Et si le meilleur moyen pour écrire sa vie et être libre consistait à refuser les injonctions chargées d’illusions et de contre-sens que nous propose le développement personnel pour suivre le chemin, certes plus ardu, mais plus lucide, que nous propose la philosophie ? «Être l’auteur de sa vie» est un leitmotiv des ouvrages de développement personnel. La maxime de Pindare, « deviens qui tu es», se décline partout : titres d’essais, slogans publicitaires, mantras sur les réseaux sociaux… Après avoir dénoncé dans Où donc est le bonheur ? l’injonction tyrannique au bonheur de notre société comme meilleur moyen d’être profondément malheureux, Marianne Chaillan se demande si nous ne faisons pas à nouveau face à une imposture qui, loin de tenir sa promesse d’aider à vivre, peut s’avérer redoutablement maltraitante. Et si, avec cet impératif de liberté adossé à un culte illusoire du moi nous nous promettions paradoxalement à la plus grande servitude ? D’une écriture limpide et ciselée, bourrée de références passionnantes (entre philosophie, pop-culture et littérature), ce livre pose la question : que nous appartient-il finalement d’écrire de nos vies ? Que choisissons-nous ? Notre destin est-il déjà scellé ? L’endroit et l’époque où l’on naît, notre famille et son passé, tous ces faisceaux de déterminismes ne dessinent-ils pas, pour nous et par avance, les lignes de notre histoire ? Peut-on alors réellement réussir, et comment, à emprunter un chemin de libération pour écrire sa vie ?
Cet essai a pour thème la façon dont chaque individu mène sa vie, de sa naissance à sa mort. Chacun subit l’influence de son milieu d’origine, de ses parents, de sa culture pour ensuite faire des choix, apprendre, travailler, rater, recommencer en prenant certains risques ou en n’en prenant aucun pour arriver plus vite qu’on ne le pense à l’âge du bilan.
C’est un bon livre dans l’ensemble. Il est difficilement critiquable car la structure est bonne, les arguments irréfutables, les exemples concrets et les citations pertinentes. Mais j’ai 42 ans et j’ai lu des livres depuis mon adolescence : le stoïcisme, l’anecdote du garçon de café de Sartre, les années d’Annie Ernaux et les paroles de Né sous la même d’IAM…tout ça, j’ai grandi avec. Pour moi, pas vraiment de nouveauté. Tout cela est assimilé ou bien ce ne sont que de simples rappels. Le livre est court et facile à lire donc je l’ai quand même terminé car c’est un chouette bouquin et parce que j’aime bien Marianne Chaillan.
Notes pour moi-même :
« L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons de nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous. » Sartre
« La raison est elle-même affective car comprendre produit de la joie. Cette joie peut vaincre la tristesse liée à la servitude, car une joie dont je suis la cause sera plus puissante qu’une tristesse dont je ne suis que la cause partielle. Ainsi la liberté passe par la connaissance et peut permettre d’atteindre, degré par degré, la béatitude. » Marianne Chaillant
« En prenant conscience des lois auxquelles un affect est soumis, c’est passer à son égard d’une position de passivité à une position d’activité. Et c’est précisément dans cette activité que consiste la liberté. » Marianne Chaillan
« Notre élan vital peut être orienté, à la hausse ou à la baisse, par la compréhension que nous faisons de ce qui nous arrive. Comprendre les enjeux de ce que nous traversons nous libère des passions tristes (ressentiment, colère, jalousie…) et augmente la force de notre conatus. Nous sommes plus actifs tout en restant dans un régime de déterminisme. Notre existence atteint alors un plus haut degré de liberté.» Marianne Chaillan
Dans Écrire sa vie, Marianne Chaillan propose une réflexion riche mêlant philosophie, sociologie et questionnement sur le déterminisme. Elle déconstruit avec finesse l'idée, aujourd'hui omniprésente et plébiscitée, du développement personnel et de la quête de soi, où chaque individu serait maître de son destin.
J'ai toutefois ressenti une légère frustration au début de ma lecture : ne pas avoir lu Antigone avant d'entamer cet essai m'a semblé presque un handicap. La culture pop, pourtant évoquée, peine à rivaliser avec Œdipe, Antigone, Descartes ou encore Épictète, qui dominent très largement les références de l'ouvrage.
Elle y parle de l'acceptation (ou résignation, je suis pessimiste) pour mieux vivre les épreuves de la vie et accepter ce que le quotidien nous donne (et nous retire).
L'une des idées qui m'a particulièrement marquée est celle du conditionnel passé comme « temps qui nous dévoile à la fois nos possibles et notre responsabilité dans ce que nous aurons choisi d'écrire ou de laisser sombrer dans le néant ». Une réflexion puissante sur nos choix et par conséquent, nos renoncements.
J'ai été heureuse (si ce n'est soulagée) que l'autrice convoque enfin Bourdieu, Passeron et Durkheim à partir de la moitié du livre. Licence de sociologie en poche oblige, j'avoue m'être un peu impatientée avant d'y arriver.
Chaillan y met en lumière la tension entre la quête d'autodétermination – mythe entretenu et fantasmé par notre société – et la réalité statistique de la reproduction sociale. Le libre arbitre n'est pas absolu, la volonté seule ne suffit pas.
Finalement, Écrire sa vie nous rappelle que si nous ne pouvons pas tout maîtriser, nous restons libres d'écrire ce que nous avons vécu, de nous réapproprier notre histoire et d'en façonner le récit à notre manière.
C’est un essai philosophique très intéressant et qui permet de se rapprocher de la philosophie, des grands noms très simplement avec des exemples très simples, connus dans la culture pop. Ce fut une lecture très intéressante, qui se lit facilement et qui pousse simplement à la réflexion.
Écrire sa vie propose un recul sur tout le développement personnel auquel nous nous retrouvons. Confrontés sur tout via les réseaux sociaux. J’ai aimé ce questionnement, car là où on nous pousse à devenir nous-même, nous renferment en quelque sorte dans une sorte d’identité. Mais c’est aussi une réflexion intéressante qui nous permet de prendre aussi du recul sur le fait que nous ne pouvons pas toujours être le maître de notre propre navire : les conditions extérieures, nos relations, notre passé, notre enfance, tout cela a forcément (sans que nous nous en rendions compte) des impacts sur nos choix-là ou l'on pense être libre de tout.
J’ai aimé l’introspection que ce roman entraîne doucement et que l’autrice ne soit pas du tout culpabilisante. J’ai aimé que sa réflexion reste très simple et abordable, tout en nous connectant à la philosophie des grands noms. J’ai aussi beaucoup apprécié le côté personnel parfois de ce roman qui permet d’avoir l’impression tout au long du roman d’être dans une conversation simple, naturelle et pertinente.
Un essai à découvrir pour prendre du recul dans cette société qui a des tendances à nous culpabiliser sur bien des aspects !
Facile à lire, c’est comme un cours de philosophie de terminal (merci louise de ta perspicacité elle est en effet prof 🥲).
Les chapitres sont assez classiques et contrairement à ce que je pensais elle ne présente pas sa propre thèse mais elle introduit différentes thèses sur son sujet (= déterminisme/liberté).
On a des chapitres sur les stoïciens, sur Sartre, Spinoza etc… et elle illustre les théories par des exemples de sa vie. Lisible en terminal car elle fait des rapprochement avec le programme qu’elle fait justement au lycée. C’est une belle somme, manque peut être dephilo contemporaine (ex. ne cite que des gens morts à l’exception de Horvilleur).
J’ai trouvé ça ok, pas révolutionnaire mais très chouette et acessible à qui s’intéresse sur le thème et n’a pas forcément de bagage en philosophie.
Autre reproche : même si elle parle un peu de Bourdieu, je trouve qu’elle reste dans une philo très intellectuelle et pas très proche de la société et de l’autre (mais après certaines personnes apprécient cette approche de la philosophie, moi un peu moins mais c’est très perso).
Livre écrit par une prof de philo de Marseille mais abordable car plein de références de chansons, situation de la vie quotidienne, auteurs connus qui parlent au lecteur. Avis de philosophes célèbres sur le sujet principal : quel est la part de déterminisme dans notre vie ? Quelle est notre liberté d'action ?
Une belle réflexion sur nos choix conscients ou non. L’opportunité de s’interroger sur nos envies, chemins et choix de vie. Un pur moment de bonheur suspendu dans mon quotidien.