En hommage à la mémoire de son grand-père, symbole de la tradition, contraint de s'éloigner à jamais de la terre de ses ancêtres, le cadet d'une vieille famille française enfermée dans l'image du passé raconte ce qui a été et qui achève de s'effondrer. Le berceau de la tribu, le château de Plessis-Lez-Vaudreuil, est au centre de cette longue chronique qui embrasse, depuis les croisades jusqu'à nos jours, l'histoire du monde, du pays, du clan, de tout ce que la lignée a incarné et en quoi elle a cru, et qui s'est peu à peu effrité. Un mariage d'amour et d'argent, les idées contemporaines et subversives, les livres, les mœurs nouvelles ouvrent successivement des brèches dans la forteresse de la tradition. L'histoire du XXè siècle, avec ses situations paradoxales, précipite la mutation et la décadence d'une famille qui avait su, à travers tous les cataclysmes, maintenir ses privilèges et conserver son charme. Le narrateur n'ignore pas qu'il est le dernier à connaître une forme de vie condamnée. Se jouant de la chronologie et de l'imagination, il brosse avec désinvolture et nostalgie, sur la vaste toile de fond du siècle, une galerie de portraits et de croquis où ne manquent ni l'émotion ni l'ironie. Tout le livre est empreint d'une mélancolie qui lui donne sa résonance et sa poésie. On passe d'un épisode dont l'humour rappelle celui de Proust à une page poignante et presque désespérée. C'est le " regret souriant " et c'est le charme du temps perdu et retrouvé dans le souvenir. C'est ici l'histoire d'une famille imaginaire brillamment repensée, avec une sorte, à la fois, de lassitude et d'allégresse. Le lecteur ne pourra s'empêcher de lui chercher des modèles. Mais au-delà des clés qu'on ne se fera pas faute de découvrir, c'est tout un pan de la société française que nous voyons s'écrouler sous nos yeux.
Leggendo questo romanzo mi è tornata in mente la prima domanda che da bambino mi facevano quando cominciavo ad uscire da solo in giro per il mio paese: ""di chi sei il figlio?"". Tu rispondevi col nome di tuo padre e tua madre e quello, chiunque fosse, di te sapeva più di quello che ne sapevi tu. Si era fatta un'idea del tuo carattere, della tua intelligenza, affidabilità, onestà, possibilità economiche, attitudini e abitudini. E poteva avanzare ipotesi ragionevolmente fondate sui tuoi futuri costumi e sulle tue potenzialità. Perché sapeva della tua famiglia tutto quel che c’era da sapere fino a tre generazioni-ante. Perché il passato conteneva il futuro e quindi, la storia della tua famiglia era la tua storia. E perché con quella in testa si poteva provare a giudicare cose e persone scavalcando ogni partizione del tempo. C'erano molti contro e qualche pro in questo, ma tant'è: funzionava così.
D’Ormesson tenta di tornare a guardare le cose con quell’ottica lì, per spiegare come è successo che quel modo di vedere gli uomini, il mondo, la famiglia sia stato in buona parte demolito. Lo fa raccontando la storia di una famiglia. Forse la sua, forse no; in ogni caso non una famiglia qualsiasi. E la racconta scrivendo su un tono che a quella famiglia si confà, perfettamente armonico col suo status. L'unico aggettivo, credo, che rende l'idea è aristocratico. La nobiltà francese più alta raccontata nella grandezza dell’immagine che ha di sé con la noncuranza, la semplicità raffinata, l’impalpabile eleganza, il malinconico ed ironico disincanto che associamo al sangue più blu, al rango irraggiungibile. E ci fa vedere in che modo l’ottocento (o il medioevo se si vuole) tenta invano di sopravvivere al novecento, nel modo di vedere, di vivere e di vedersi vivere; come tenta di attraversare il nuovo mondo che corre improvvisamente verso ogni tipo di cambiamento, dopo secoli di immutabilità, incedendo impassibile con il sorriso dello sprezzo sulle labbra. Mentre si avvia, con consapevole lucidità, a finire per sempre. Qualcuno accetta le novità e le cavalca. Qualcuno le rifiuta e le vede passare con indifferenza e ripulsa. Nessuno dimentica di chi è figlio e l’immagine di sé e della propria famiglia che gliene viene.
Al centro di tutto, la casa dei genitori e degli avi, che in questo caso è un bellissimo castello: l'illusoria fortezza di tutte le belle infanzie, ""dove tutto è pulito e onorato"" (la definizione non è di D'Ormesson, ma ci sta benissimo). Le prime duecento pagine mi hanno entusiasmato. La Parigi di inizio secolo e quella tra le due guerre vengono rese con una abilità narrativa fascinosa. La figura del nonno è indimenticabile. Le pagine in cui racconta il mistero del triangolo modernissimo tra Pierre, Ursula e Mirette sono una meraviglia. Nella seconda ho sentito un po’ di stanca, anche se la scrittura resta pulita, elegante e quindi la lettura sempre gradevole. Si ripete un po’ nello schema narrativo e nei concetti fondamentali, ecco: questo mi pare il suo limite principale. Nel complesso però è un’ottima lettura, una gran bella sorpresa.
Peu de romans francais sortis depuis les cinquante dernières années m'ont plu autant qu'"Au plaisir de Dieu" (1974) de Jean d'Ormesson. Je trouve étonnant qu'il a trouvé un public si petit. (Au moment où j'écris seulement 196 membres de GR ont signalé qu'ils l'avait lu.) Un problème est qu'il prétend être un hymne à l'honneur de l'aristocratie française qui n'a pas de nos jours beaucoup de partisans. En fait "Au plaisir de Dieu" est un autoaccusation qui se cache derrière un hommage. Il offre bien des moments richement comiques pour libéraux de la gauche ou au moins ceux parmi eux qui comprennent les sous-entendres. "Au plaisir de Dieu" raconte l'histoire de la famille Rémy-Michault entre la première croisade (1096) et l'avènement au pouvoir de Georges Pompidou (1969). Le narrateur qui appartient à la famille est né en 1904. Il souligne le fait que chez les Rémy-Michault la famille a toujours compté pour plus que l'individu. Il choisit donc de ne pas divulguer son nom. Ses actions et ses gestes sont tous d'importance mineur. Le narrateur explique que les Rémy-Michault n'ont pas de doctrines mais plutôt des sentiments. Surtout, comme Talleyrand ils regrettent la douceur de la vie d'autrefois: "Qui n’a pas vécu dans les années voisines de 1780 n’a pas connu le plaisir de vivre. " Ce qu'ils veulent le plus c'est le maintien des privilèges de leur classe. Les Rémy-Michault pensent que le peuple aimait les nobles parce que les nobles les aimaient. Les Rémy-Michault avec très peu d'exceptions croient un Dieu parce qu'il a crée de si beaux êtres comme eux: "Dieu reconnaissait toujours les siens. Par une chance incroyable, les siens; c'étaient les nôtres." (p. 130) Pourtant, après la deuxième grande guerre mondiale quand l'Église cesse d'être une ligne de défense contre la société moderne, les Rémy-Michault commencent à abandonner la foi. Le narrateur cite constamment les auteurs catholiques et monarchistes qu'ils considèrent comme des alliés: Paul Claudel, Léon Daudet, Alfred de Vigny, Joseph de Maistre, Octave Feuillet, Barbey d'Aurevilly, Maurice Barrès, Charles Maurras, Joseph Malègue, François Mauriac, Edmond Rostand, et, le plus grand de tous, François-René de Chateaubriand. Dans l'ensemble, ces auteurs catholiques, sont très peu connus de nos jours. Par contre es auteurs ennemis sont très bien connus: André Gide, Jules Romains, Marcel Proust, Émile Zola, Victor Hugo, Honoré de Balzac, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Tristan Tzara et Maurice Sachs. Les plus grand démons sont Sigmund Freud, Karl Marx et John Maynard Keynes. Ce que j'ai trouvé curieux c'est qu'il n'a mentionné qu'une seule fois l'écrivain Georges Bernanos qui était un ultra-catholique et un monarchiste fervent. Est-ce que l'Ormesson n'a pas apprécie le fait que Bernanos a vivement critiquée Maurras, Claudel et Daudet pour avoir appuyé Franco et après le régime Vichyssois. Aussi il faut signaler que la manière dont d'Ormesson voit les relations entre la noblesse avec le mouvement fasciste et leurs gestes sous l'occupation ne s'accorde pas avec celle de la gauche française qui prétend toujours que les nobles avaient des grandes sympathies pour les fascistes et le régime de Pétain. Dans le roman d'Ormesson cependant la plupart les membres du clan Rémy-Michault s'acquittent très honorablement; c'est-à-dire après avoir flirté avec le fascisme pendant les années vingt et trente, il se rallient à la résistance de Charles de Gaulle une fois que la France tombe. Il y a des gens qui vont dire que d'Ormesson va un peu loin dans son effort de réhabiliter la noblesse française mais c'est certain que sa version est plus proche de la vérité que celle qui a été longuement véhiculé par le parti communiste francais. L'apologie de la noblesse que fait d'Ormesson est de dire que les nobles ne sont pas mauvais mais qu'il y a aussi des mauvais parmi eux. Il ne dit pas que la noblesse joue un role positif malgré la longue tradition qui insiste que la noblesse doit avoir un part du pouvoir dans une politique saine. Selon cette thèse élaboré d'abord par Polybe (220 av. J.-C. à 140 av. J.-C.) mais soutenu par Locke, Rousseau et d'autres philosophes modernes, l'aristocratie est un contrepoids contre la monarchie qui a tendance à devenir la tyrannie et contre la démocratie qui a tendance à devenir l'ochlocratie (où la foule impose sa volonté). Si d'Ormesson n'a pas présenté cette thèse bien connu, il faut penser qu'il y croyait pas. Son apologie de sa classe est finalement très molle. La fin du roman est peu joyeuse. La famille Rémy-Michault s'éteigne avec la présidence de Charles de Gaulle. Quand le grand héros de la Résistance francais quitte le palais de l'Élysée la famille n'est plus; il ne reste que des individus de la ligne biologique des Rémy-Michault.
"Se preferite, sono il giornalista della mia famiglia, il testimone dei suoi sogni e delle sue follie, il cronista di quel mezzo secolo in cui essa ha cercato di sopravvivere a se stessa in mezzo agli sconvolgimenti."
Personaggio davvero interessante, Jean D'Ormessson. Uno che deve aver amato molto la vita, cogliendone ogni sfumatura con divertita gentilezza e intelligenza. E ci vuole una certa dose di coraggio, o forse di affettuosa sfrontatezza, a fare quello che ha fatto lui con questo libro: con delicata ironia racconta una famiglia molto simile alla sua e un mondo che non c'è più. Una famiglia che ha amato appassionatamente come unità e singole persone, ricca di personaggi memorabili (il nonno, Mirette, Ursula), di cui coglie e racconta acutamente la condizione di privilegio, lo spregio per qualsiasi forma di modernità o trasformazione, il tenace aggrapparsi al passato e a un mondo che non esiste più. Con il suo linguaggio aristocratico, elegantemente semplice e deliziosamente ironico, D'Ormesson osserva queste persone e il loro "milieu", praticamente circoscritto al castello di famiglia, le ama, ma non fa loro sconti. Un osservatore esterno che ammira la potente opera del tempo, le piccole transizioni che portano a grandi cambiamenti, l'inadeguatezza di persone abituate a stare - per condizione naturale - in cima a tutto e tutti, persone cui tutto è dato da sempre, non come individui, ma come stirpe (di cui fanno parte figure del più alto lignaggio come i servitori) profondamente radicata nel passato, in quanto unica epoca in cui è in grado di sopravvivere. "No, non eravamo ignoranti. Ma eravamo morti. Il tempo ci aveva oltrepassati." E ancora: "Capivamo anche, vi assicuro, quanto fossimo ridicoli. Non la stessa comicità della ridicola grandezza dell’inizio del secolo. La patetica comicità degli sconfitti della vita".
Infine, di tanti libri e autori che vengono definiti proustiani, questo secondo me lo è davvero, o almeno ne ha alcune suggestioni, un'aura, un'atmosfera. Non fosse altro che per il modo in cui vi troneggia il Tempo, vero protagonista.
Heureusement que c’est divinement bien écrit parce que c’est quand même LONG (surtout la fin) Très beau livre (et avec plein d’humour et un regard assez vrai) sur la fin d’une famille qui perd tous ses repères et ce en quoi elle croit, qui réagit comme elle peut face aux événements du XXeme siècle Mais un peu longuet, il se répète ps mal (le temps, le passé, la table en pierre toutes les 4 pages) + j’ai eu un tout petit peu de mal a compatir avec des archi privilégiés qui oh misère ne peuvent plus se payer 7 jardiniers (c’est mon côté socialiste)
C’est un remarquable recueil de souvenirs dont nous fait part Jean d’Ormesson dans « Au Plaisir de Dieu ».
Malgré la multitude des personnages décrits dans ce roman, le lecteur arrive à se retrouver dans l’enchevêtrement des liens familiaux et des branches desquelles sont issus les uns et les autres : Le tout dans un contexte historique marqué par des repères très déterminants.
Les grandes heures de l’histoire d’une famille qui n’arrive pas à se détacher du passé et ne fait point montre d’intérêt à l’égard des évolutions amenées par un avenir toujours imprévisible, et partant le reniement du temps qui passe, au point de se voir en fin de récit complètement dépassée par les événements du siècle.
« Le monde change tout le temps, puisqu’il vieillit. Il change surtout parce que les équilibres de la vie ne cessent jamais de se rompre. Ils se rompent, mais on les maintient, plus ou moins artificiellement, à force de lois et d’habitudes, à force de traditions et de volonté. Et puis tout d’un coup, l’édifice entier à bout de nerfs et de puissance, s’écroule dans une révolution ou une guerre, dans un cataclysme social d’où ne surnagent, et encore, que des souvenirs et des mythes. »
Ballotés de part et d’autres par une multitude de courants religieux et politiques et souvent amenés à prendre des décisions sans conviction aucune, les membres de cette grande famille demeuraient pantois et surtout dépassés par les événements et les grandes révolutions de l’histoire de la France et de l’Europe entre le XIX et la moitié du XXème siècle : En découlent une souffrance et des changements radicaux de prises de position sans résultats probants en fin de parcours, considérés par leurs connaissances, proches et ennemis, comme des bavures irrémédiables.
« Les choses n’étaient plus ce qu’elles étaient. Elles étaient travaillées du dedans, elles se séparaient d’elles-mêmes, elles rompaient les amarres qui les fixaient à l’ordre et elles allaient flotter en pleine mer, ballottées par les vagues du doute et de la contestation, rongées par un sel destructeur du passé. »
Au rythmes de saisons, des années et des siècles : C’est un arbre généalogique fièrement arboré en prélude de ce roman mais qui s’effrite au fil de poignants faits ayant marqué l’histoire et de réclusion des membres qui le forment.
Une saga narrée donc dans un style très prenant, marquée par une certaine richesse des descriptions et une délicatesse prononcée dans l’analyse des faits historiques sous tous les rapports, un texte d’une amplitude appréciable qui se lit avec beaucoup de facilité.
Settant'anni di storia e cultura francese (1900-1970), ma anche uno dei libri più divertenti che ho incontrato nella mia vita. Uno di quelli che ti portano a ridacchiare e sogghignare, a sentirti ignorante e a cercare di informarti per rimediare, a cercare di indovinare citazioni e riferimenti, a leggere ad alta voce frasi e battute a chi ti sta vicino, a sentire la mancanza di certe persone a cui leggerlo. Completo della geniale appendice "Note biografiche sui principali personaggi", di cui cito una voce: "GALILEI Galileo: astronomo toscano. Esita, dopo Copernico, a far girare il sole intorno a noi. Nemico di famiglia."
Après m’être demandé si je n’avais pas fait une erreur en ouvrant ce livre autour des premières centaines de pages dans lesquelles il ne se passe pas grand chose, j’ai soudainement été aspiré et complètement englouti par ce livre qui a réussi à me mettre dans toutes sortes d’états.
Je n’ai aucun lien avec l’aristocratie et je célèbre sa chute comme une victoire de la masse populaire qui a amené du bonheur et des vies plus riches à des millions de personnes. Ceci dit, le conte de la chute de cette vieille famille noble française à travers les siècles est un vrai cadeau laissé par Jean D’Ormesson à quiconque tombe sur son livre.
Le texte est magnifiquement mélancolique, avec une richesse de pensée époustouflante qui raconte certains des grands movements du siècle passé. Je n’ai pas réussi à me décrocher de la lecture une fois arrivé vers la moitié du livre et l’ayant tout juste fini, je peine encore à savoir pourquoi et comment il a réussi à évoquer en moi tant de sentiments et de souvenirs alors que ma situation est tant différente du narrateur. Je pense qu’il y a beaucoup de vérités universelles dans ces pages et je le lis comme un appel à la vie. Le temps s’écoule inexorablement, et le monde change constamment, c’est le devoir de chacun de se forger son chemin au risque de devenir une victime du temps. Et ça ne pardonne pas.
J’ai beaucoup pensé au sorts de tant de personnes qui ont souffert énormément au dernier siècle, qui n’ont peut être pas eu la force, le courage, ou l’intelligence (ou la chance?) de créer leur propre chemin, et de trouver leur bonheur. Cela s’applique à un grand nombre de personnes aujourd’hui aussi, victimes de leur temps, incapables de voir clair au milieu des movements de la vie et du temps.
lol i gave this a two but just because it’s not the books fault it’s mine: i should’ve picked a rapid reading mindset for this book orelse it gets so annoying to read. To be honest it had its moments where it reflects emotions of longing on past memories and nostalgia that are nice and soft, especially in a context dear to me which is of the passing of life in french generations <3. However, the book could have been way shorter, less references to a massive amount of people we don’t care about, and less characters so we could dive more in depth in their story.
Un portrait lucide mais tendre d’une classe en pleine décomposition : la noblesse française. C’est autobiographique ce qui rend encore plus louable l’analyse sans concessions de cette caste qui n’a jamais rien foutu et qui n’a pas su s’adapter au changement de la société. C’est ponctué de réflexions, parfois un peu longues, de l’auteur sur tout et rien. Le tout est admirablement écrit.
One of the highlights of our trip France this summer was our short stop at the Saint-Fargeau Castle, in the Yonne department. It is located a little bit away from Burgundy’s most touristic corners, hidden amidst immense forests who also harbor Guédelon, where a fortified castle is being built from scratch using medieval techniques. At Saint-Fargeau, the massive round towers topped with elegant lanterns at each of the building’s angles add a touch of bonhomie to this mighty Renaissance château. The tender pink of the bricks under the afternoon sun change to orange at sunset. The invitation to stay after the visit for the night show becomes then very tempting. On this long summer evening, we thus sat on wooden benches between the pond and the harmonious castle’s façade. As the night advanced, the torches were lit, and we let ourselves be embarked by a show entirely played by hundred volunteers from the village and the region. It was a fascinating trip into the history of the castle and its village: equestrian performances, a chivalry tournament, religious wars, lootings and fires, revolutions, World Wars and scenes of daily life in the countryside were punctuated by humor and special effects. As we were leaving the estate walking through the interior court where the hunting horns were playing, it was impossible not to make the connection to Jean d’Ormesson’s novel. The late dean of the Académie Française titled his book « Au Plaisir de Dieu (At God’s Pleasure) », the family motto inscribed above the chapel’s door. And even if, in his novel, unfortunately not available in English, the blue-eyed academician did set the fictional Plessis-lez-Vaudreuil castle in the Haute-Sarthe, it is indeed at Saint-Fargeau, which belonged then to his mother’s family that the writer spent a few years in his youth. Moreover, the excellent TV series adapted from the book – fully available in French on Youtube- was shot in the same château. « Au Plaisir de Dieu » tells the story of the Plessis-Vaudreuil aristocratic family from the early 20th century until the end of the 60s. Jean d’Ormesson looks tenderly but without complacency at this lineage. The patriarch, Sosthène, Duke of Plessis-Vaudreuil is from another era, faithful to the white flag of the Royalists, but will nevertheless go across the century serving as a rallying landmark for his children, grandchildren and great grandchildren lost and unsteady among history’s upheavals : killed in the trenches, following Dada and the surrealists’ latest fancies, ruined by the stock market crash, rivals in both camps of the Spanish Civil War, disappointed by Marxism and Fascism, resistant and collaborators during World War II, and eventually forced to sell the castle. In the midst of these tempestuous events, every summer, the family reunites around the stone table in the linden’s shadow, first to change the world and later to heal their wounds. http://www.travelreadings.org/2021/10...
A travers l'histoire d'une grande famille française, se fait l'histoire de la France, ou l'inverse, je ne sais plus...
Il est un peu difficile de rentrer dans ce roman au début, les premiers chapitres m'ont semblé un peu long. Il nous répète beaucoup à quel point le grand-père et la famille sont attachés au roi, à Dieu, à Saint-Simon et détestent les socialistes, les salles de bain et les gens "pas comme il faut".
Mais finalement je suis tombée sous le charme de cette famille un peu désuète. De ces portraits de femmes et d'hommes pleins de contradictions et de convenances. C'est une ode magnifique à la famille, puisqu'au delà de tout, la modernité, la guerre, les opinions politiques et les moeurs, c'est la famille qui reste le plus important. Il est assez jouissif de voir d'innombrables figures de légende se retrouver mêlées à cette famille qui semble recouvrir la terre entière.
Mais c'est surtout le long chapitre consacré au château de famille, au grand-père qui est sublime, si bien évoqué. Certes, le temps passe, mais tant qu'il y aura de tels conteurs, il ne pourra pas tout balayer.
’Nous étions de vieilles bêtes harcelées par le bruit. C’était le fracas d’un monde en train de s’engloutir, d’un autre en train de naître et de nous écraser.’
‘Il aimait l’histoire parce qu’elle était immobile et qu’elle était entrée à jamais dans une éternité sans appel.’
‘Nous sommes entrés dans les temps où rien ne se répète plus.’
beau et mélancolique à la manière du guépard, je trouve que c'était absolument parfait pendant les 200 premières pages, le style est magnifique bavard très agréable à lire mais qu'est-ce que c'est répétitif, oui jean j'ai compris ce que tu essaies de me raconter
Je ne croyais pas apprécier autant ce roman. Il est long, doublé d'un immense arbre généalogique, et composé de phrases interminables. Pourtant, j'ai été happée par l'histoire de cette famille à travers les décennies, racontée avec tant de beauté et d'élégance. Un roman magnifique.
Ma seule critique concerne la quantité incroyable de références historiques, littéraires et politiques. À moins d'être un spécialiste de la France du 19e et 20e siècle, je pense que c'est impossible de tout saisir.
C’est une chronique de la fin d'un monde. Dans "Au plaisir de Dieu", l'académicien Jean d'Ormesson nous offre une œuvre magistrale qui est à la fois une chronique familiale, une fresque historique et une réflexion profonde sur le temps. Loin de n'être qu'un simple roman, c'est un testament empreint de mélancolie et d'humour, raconté par le cadet d'une vieille famille française, un homme qui est le dernier à connaître une forme de vie condamnée. Le roman nous plonge dans l'histoire de la lignée imaginaire des Rémy-Michault, embrassant l'histoire du monde depuis les Croisades jusqu'à la fin des années 1960. Au cœur de cette longue saga se dresse le château de Plessis-Lez-Vaudreuil, symbole immuable de la tradition, qui voit peu à peu son pouvoir s'effriter sous l'assaut des idées modernes, des guerres et des bouleversements sociaux du XXe siècle. Le livre est un subtil hymne à l'honneur de l'aristocratie française. D'Ormesson ne se contente pas d'un hommage nostalgique; il dresse un portrait lucide et tendre d'une classe en pleine décomposition. Il observe avec une élégante simplicité et une ironie délicieuse la lente et inévitable déchéance de cette famille, qui, malgré ses privilèges et son charme, est condamnée par le temps qui passe. C'est une œuvre qui met en lumière les tensions entre le passé et le présent, l'individu et la lignée, la tradition et la modernité. La force principale du roman réside dans l'écriture de Jean d'Ormesson, qui a un style élégamment simple. Son style est divinement bien écrit. Il manie l'humour à la manière de Proust et nous offre des pages poignantes, créant une ambiance de regret souriant. Le narrateur se joue de la chronologie et de souvenirs pour brosser une vaste galerie de portraits et de scènes mémorables. Le livre aborde plusieurs thèmes profonds, notamment la question de l'identité liée à ses origines. Le narrateur choisit d'ailleurs de ne pas divulguer son nom, car chez les Rémy-Michault, la famille a toujours été plus importante que l'individu. L'œuvre est une méditation sur la façon dont une famille tente de survivre à elle-même"et de maintenir ses valeurs face à un monde en constante mutation. Le comique pathétique de ces personnes habituées à être au sommet et se retrouvant vaincues par la vie est un thème récurrent, tout comme le sentiment que la noblesse ne sert plus à rien. Le roman explore aussi avec finesse les positions de cette classe sociale face aux grands événements du XXe siècle, de la Grande Guerre à la montée du fascisme et à la Résistance. Malgré son indéniable qualité, le roman est un peu longuet et il a tendance à se répéter dans ses concepts fondamentaux. La récurrence des thèmes du passé, du temps et de la fameuse table en pierre au château est redondante. Par ailleurs, on a du mal à ressentir de l'empathie pour une classe oisive qui se lamente de ne plus pouvoir s'offrir sept jardiniers. Le roman ne propose pas de thèse forte sur le rôle de la noblesse dans la société, mais plutôt une apologie molle de son existence. Cependant, ces bémols sont mineurs face à la richesse de l'ensemble. La lecture reste toujours facile, nous transportant à travers les époques et les émotions. En fin de compte, "Au plaisir de Dieu" est un portrait lucide et tendre d'une famille qui s'éteint avec la présidence de Charles de Gaulle. C'est un livre qui parvient, grâce à un style inimitable, à transformer la fin d'une époque en un appel à la vie et à nous rappeler que le temps s'écoule inexorablement et que chacun doit forger son propre chemin.
J’ai adoré ce livre car il m’a fait comprendre beaucoup de choses sur ma propre famille. Il m’a également montré à quel point il était important d’entreprendre et de toujours aller de l’avant. Et surtout, il a souligné un point fondamental : il faut vivre dans le présent et pour le futur sans jamais vivre dans une le passé. Une grande leçon sur la capacité d’adaptation.
En plus de ça, il est merveilleusement bien écrit.