« Roman de gare est à même de fournir un loisir ou une distraction salutaire à ceux qui n’attendent plus grand-chose de la littérature et de la vie en général. Il aura cet avantage de leur faire voir du pays sans les désagréments relatifs aux voyages.
Attention, il ne s’agit pas d’un roman inspirant sur le thème de la résilience. »
Deux hommes, une gare, un train. Un roman qui part en retard, s’arrête sur les voies et finit en eau de boudin.
Quelle belle histoire ! J’ai connu Philibert Humm par Roman fleuve récemment. Tombé amoureux de son style, je n’ai pas hésité à acheter son deuxième roman : comme j’ai bien fait ! J’ai retrouvé dans Roman de gare tout ce qui m’a plu dans Roman fleuve : un style soigné, une maîtrise précise de l’humour, toujours avec mesure. Je ne me suis jamais lassé, tant l’écriture de l’auteur sait alterner les passages de récit et ceux de digressions. Les descriptions des paysages font voyager en même temps que les aventuriers. Les dessins parsemés au fil des pages ajoutent de la poésie, parfois de l’humour. C’est très réussi !
Quelle lecture ! Philibert Humm nous entraîne dans une course à l’aventure de Villeneuve à Marseille. A bord des trains de marchandise, on suit le fil des jours et des digressions, toutes plus géniales les unes que les autres. Le récit est si intelligemment déroulé qu’on se sent presque hobo/philosophe à bord de ces trains.
J’ai retrouvé le même plaisir de lecture que pendant Roman Fleuve (les quelques allusions m’ont d’ailleurs fait sourire) et attends avec impatience un prochain ouvrage.
Ce livre est destiné à tous les lecteurs, amateurs d’aventure ou non, aux lecteurs fâchés avec le passé simple, le subjonctif imparfait et les notes de bas de page et à tous ceux qui pensent que lire est forcément ennuyeux. Vraiment, lisez cette pépite.
Bon. Une bonne critique contient forcément des commentaires négatifs, donc les voici, je me lance. Alors pardon, je sais que ça fait du mal, ça démystifie la lecture, ça fait de la peine à l'auteur, mais la vérité avant tout. Alors voilà, sans prendre de pincettes (d'ailleurs qui se sert encore aujourd'hui de pincettes en fait ?) : c'est trop court. Voilà pour le négatif.
Dès le mot de l'éditeur le ton est donné. J'avais vraiment adoré Roman Fleuve, et crains un peu ici une redite. Et bien bonne surprise, malgré les mêmes ficelles reprises dans ce Roman de Gare, la magie a opéré de nouveau. Rien que les notes de bas de pages valent la peine d'ouvrir le livre. Encore une fois, j'ai ris à voix haute. Alors je sais que je suis bon public, comme les enfants, il en faut peu pour me faire rire, mais à voix haute, il faut quand même se lever tôt. Ça tombe bien, les aventuriers comme Philibert Humm ne connaissent pas la grasse matinée, il le dit lui-même.
L'auteur a la verve facile, très pince-sans-rire. C'est clairement le genre d'humour qui me parle, mais ne plait pas forcément à tout le monde. Comme dit dans ma critique de Roman Fleuve : il ne se prend pas au sérieux, et possède un véritable don de mise en scène de non-évènements !
Comme un Hobo. Un écrivain pétri d’idéal se doit de payer de sa personne. Philibert Humm fait partie de cette espèce exceptionnelle. Même mieux : c’est un écrivain-voyageur (le tiret ici compte car il indique le méridien, le chemin d’une carte IGN ou un point cardinal au choix, et surtout il mêle les deux noms pour en faire un tout neuf). Humm, donc, nous amène à travers la France le long des voies ferrée, à bord de trains de marchandise en complète clandestinité (activité totalement illégale et passible de poursuite judiciaire qu’il convient de souligner pour tout lecteur un peu trop naïf ou influençable).
L’aventure n’a pas de prix. Ce qui est pratique, surtout quand on a plus un sou. Ainsi, voilà l’auteur, fort de son premier succès couronné par un véritable prix Interallié avec Roman Fleuve où on suit une bande de joyeux imbéciles dans une farouche remontée de la Seine à la voile (un rideau de douche en fait) à partir d’Issy les Moulineaux ou de ses environs jusqu’à son embouchure ; voilà, dis-je, l’auteur poussé cette fois par ses camarades de bistrot qui trouvent l’aventurier un peu trop sédentaire pour être honnête. Piqué au vif et par son banquier qui réclame le remboursement d’un fade découvert, l’aventurier reprend la route, ou plutôt le train.
Roman ou témoignage ? C’est une question qui mérite d’être posée à ce stade de la critique. Les anecdotes sont trop simples pour être inventées. (le lecteur espère juste que les noms ont bien été modifiés pour ne pas couvrir de honte les personnages mentionnés dans le texte). De nombreux rebondissements (de faible amplitude il faut le dire) mènent Philibert et Simon – renommés pour la beauté du geste Buck et Callaghan – de gare de triages à une province authentique. Tout (ou presque) y est : le bistrot, la vieille en embuscade derrière son rideau, les gendarmes, les romanichels et les fêtes de village.
Tout ce beau monde évolue dans un monde parallèle, ni ville ni campagne, une zone qui n’a pas d’importance. Au fond ce qui compte est plus l’attente, l’inconfort et l’imprévu que suscite l’aventure
Ce n’est plus une surprise, Philibert Humm, héritier de Frédéric Dard est passé maître dans le burlesque de l’infiniment petit, un poète de l’amitié vacharde et dans un texte frais et enlevé fait entrer une bouffée d’air frais dans les chaumières pour cet automne. S’il y avait un prix littéraire du n’importe quoi et du foutraque, Roman de Gare serait le lauréat et on en parlerait beaucoup plus que le prochain Goncourt.
Thomas Sandorf
PS : pas besoin d’apprécier le modélisme pour lire cet ouvrage.
J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur récemment et il faut dire qu’il est encore plus drôle en vrai! Je respecte beaucoup sa façon de manier les mots aussi aisément et avec humour. Philibert Humm est très agréable à écouter et arrive à respirer à la fois la joie de vivre et le sarcasme le plus profond.
Il faut le dire, avant Roman fleuve et Roman gare, je n’avais peut-être jamais lu d’ouvrage à prétention humoristique de ma vie. Or, ceux-ci se lisent avec facilité et l’humour mordant m’a agréablement surprise. J’aime vraiment cette façon de rire avec des grands mots, des conjugaisons dans des temps que plus personne n’utilise, tout en restant dans l’auto-dérision. Le contraste donne un beau résultat. Je recommande à celles et ceux qui, comme moi, n’ont jamais osé mettre un pied dans la littérature humoristique. De plus, les sujets en eux-mêmes sont originaux et valent le coup d’œil. Le seul élément qui me refroidit est cette manière de ne voir les animaux que comme des créatures bonnes à être mangées mais je suppose qu’il rirait de ma sensibilité.
En bref, son érudition mêlée d’humour est plutôt admirable. Il s’exprime dans un très beau français tout en gagnant le pari de tirer quelques sourires -ou rires!- de ses lecteurs.
« Je n’oublierai rien de ces images qu’il nous fut donné d’attraper au vol. Elles sont devenues mes très les plus chers et j’espère bien les emporter avec moi jusque dans la tombe, avec aussi l’odeur des foins coupés. Voilà, au fond, pourquoi je vous raconte tout ça, voilà pourquoi j’écris: pour que ces souvenirs me survivent et jamais ne s’estompent. »
Roman de gare combine à la fois l'aventure, l'amitié et les considérations philosophique, dans un style et un scénario hilarant. Philibert, jeune auteur amateur de biscuits à message et de mots croisés, embarque son ami Simon dans une aventure ferroviaire. Les deux amis, renommés pour le style Buck et Callaghan, se prennent au jeu de devenir des hobos des temps modernes, vagabonds qui èrent de gares en gares, et se cachent dans des wagons de marchandise au petit bonheur la chance. J'ai beaucoup aimé ce roman, très drôle, qui met en scène de vrais aventuriers du quotidien. Pas besoin de faire le tour du monde pour partir à l'aventure, il suffit de se prendre au jeu. J'ai bien aimé découvrir l'univers et le style de vie hobo. J'ai beaucoup aimé les passages philosophiques sur le sens de la vie, durant les attentes interminables cachés dans la gare de triage. Une bonne suite à Roman fleuve, qui était tout aussi drôle.
Plus entre 3,5 et 4/5 étoiles parce que c'est un peu répétitif/lassant à force, autant les (non)- événements que l'humour (absolument hilarant au départ, mais sur la longueur, on ne se surprend plus qu'à sourire, même si l'auteur impressionne par sa capacité à rebondir par l'autodérision et des pirouettes langagières au poil quasi tous les paragraphes, si ce n'est toutes les phrases !), mais c'est le propre de ce type d'aventures que l'auteur a réussi à pasticher avec brio. Il a vraiment l'art de la formule et un talent d'écriture indéniable et c'est un vrai régal de le lire pour ça. On frémit quand même à l'idée qu'il ait réellement vécu cette aventure, même s'il l'a probablement enjolivée ici.
A delicious way to while away a couple of hours. Determined to impress his bar-fly chums, the author pairs with an oafish childhood friend, Simon, to try out the mythical hobo life. They hide in a train depot, and smuggle themselves onboard freight trains for a few days. Whether their adventures have any basis in reality is irrelevant: what Humm is after is a picaresque tale of 2 dissimilar free spirits confronted to the myriad discomforts of life on the margins of society. Lightweight but utterly charming.
Je trouve l'exercice assez difficile, écrire un roman humoristique. Je suis assez exigent sur le sens de l'humour, je ne ris pas facilement de bon coeur en lisant, et là il y a des passages que j'ai trouvé rigolos, mais je n'ai pas été complètement convaincu. J'ai quand même bien aimé l'idée, et j'ai suivi l'histoire avec plaisir !
Style d’écriture assez étonnant et rempli d’humour. Ce style permet de tenir en haleine pendant les 3/4 du livre mais l’histoire est trop creuse et trop sujette aux répétitions de ce style d’écriture pour en faire un bon livre jusqu’à la fin. Chapeau à l’auteur pour ses dictons : « il n’y a rien de plus courageux qu’un homme qui s’arrête après la première cacahuète. »
Sympathique mais comme le premier roman de l'auteur, extrêmement répétitif. A la longue, la blague ne fait plus sourire... Je serais curieuse de lire Philibert Humm dans un registre plus sérieux, car sa plume n'est clairement pas mauvaise du tout !