Au cinéma ou dans les séries, les figurants sont toujours flous, de dos ; ils ne font que passer. À la fois invisibles et indispensables, ils font partie de l’image, de sa fabrication, de son réalisme, mais doivent se fondre dans le décor. Avoir l’air vrai sans se faire remarquer.
En transposant le plateau de cinéma sur une scène de théâtre, Delphine de Vigan leur offre le premier plan, le premier rôle, le devant de la scène.
Cécile, Orso, Bruno, Joyce et Nora se rencontrent sur un tournage. Ils sont plus ou moins dirigés par un assistant totalement débordé. Peu à peu, les rôles s’inversent…
Et si nous étions, tous, les figurants d’une vaste histoire qui nous dépasse ?
Romancière, Delphine de Vigan a notamment publié Rien ne s’oppose à la nuit, D’après une histoire vraie, Les gratitudes et Les enfants sont rois. Les figurants est sa première pièce de théâtre.
Delphine de Vigan is an award-winning French novelist. She has published several novels for adults. Her breakthrough work was the book No et moi (No and Me) that was awarded the Prix des Libraires (The Booksellers' Prize) in France in 2008.
In 2011, she published a novel Rien ne s'oppose a la nuit (Nothing holds back the night) that deals with a family coping with their mother's bipolar disorder. In her native France, the novel brought her a set of awards, including the prix du roman Fnac (the prize given by the Fnac bookstores) and the prix Renaudot des lycéens.
Je l'ai fait avec plusieurs personnes sous forme de théâtre à table. Un texte qui semble léger mais qui soulève plusieurs questions de société. J'ai bien aimé les enchaînements, les explications des syndromes (le fact dumping est parfait), le développement des personnages (Joyce en particulier) et la reprise de la rencontre du début sous forme de dialogue entre les deux grand.e.s acteu.rices.
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Un texte très intéressant avec de nombreuses mises en abîme et métaphores de la société à travers le monde complexe du cinéma. Ce microcosme est bien analysé par l'autrice à travers ses figurants qui sont enfin mis en avant comparé aux acteurs principaux relégués à des voix off. Il faudrait vraiment voir la mise en scène pour que toute la profondeur du projet soit révélée.
Comme dans ses romans, Delphine de Vigan s’intéresse aux personnes laissées-pour-compte. Cette pièce est à la fois simple et riche. La mise en scène devrait davantage rendre compte du message de la pièce.
Du théâtre qui se laisse vraiment bien lire. J'ai pris un réel plaisir à renouer avec le genre cette fois. J'aurais pu pousser jusqu'à 4 étoiles car j'ai vraiment bien aimé cette pièce et le traitement de son thème, la figuration, un sujet simple et plaisant, mais plus riche que je ne m'y attendais. C'est fluide, assez drôle aussi (je découvre ici la plume de de Vigan), aussi bien au niveau des personnages, de la mise en scène, des dialogues et de certaines situations assez cocasses, tout en suscitant des réflexions sur le monde du travail et ses travers de manière plus large. La fin est pas mal, avec le recul (il fallait bien conclure), mais m'a paru quand même abrupte sur le moment. 3,5/5 disons.
Agréablement surprise, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de théâtre, et encore moins de théâtre si moderne. On reconnaît bien les personnages de Delphine De Vigan, Nora principalement. Ça se lit vite, c’est bien écrit, c’est dynamique et le thème est intéressant, décrit de manière réaliste, j’y ai retrouvé beaucoup d’éléments de mon expérience. Je serai intéressée de voir ce que donnerait la mise en scène, je pense qu’en tant que public le côté mise en abîme et immersion serait original et marquant.
La première œuvre théâtrale de Delphine de Vigan est très intéressante. Une vision tout à fait nouvelle de ces personnages qui sont toujours là mais personne ne les voit ni les remarque. Leurs vies et la banalité de leur jour à jour font de cette œuvre une vision nouvelle mais très vraie du théâtre et du cinéma.