"Ce n'était pas la première fois que les hommes mettaient Dieu hors de lui. Le visage fermé, le regard sombre, les mains derrière le dos, il faisait les cent pas dans son éternité. Il se disait que sa vie serait meilleure sans les hommes. Il leur avait tout donné. Et d'abord l'existence. Il finissait par se demander s'il avait bien fait de les tirer du néant. La tentation lui venait de les abandonner à eux-mêmes. On verrait bien ce qu'ils deviendraient s'il se refusait tout à coup à soutenir l'univers, si la Terre cessait de tourner, si le Soleil ne les chauffait plus et ne les éclairait plus, si les lois de la physique s'effondraient brutalement, si le temps s'arrêtait. Il fit appeler l'ange Gabriel, qui lui avait déjà, à plusieurs reprises, servi de messager auprès des hommes. Gabriel, une nouvelle fois, descendit sur la Terre. Il s'installa chez moi. Et, pour essayer de fléchir l'Éternel, je rédigeai avec lui le rapport qui porte son nom."
Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d’Ormesson est un écrivain, chroniqueur, éditorialiste et philosophe français. Ancien élève de l’École normale supérieure. Agrégé de philosophie. Directeur général du Figaro de 1974 à 1977. Secrétaire général, puis Président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l’UNESCO. Élu à l‘Académie française, le 18 octobre 1973, au fauteuil de Jules Romains (12e fauteuil).
Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d’Ormesson is a French writer, journalist, columnist and philosopher. Alumnus of the École normale supérieure. Degree in philosophy. CEO of Figaro from 1974 to 1977. Secretary-General, then President of the International Council of Philosophy and Human Sciences at UNESCO. Elected to the Académie française (French Academy), October 18, 1973, chair of Jules Romains (12th chair).
"It wasn’t the first time that Men infuriated God. The story of relations between God and Men is a long series of quarrels and reconciliations. He loves them; they deceive him; He punishes them; they repent; He forgives them; they celebrate Him. And, driven by pride and desire for something else, they do it again. God, his face closed, his eyes dark, his hands behind his back, paced up and down in his Eternity. He had left Men free. Free of what? I’m asking you. Of the best and the worst. But even love has its limits. The scales fell from his eyes. It wasn’t impossible that Men could be bad. It was a terrible blow for God who created them, who gave them birth by an act of love. Had Men forgotten that beauty and coherence of the universe was a free gift from God? ‘I’m afraid’, God said, ‘that they take it for granted : they are wrong.’" God had only one desire: to stop time so that this wonderful universe He had created for Men would disappear, and Men with it. He sent for the Archangel Gabriel. Before taking this terrible and final decision, Hhe would send Gabriel on Earth to report to Hhim about Men. And so the author, Jean d'Ormesson, finds himself, one sunny Summer day, face to face with the angel Gabriel. Gabriel asks Jean to tell him about his childhood, his life. And Jean tells. Fortunately for Gabriel, and for us readers, the angel fell on Jean. Born in 1925, in a cultured, hardworking, with a great sense of honor, loving and rich family, the author hadn’t had a common childhood. A childhood with the scent of the past centuries: gallant, kind, faithful to their flag, in love with the beautiful French language. The adolescence of Jean d'Ormesson, from 14 to 18 years old, takes place during WWII, in France, in Paris, the last years. With simplicity, often with humour, grace and lightness, Jean d'Ormesson explains us, by the voice of God who speaks to the angel Gabriel, the beginnings of the world; the successes of which God is most proud: time, space, Men. Starting from the fact that God created man in his image, Mr. d'Ormesson describes a God more human than a human who says to Gabriel: "‘I trust you.’ He leans toward his angel and hugs him." It's all natural, all simple, all good, like when I hug my children. But it's also so big, so infinite, so powerful. It is the source of love. And Mr. d'Ormesson writes: God, right now, sees me writing, he sees also my ancestors and my children, and my descendants not yet born. He sees you too, reader, while you’re reading. By small touches of extreme delicacy, the author implicates the reader, but without abruptness, without intention to force you to believe in what he believes. He believes in something that seems to do him good, that puts a smile on his face and we imagine, deep down, that he wishes us only one thing: to have also a happy smile on our face. This makes you doubt that God doesn’t exist, or reminds you that He exists!
But between the smile and the laugh, there’s a space thinner than a feather of the down of an angel’s wing. And laugh belongs more to Lucifer ... What will Gabriel's report contain? What will God's decision be with regard to Men whom He loves so much? You won’t know, because I don’t think this Gabriel Report has been translated into English, and that's a shame.
Let’s laugh while we’re here, because this lasts for none of us, and it’s so sad. Let’s smile also to all the love which surrounds us. And let’s take great care of our world.
C’est un bon livre mais la raison principale pour laquelle je ne lui donne que trois étoiles est que, comme dans la majorité de ses livres récents, le sujet est principalement autobiographique. Du coup une grosse partie du livre donne une forte impression de déjà-vu. Mais ceci-dit c’est bien écrit et les anecdotes souvent amusantes, donc le livre vaut d’être lu par les lecteurs peu familiers avec son oeuvre.
Dieu en a marre des hommes et envoie Gabriel sur terre pour évaluer s’il faut les supprimer ou non. Je ne m’attendais pas à cette histoire qui est très autobiographique de Jean d’Ormesson, cependant c’est très bien écrit et cela relate bien la vie politique et littéraire française de la deuxième moitié du 20eme siècle, malgré parfois quelques litanies de noms qui font peu progresser le récit.
"Le Rapport Gabriel" par Jean D'Ormesson, ancien directeur général du Figaro, est une revue de sa vie plutôt biographique que romanesque, plein de commentaires avec comme thème centrale la thèse que l’archange Gabriel fasse un rapport pour le bon dieu au fin d’éviter que dieu annule son création/le temps parce qu’il est déçu par l'humanité. Le rapport est plein d'anecdotes, des petits histories et d'observations drôles. On veut continuer a lire afin de savoir comment le bon dieu décidera. Il a dans le livre pas mal de citations possibles. J'ai aimé spécialement l'observation suivant: "Rompre avec les choses réelles, ce n'est rien. Mais rompre avec les souvenirs!... Le cœur se brise à la séparation des songes." J'ai bien aimé4 ce livre qui est un exemple du libéralisme/conservatisme qui garde un si forte tradition en France et quelque peu en Angleterre mais ou ailleurs? C'est une traditon ou on est fiere d'etre liberal contre -éxtremiste et ou on se trouve fièrement partie du système établi. Un très beau livre qui souffre seulement d’être parfois baliverne et peut être trop anecdotière avec des racontes pas loin des fariboles mais dans l'ensemble "Le Rapport Gabriel" de Jean D'Ormesson est bien réussit, poétique, profonde une affrontement passionnée avec les défis qui sont la mort, la mutabilité, la vanité, notre humanité et, bien sur, avec le bon dieu qui nous aime.
Après que j'ai lu le livre pour la deuxième fois, je l'apprecie un peu moins. Curieusement, je ne me souviens point de ma prèmiere révue ici dans Goodreads! Voici ma deuxième critique écrit cinque ans après ma prémière:
«Le Rapport Gabriel» par Jean D'Ormesson, que était le directeur générale du Figaro de 1974 à 1977 et un homme réussi dans la vie, pas seulement comme romaniste mais aussi comme un homme politique et journaliste. Dans wikipedia on note qu'il se croyait Gaulliste de droite et Gaulliste européenne. C'est vrai qu'on des penseurs comme D'Ormesson comme peut-être dans de Gaulle aussi, on trouve une incompatibilité pas reconnu, entre la foi dans le progrès et une foie chrétienne et/ou nationaliste. De l'un coté des gens comme Endormissement voulait garder les traditions les identités et de fidélité surtout concernant les chrétiens du monde, d 'autre part ils acceptaient sans critique l'avance de la société technique et déshumanisante et dénoncèrent sans resserve, les mouvements écologistes.
Le Rapport Gabriel et vraiment trois livres que se trouvent sur la couverture d'un unique. D'une part, c'est un conte des fées: l'ange Gabriel est envoyé par Dieu de rencontrer un homme sur terre faire sa connaissance pour le laisser justifier sa vie, la vie parce que Dieu, lui, pense à terminer son ouvrage. Le deuxième roman c'est plutôt une autobiographie. D'Ormesson raconte des événement dans sa propre vie. Troisièmement voici un livre assez lyrique qui fait la chanson de la vie. On se trouve de la mélancolie qui filtre à travers de tant de romans et filmes francais : « Il arrive un moment, dans la vie des hommes, où le vertige du rien l'emporte sur le tourbillon du tout. Les tumultes s'effacent. Et le silence se fait. » Souvent il écrit avec un style très lyrique et réussie. On voit des influences divers : Ruskin The Stones of Venice, et Milton Paradise Lost bien sur. On a un sens de goût d'une fin d'une civilisation que me rappelle les phrases dans Le Camp des Saints : « Nous avions vécu les derniers jours d'une civilisation évanoui.
La fin du livre ne déçoit pas, c'est assez drôle de point de vue religieux. Portant ces trois essais, un compte des fées, un histoire biographique et un discours poétique, tout cela ne suffisent pas à démontrer au lecteur comment il faut sortir d'un certain fatalisme, mais c'est peut-être la fatalisme de tout écrivain pieux, surtout si l’écrivain est français ?
Jean d'Ormesson écrit toujours le même livre,sujet principal :lui ! C'est enlevé,plein d'humour avec une culture générale époustouflante ce qui rend ses ouvrages intéressants mais quelques fois un peu lassants ,après tout même bien remplie,il n'a qu'une vie . Je recommande pourtant "Au plaisir de Dieu " et "La douane de mer " si il y a deux livres de lui à lire ce sont ces deux là