Havre-Aubert, Îles-de-la-Madeleine. 1930. Laurena se retrouve désœuvrée sur un archipel à la dérive. Elle se saoule de thé trop fort et trace dans les cendres du foyer un ailleurs où elle pourrait échapper aux funestes prémonitions qui la hantent. Un soir, seule, elle met le cap sur Montréal, où elle compte signer son propre destin. Dents de fortune navigue entre les mémoires, les histoires et les superstitions pour recomposer une traversée à la fois singulière et plurielle, aussi lumineuse que déchirante.
Fanie Demeule est née en 1990 à Longueuil (Québec). Elle est titulaire d'un diplôme de doctorat en études littéraires de l’Université du Québec à Montréal, où elle est chargée de cours. Elle a signé les romans Déterrer les os (2016), Roux clair naturel (2019), Mukbang (2021), Highlands (2021) et Dents de fortune (2024), le livre illustré Bagels (2021), le recueil de nouvelles Je suis celle qui veut sauver sa peau (Hamac 2022), ainsi que plusieurs textes dans des revues et collectifs. En 2022, elle a remporté le Prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique ainsi que le Prix des Horizons imaginaires. À travers une pluralité de genres littéraires, ses oeuvres interrogent entre autres les enjeux de santé mentale, les rapports au corps et à l’identité, ainsi que la porosité des frontières entre réel et fiction.
Je m’y suis plongée cet après-midi et j’en suis ressortie quelques heures plus tard. Magnifique et captivant. Et que dire de l’écriture qui nous transporte des Îles-de-la-Madelaine jusqu’à Montréal et qui nous plonge dans l’histoire de Laura avec facilité et aisance. Clairement un roman à découvrir et à lire avec beaucoup d’attention pour saisir toute la beauté et toute la richesse de cette histoire.
On s'entend, mes attentes étaient au top. C'est Fanie, n'est-ce pas! Sauf que je n'ai pas été aussi impliquée dans le roman que d'habitude... et que j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages? Il m'a manqué une touche de folie? Quelques explications? J'aurais aimé creuser plus...
Bref, mini-déception. Et je suis déçue d'être déçue.
L’écriture au départ était très atmosphérique. J’espérais que l’action arrive et ça s’est produit. Le choix d’écrire à la 3e personne au présent ne m’a pas convaincu. J’ai eu l’impression de ne pas avoir accès au psychologique du personnage et de lire les événements au lieu de les vivre. Je ne me suis pas vraiment attachée à Laurena, malheureusement.
J’ai eu du mal à voir où l’histoire s’en allait. Je me suis perdue dans l’intérêt du livre. J’aurais tellement voulu embarquer et aimer davantage, mais ce n’est pas arrivé.
Je suis presque étonnée d'avoir autant aimé Dents de fortune. Au début, l'histoire me semblait prévisible en ce sens que les récits de jeunes femmes qui quittent la campagne pour travailler en ville ont alimenté bien des oeuvres de fiction et des séries télévisées. Je ne comprenais pas comment ça pouvait rejoindre le lectorat d'aujourd'hui. Je ne comprends pas beaucoup plus, mais le personnage Laura avec sa détermination, sa droiture et ses dents croches est fort attachant. Les références aux contes de fées, les textes de nature plus poétique qui introduisent certaines parties sont vraiment très beaux. J'ai rarement lu une description aussi bouleversante d'un chagrin de mère. Encore une fois, je me disais comment les femmes, les "canadiens-français" nous revenons de loin; du mépris des riches anglos, des diktats insipides et puissants de la religion. Il me semble tellement important de ne pas l'oublier. Ca ne fait pas si longtemps. IL y a à la fin un télescopage peut-être nécessaire pour les besoins de l'édition, mais qui m'a paru maladroit, factice. C'est presque mon seul bémol. Même les fantômes ne m'ont pas agacée et pourtant, je ne suis pas très friande des apparitions en littérature.
Fanie Demeule est une autrice qui me fascine depuis que je l'ai découverte. Dans ces oeuvres précédentes, ma surprise était de voir à quel point elle pouvait pousser des caractéristiques de ses personnages à des extrèmes. Notre lecture était toujours troublante. Autant dans "Mukbang", "Déterrer les os" et "Roux clair naturel" (mes préférés de l'autrice), j'étais toujours sous le choc après mes lectures.
Vous pouvez vous imaginer mon bonheur de recevoir le nouveau petit bijou de Fanie en service de presse numérique de la part des édition Hamac. 🥹
"Dents de fortune" est un roman différent des autres de l'autrice mais tout autant captivant. Je ne trouvais pas que c'était aussi poussé et aussi choquant que mes précédentes lectures, mais je n'arrivais tout de même pas à décrocher du livre. C'est tout simplement l'histoire de la vie de Laurena, mais si bien raconté qu'on arrive pas à s'arrêter.
J'ai eu de l'empathie pour Laurena et sa vie loin de sa famille, les changements constants, les deuils.
Fanie a un talent avec les mots qui surpassent ma compréhension. Je ne suis pas certaine qu'elle puisse un jour faire un roman qui soit décevant. C'est avec bonheur que je continuerai de la lire à chaque nouvelle parution. 😍
Je m’attendais, à certains moments, à un peu plus de retournements de situations, de dévoilements de desseins cachés de certains personnages, particulièrement du côté des Lorimer! Peut-être parce que la fiction nous habitue aux rebondissements, mais il est bon aussi qu’elle se fasse reflet d’une réalité plus tranquille, aux prises avec les fantômes qu’on porte tous en soi et qu’on cherche à enfouir.
« En bonne descendante Bourgeois, Laurena sait garder son calme, se refaire. Jusqu’au moment où elle retourne à la mer, seule, la veille de son départ. Le fracas des vagues est assez puissant pour tout couvrir. » (Demeule, Fanie. Dents de fortune, p.62)
Tour de force de cette autrice d’Highlands et de Roux clair naturel qui exprime avec autant d’ingéniosité le réalisme magique que la douleur profonde de l’être humain. Racontant le destin de Laurena, femme des Iles-de-la-Madeleine à la dentition pourrie, elle retrace une période à la fois sombre et foisonnante de Montréal, présente les forces et les cruautés tapis au cœur des inégalités sociales. Elle dépeint la résilience, l’espoir, la solidarité dans une langue qui amalgame la ville et la mer, le passé et le présent, la vie et la mort.
Les mots de Fanie Demeule, je pense qu'il n'y a rien de comparable dans toute la littérature. Elle sait nous garder captif de son art, nous propulser sur les caps où se fracassent les vagues. Mettez le cap sur les Iles-de-la-Madeleine, 1930. C'est effrayant Laura, comme un sourire édenté en pleine nuit froide et humide, dans une maison où les spectres se multiplient.
Dent de fortune c’est un beau livre qui nous ramène à la simplicité de la vie embaumé d’un parfum d’amour et de réalité crue.
C’est un petit roman d’environ 300 pages où on suit la vie d’une madelinienne prénommé Laurana qui décide d’aller s’exiler à Montréal car elle n’en peut plus de l’air salain et des dettes salés.
On la suit tout au long dans son périple à Montréal et ses péripéties qui nous ramène à la dur réalité de la vie dans ces années là.
Malgré la simplicité de l’histoire Fanny Desmeules nous transpose dans un bel univers avec ses beaux mots, son sens de la poésie et sa formulation de phrases.
Je me suis délecté de cette lecture et je l’ai lu tellement rapidement. Je vous conseille de le lire dans une petite après midi d’automne au chaud à l’intérieur.
J’ai malheureusement eu une copie du livre avec des erreurs d’impressions je suppose car les dates des lettre envoyé par les personnages ne faisaient aucun sens ( d’où la pourquoi je retire une étoile car ça a vraiment gâché certain moment de ma compréhension et du plot twist que je m’étais imaginé)
Un autre roman que j’ai dévoré ! Si on n’avait pas été en septembre, mois de la rentrée, je l’aurais fini en deux jours, assurément.
J’aime Fannie Demeule alors j’étais déjà un peu vendue…
J’ai trouvé très crédible la recherche historique derrière le roman. Touchante aussi, puisqu’il s’agit des ancêtres de l’autrice.
Une chose qui m’a particulièrement plu, c’est l’intériorité de Laurena ; elle réfléchit comme une femme de 1930 et non comme une femme de 2024 qui «joue à». J’adore les histoires de courage, de recherche intérieure… Très réussi ici à mon avis. Et que dire des éléments fantomatiques qui traversent le roman ! C’était comme ça dans le roman Highlands (de Demeule aussi) et j’ai vraiment apprécié l’effet. Ça m’a transportée ! La langue des îles. L’histoire d’amour, aussi.
Excellent livre se situant dans les 1930s. La plume envoutante de Fanie Demeule se démarque à nouveau. J’ai aimé voir la relation du personnage avec son accent et son héritage culturel (et sa foi) et la réalité des îles à l’époque. De tout ce que j’ai lu de cette merveilleuse autrice, ce livre est dans mon top 3! Il y a un “boost” d’actions dans le dernier tiers du livre, mais on ne sent pas de débalancement. Tout est là pour une raison. Je me suis attaché à Laura et ses proches. J’apprécie le partage des notes de l’autrice en p. 307.
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Un roman absolument captivant et réussi! Je l’ai dévoré en 2 jours dans un petit chalet d’hiver et le fit était parfait!
J’ai adoré le côté historique, toute l’ambiance sombre et légèrement mystique du début à la fin.
Le ressenti était vraiment réussi : je me sentais aussi perdue qu’elle dans le long trajet de train, j’étais anxieuse comme elle quand elle se présentait au riche médecin, la honte de son statut social, de ses origines et de ses dents était si bien décrite.
Le joual madelinot était juste assez présent pour moi, je n’en aurais pas pris plus.
J'ai vraiment aimé l'histoire, les personnages, l'époque, le cadre historique, etc. mais je trouve que tant qu'à instaurer une petite touche de "magie", autant y aller; ça aurait pu être poussé vraiment plus. Quelques perches tendues auraient mérité d'être poussées un peu plus, et la finale est un peu "garrochée", aussi, dommage, mais sinon, lecture très agréable et intéressante !
En 1930, Laurena quitte les Îles-de-la-Madeleine pour Montréal. Complètement seule dans la grande ville, elle n’a pas le choix de s’adapter aux décisions qu’elle prend. Elle se retrouve comme femme de ménage dans une famille riche de Westmount jusqu’à ce qu’elle rencontre Émile, lui aussi insulaire.
Demeule s’inspire de l’histoire de ses arrières-grands-parents. Elle les dépeint, avec raison, comme des gens extrêmement courageux et débrouillards. Les personnages de l’autrice sont toujours profonds et c’est définitivement le cas avec ce nouveau roman. Même les personnages secondaires ont leur propre arc narratif complexe.
L’incursion dans le Québec des années 1930 est aussi très appréciée. Demeule ne tombe pas dans le cliché. Le choc culturel d’une jeune femme des Îles arrivant dans une métropole est certes important, mais jamais l’autrice ne tombe dans le piège de stéréotyper un lieu ou l’autre. Elle se concentre vraiment sur les émotions des personnages. C’est très réussi.
L’histoire de la famille de Demeule est aussi fascinante. Sans être remplie constamment de rebondissements (quoiqu’il y en a, ne vous trompez pas), on assiste à la vie relativement ordinaire d’une Madelinienne à Montréal. On tourne les pages très vite sur cette vie qui aurait pu être celle de n’importe quelle femme de l’époque. C’est ce qui rend le livre intéressant, en fait.
Bref, Dents de fortune est un roman réussi où Fanie Demeule explore sa famille, la solitude et l’histoire du Québec. C’est un roman fascinant qui met la lumière sur des gens qui ont l’habitude d’être oubliés par l’histoire.
Un petit roman qui se lit rapidement, qui fait réfléchir sur la vie d’une émigrante des Iles de la Madeleine à Montréal dans les années 30. Car même si c’est le même pays, on parle de deux univers complètement différents. J’ai aimé apprendre la culture Madelinoise à travers leur dialecte coloré, apprécié le courage de cette jeune femme aux dents pourries et sans le sous, de laisser derrière sa famille et tout ce qu’elle connait pour venir chercher une vie meilleure à Montréal.
Je suis restée sur ma faim et j’ai été abasourdie par les 4 dernières pages du livre dont le récit de vie déboule sans qu’on ne comprenne vraiment ce qui arrive. J’ai relu trois fois ces paragraphes et je me dit maintenant que l’auteur a dû employé ce style pour démontrer comment la vie passe vite…
Je n’ai pas bien compris non plus qui représentait ce fameux spectre, aux Iles et à Longueuil. Et j’aurais voulu mieux comprendre ce fameux fléau qui affecte les dents de cette famille…Etait-ce commun aux Iles d’avoir de mauvaises dents ? À quoi etait-ce dû ? Est-ce que ses enfants et petits-enfants ont eu les mêmes problèmes ?
C’était mon premier roman de cette autrice et je vais certainement essayer d’autres de ses romans.
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Le fait que ce récit soit inspiré de l’histoire familiale de l’autrice rend sa lecture touchante.
En ce qui concerne l’oeuvre pour ce qu’elle est, j’ai plus de réserves que d’autres romans de Fanie Demeule.
Je l’ai lu après Du ventre des montagnes. Au niveau structurel, il me semble évident que Dents de fortune aura permis à Demeule de se « faire les dents » avant d’écrire Du ventre des montagnes. Les tourments en fin de récit et les dénouements entrent en écho au sens formel.
Évidemment, on s’attend à ce que le côté surnaturel prenne de l’ampleur à mesure qu’avance le récit. Finalement, cet aspect s’explique de manière plus impressionniste, ce qui se devine finalement. Ça ne m’a pas déçu.
Demeule tire sa force dans la justesse de son vocabulaire et dans l’intertextualité.
Les clés de lectures sont-là très rapidement pour ceux qui savent garder un oeil attentif.
Ayant été habitué aux oeuvres plus explosives de Demeule, j’ai à certains égards trouvé que ce roman parvenait moins à décoller.
Reste que Fanie Demeule est d’un talent rare pour ficeler une bonne histoire, pour réexploiter les thèmes qui lui sont cher et pour faire une lecture empathique et humaniste de la condition féminine.
Laurena et ses sœurs ont toutes des dents horribles et pourries. Leur famille vit de peine et de misère à Havre-Aubert, aux Iles-de-la-Madeleine. Après plusieurs malheurs, elle décide de s’établir à Montréal pour démarrer une autre existence, avec une nouvelle version d’elle-même. Une partie de l’histoire est intimement liée à la relation difficile que le personnage entretient avec ses mauvaises dents. Contrairement à certains membres de mon club de lecture virtuel, je n’ai pas été conquise. J’ai trouvé ça bien, mais je n’ai pas été harponnée par le récit. Il y a une sorte d’angoisse sourde, de noirceur, qui se dégage des écrits de cette autrice et j’ai plus de difficulté à lire ça ces temps-ci.
Ce livre est absolument poignant. J’ai ressenti la colère et la douleur du personnage droit au ventre. Ça casse le cœur. L’écriture de Fanie Demeule est d’une poésie exceptionnelle. En commençant le livre, j’étais inquiète que ce soit écrit à la 2e personne car d’habitude j’accroche beaucoup moins mais je crois que c’est une décision pertinente qui fait du sens avec l’histoire dans ce cas ici.
Seul petit ick: Je crois qu’il y a eu un mélange par rapport aux dates des lettres. Elles ne se suivent pas dans l’ordre des années malgré que le contenu, oui. J’essaie de voir si c’est intentionnel car il y a aussi une lettre dite avoir été écrit en 2021, bizarrement (alors que nous sommes dans les années 40).
C'est du Fanie Demeule. Super autrice, j'ai adoré ses autres romans. Celui-ci est vraiment différent de ses autres histoires, qui te prennent aux tripes et te choquent. Je dirais 3 1/2 étoiles : c'est bon, mais c’est celui que j'ai le moins aimé.
Là-dedans, elle revient sur l'histoire de son arrière-grand-mère qui a quitté les Îles-de-la-Madeleine pour Montréal dans les années 1930. C'est intéressant pour le côté historique, mais il y a un peu moins de la créativité qu'on retrouve dans ses autres livres.
Si vous ne l'avez pas encore fait, allez lire Mukbang, Déterrer les os, Roux clair naturel, et Highlands, puis terminez avec Dents de fortune. Ça vaut le détour !
J'ai fait l'erreur d'ouvrir ce livre à 22h avant de me coucher... je n'ai pas été capable de le déposer! Je me suis attaché⋅e rapidement aux personnages et ai été transporté au début du vingtième siècle, des Îles au Mont-Royal, en passant par Longueuil. Ça m'a donné envie de creuser les archives à mon tour pour y trouver la suite des histoires que Demeule effleure.
3.8 étoiles Je suis restée sur ma faim au moment de finir l’œuvre, le dernier quart semblait un peu précipité, j’aurais apprécié plus de longueur concernant cette période de la vie de Laura. Bien écrit, juste assez mystérieux et attachant
J’ai beaucoup aimé l’atmosphère lugubre et l’air salé des Îles, puis celui sal et pollué de la ville. Certains passages m’ont fait pensé à Jane Eyre (la domestique qui va travailler dans le manoir d’un homme riche, sa soif de connaissance, la présence du « surnaturel », l’histoire d’amour…).
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Très agréable de se plonger dans le passé en région du Québec. On ressent vraiment que l’auteure a effectué des recherches pour vraiment bien nous illustrer la vie des gens de l’époque. On se téléporte en 1930 ! C’est léger, mais très touchant et profond à la fois !