Drones, logiciels prédictifs, vidéosurveillance algorithmique, reconnaissance faciale: le recours aux dernières technologies de contrôle se banalise au sein de la police. Loin de juguler la criminalité, toutes ces innovations contribuent en réalité à amplifier la violence d'État. Elles referment nos imaginaires politiques et placent la ville sous contrôle sécuritaire. C'est ce que montre ce livre à partir d'expériences et de savoirs forgés au cours des luttes récentes contre la surveillance policière. De l'industrie de la sécurité aux arcanes du ministère de l'Intérieur, de la CNIL au véhicule de l'officier en patrouille, il retrace les liens qu'entretient l'hégémonie techno-solutionniste avec la dérive autoritaire en cours.
Il est intéressant de comprendre pourquoi il faut refuser complètement cette vidéo surveillance et la reconnaissance faciale, et non pas l'accepter "si elle est régulée", surtout dans un monde de plus en plus autoritaire.
"...si nos grands-mères et nos grands-pères avaient dû vivre au début des années 1940 dans un monde saturé des technologies qu'ils fabriquent et promeuvent, sans doute n'auraient-ils pas survécu plus de trois semaines en clandestinité. Et ils n'auraient à coup sûr pas été en mesure d'organiser des réseaux de solidarité dissidents capables de résister au régime nazi. Si nous refusons la Technopolice, c'est parce qu'elle est tout simplement incompatible avec la défense des formes de vie démocratique."
Première apparition du collectif via le recueil excellentissime « Défaire la Police » (2021) dans le chapitre « Tout le monde déteste la Technopolice ». Excellent d’avoir pu en découvrir davantage.. l’enquête se termine sur une liste d’échecs qui ne peut qu’inviter à résister toujours plus. ACAB tous les jours de la semaine et Siamo Tutti Anti SmartCity ! À lire !
Je me serais pas attendu à ce qu'un livre sur le rôle de l'intelligence artificielle dans la violence policière me donne un essaie sur les effets de la masculinité toxique sur les amitiés entres hommes et une critique du spécisme, mais le GOAT Félix Tréguer est arrivé à le faire sans pour autant sacrifier la cohérence de son texte. Un auteur à découvrir absolument si vous ne le connaissez pas déjà.
J'ai mis du temps à écrire cette review. C'est un sujet dont j'ai peu de connaissances, et j'avais peur de me faire avoir par un seul point de vue, ou de ne pas comprendre certaines données.
L'auteur est un chercheur du CNRS et membre de La Quadrature du Net, une association de défense des droits et des libertés humaines qui milite et résiste face à une informatisation du monde qui tend vers sa surveillance généralisée. C'est dans un récit à la première personne qu'il nous propose des exemples parlants sur ce sujet, étant un témoin direct oculaire et/ou participant, ainsi que des réflexions sur les instances gouvernementales et privées.
On accompagne un policier de Denver dans sa patrouille, on infiltre un gala de lobbying, on dénonce les insuffisances de la CNIL ; tout ça pour mener à un constat : la montée d'une surveillance technologique toujours accrue, qui n'empêche pas les marges d'erreur ou la délinquance, mais qui ressert un étau étatique qui se fantasme totalitaire et qui sert toujours un capitalisme qui s'y allie facilement. Le parallèle avec la WWII est peut-être un peu trop facile (comment résister avec la reconnaissance faciale?), celui avec le Panopticon est indispensable, et celui avec la Chine est évident dans son altérité comme dans sa fascination pour certains acteurs du marché de la Smart City.
Un livre sur l'avancée de la surveillance policière au mépris de la protection des citoyens, particulièrement en France. Le livre ne se lit pas spécialement facilement (on enchaine des explications de lois avec des anecdotes personnelles puis des faits d'actualités), mais permet de retracer les avancées de la technopolice de ces dernière années. Très intéressant pour se rendre compte d'à quel point on se fait voler notre liberté sans que cela ne gène grand monde.
Livre très informatif. L'auteur utilise des expériences personnelles (dans des salons, rencontres etc.) pour illustrer le jeu d'acteurs qui mettent en place ce qu'il appelle la "technopolice". Pour mon goût, il a passé un peu trop de temps sur ces récits personnels, et j'ai trouvé l'ordre du contenu pas toujours cohérent. Quand même, le livre valait le coup.