moment-là, le rythme s’emballe enfin et les pages se tournent toutes seules. Malheureusement, on y trouve aussi quelques facilités scénaristiques, notamment avec l’arrivée de certains personnages, ce qui manque parfois de logique.
Malgré tout, je me suis laissée porter par l’histoire, et je ne regrette pas d’avoir lu cette suite. Mais je trouve dommage que tant de questions restent sans réponses. Je pense que l’intrigue aurait gagné à être simplifiée, avec un worldbuilding plus solide et une romance plus présente.
En résumé, ce deuxième tome m’a laissé un goût d’inachevé. L’univers est sous-exploité, et c’est bien dommage, même si la plume remarquable de l’autrice rend la lecture toujours aussi agréable. Une suite en demi-teinte, donc, qui m’a plu malgré tout, mais dont j’attendais davantage.