infra/seum, second recueil de Douce Dibondo apèrs métacures, est la colère mise en poésie. Comment dire la rage qui nous habite face aux violences structurant nos vies et intimités ? Comment exprimer les parts monstrueuses qui habitent nos ombres ? Par un travail de la langue comme provocation, de la torsion du vocabulaire et de l'espace, l'autrice explore les continents du seum et ce qu'il fait à nos corps et à nos êtres. La poésie devient un miroir cru, ambivalent et précis d'un regard posé sur les mondes. À l'inverse d'une analyse binaire, Douce Dibondo navigue la complexité des rapports sociaux et la façon dont ils s'imprègnent des dominations. Par là, elle élabore une poésie dangereuse contre les illusions du monde et notre propre violence.
Des maux mis en pages. La rage faite mots. Une rage de chair et de sang, de fiel et de larmes, Douce Dibondo nous livre son âme écorchée. Les sentiments d'injustice et de frustration de l'état du monde en mots : le seum
J'ai eu la chance de rencontrer Douce Dibondo en librairie et la double chance qu'elle lise ses mots au public. Donc lors de ma lecture j'avais la texture et la tonalité de sa voix en tête, et je pense que cela rend l'expérience de lecture encore meilleure. Je vous souhaite de la rencontrer lors d'une lecture, elle est envoûtante. Que faire de son seum ? L'utiliser comme énergie pour agir évidemment
Percutant. Puissant. Viscéral. Un instrument à percussion. Les mots sont éclatés, écartelés, disséqués pour en faire sortir toute la radicalité. 💥 « J’EN APPELLE À LA POÉSIE HUMIDE ET ÉLECTRIQUE. J’EN APPELLE À UNE POÉSIE FÉROCEMENT DANGEREUSE. »
Écriture colérique super instinctive. J’aime beaucoup la manière qu’à Douce d’inventer des mots, des syntaxes, des tournures de phrase… (pas toujours accessible toutefois) J’aime aussi l’idée de non binarité dans les sujets abordés qui ont comme seul point commun le fait de créer ce tourbillon de mot en elle/nous. Je trouve néanmoins que certains effets de styles de mise en page sont un peu gratuits, dommage parce que poussé un peu plus loin ont aurait pu assimiler ça à une poésie sonore/émotive soit une vision moderne du travail de Filippo Tommaso Marinetti.
La taille du banger est incommensurable. Ça faisait bien longtemps que j'avais pas lu de poésie, je savais même plus trop si j'aimais ça. C'est bon, je sais.