"J’étais venu pour me perdre, et j’avais eu ce que je désirais, mais c’était pire encore. Il n’y avait rien au coeur du labyrinthe. Juste moi-même."
1994. Entre ses études de commerce et son petit couple banlieusard, Fabrice traîne son ennui dans le Marais. Tout change quand il rencontre Iago et Brume. Frère et soeur ou amants ? Fascinants, surtout – cyniques, brillants, autodestructeurs. Avec Axël, qui complète le vénéneux trio, ces enfants terribles l’introduisent dans l’hôtel particulier du Marquis, ouvert aux âmes perdues et aux soirées très privées.
Paris de jouissance, Paris de danger : le sida rôde. Les condamnés mettent un point d’honneur à partir en beauté, une énergie noire pulse sous les néons.
Fabrice tangue entre ses désirs, ses ambitions et ses failles. Que vient-il chercher dans ce monde qui n'est pas le sien ? Pourquoi tient-il tant à s’oublier dans le malheur des autres ?
Ce livre est plutôt étrange. Dans un bon mais aussi un mauvais sens. Tout d'abord, le style d'écriture est très particulier. Il est très poétique. Il s'accorde parfaitement avec le récit et les événements qui nous sont comptés. Francis a une vie banale, fait des études de commerce et est en couple avec Angélique. En se baladant dans le Marais, il fait la rencontre de Brume et Iago (puis Axel), des âmes singulières et qui vont l'entrainer dans un monde qu'il ne connait pas. Ce roman traite du sida, thème important mis en valeur par le style de l'auteur. Il n'épargne pas, tout en n'étant pas cru, mais ne cache pas la vérité et la dûreté du sujet. Là où ça coince pour moi, c'est du côté des personnages. je les ai trouvé bien trop atypiques et avec des réactions étranges. Je n'ai pas réussi à m'attacher à eux.
Ce roman n’a pas été ce que j’attendais : incursion dans la jeunesse parisienne, du monde de la nuit et de la maladie, il reste très en surface, menant le lecteur d’événements improbables en discussions invraisemblables. Les relations entre les personnages ne m’ont jamais parues plausibles. Le protagoniste n’a rien à faire dans ce monde et essaie malgré tout de s’y glisser, sans réellement y parvenir. Un roman vite lu, mais qui ne m’aura pas laissé de marque.
On ne peut retirer à Fabrice Colin sa force d'évocation, son sens du rythme, son art de reconstituer à partir de détails apparemment infimes cette époque où il entrait dans la vingtaine, et où la peur régnait sur le désir amoureux. Mais à trop vouloir maintenir son roman sur le fil trouble d'un romantisme gothique, il noie son propos sous des clichés en nombre, prenant le risque de rendre l'ensemble aussi improbable qu'indigeste. Il devrait rendre ses personnages attachants, mais n'en fait que des têtes-à-claques, grands ados immatures destinés à mourir ... et c'est long, le trépas. Brume, Iago, Axël : prénoms-programmes sans réelle substance dramaturgique. Plus le roman avance, plus ces gentils pantins paumés deviennent banals. (Et le roman de perdre tout intérêt, alors qu'il commençait si efficacement). Demeure juste un rendez-vous manqué : l'impression de lire une promesse de roman épique, encombré de personnages falots. Le tout dans une langue fluide, riche, magnifique. Un comble, d'écrire aussi bien pour ne rapporter que des fantasmes auxquels je n'ai rien compris. #TuRéclamaisLeSoir #NetGalleyFrance