Ô Karim de Janine Teisson, présentation Deux personnes attentent à la vie d’un juge de Montpellier dans un accident de voiture planifié.
Halima est arrêtée.
En 2016, son frère Karim est mort à Alep.
Avis Ô Karim de Janine Teisson Ô Karim est un roman consacré à un enfant, devenu adolescent puis jeune adulte, qui est mort en Syrie, enrôlé par des criminels, des terroristes.
C’est la soeur de Karim qui rend hommage à son frère. Suite à l’accident de la route d’un juge, accident reconsidéré en tentative de meurtre, elle a été arrêtée et interrogée. Elle est médecin à Montpellier. Elle est amoureuse. Algérienne, elle se bat contre tous les diktats de son pays, contre les musulmans intégristes. Elle est le seul soutien de sa mère, lorsque le décès de Karim leur sera annoncé et que le corps ne leur sera pas rendu.
Halima va raconter l’histoire de son petit frère, Karim, Ils ont 5 ans d’écart. Elle va l’éduquer pour qu’il respecte les femmes, qu’il ne soit pas considéré comme un petit prince, qu’il s’ouvre au monde, aux arts. Et ce sera jusqu’à cette arrestation et l’emprisonnement de son frère. A ce moment-là, elle va le voir changer, se renfermer, ne plus être ce jeune adulte promis à un bel avenir après avoir passé le bac.
En garde à vue, pendant plusieurs jours, elle racontera la vérité mais elle n’a rien à dire. Elle saura au fur et à mesure et protégera une personne qui a été très proche de sa famille.
C’est également l’histoire de ce graffeur qui a été proche de Karim et dont les tags sont de nombreux tableaux.
Outre l’intégrisme qui pullule en prison, dans les quartiers, les enrôlements de force, ce livre relate le racisme contre les communautés étrangères, même si ces personnes sont nées en France, contre ceux qui sont différents même s’ils ont réussi. C’est également un problème de justice, de juges qui font, eux aussi, preuve de racisme et qui prononcent des sanctions très lourdes par rapport aux faits.
Ce roman est très intéressant à lire, même si ce n’est pas un coup de coeur. Malgré l’éloignement de son frère, Halima ne lui en veut pas mais elle veut que sa mort soit expliquée, pouvoir l’enterrer pour que sa mère et elle puissent faire leur deuil. Halima veut connaître la vérité. Halima veut que les injustices soient reconnues. Halima souhaite que cet intégrisme ne soit pas le plus fort, que l’on se batte contre, que ces personnes là n’ont pas tous les pouvoirs, qu’ils arrêtent de faire peur, qu’ils arrêtent de menacer. Oui, il pleure son frère, elle lui rend hommage, car ce gentil garçon n’a jamais su dire non, il était trop sensible, il n’a pas eu le temps de s’aguerrir, de se forger un caractère.