Voici le dernier-né de l’un de mes chouchous, qu’on ne présente plus, Ellory faisant partie de mon panthéon d’auteurs personnel.
John Gaines, un ancien du Viet-nam reconverti en shérif, tente d’élucider le meurtre d’une adolescente survenu vingt ans plus tôt. Le corps, récemment retrouvé dans la vase, semble ne pas avoir souffert du temps et de la décomposition. Gaines, qui a côtoyé la mort et l’horreur de près, et encore hanté par ses souvenirs de guerre, mettra un point d’honneur à résoudre ce mystère vieux de vingt ans. Intrigue, personnages, relations complexes, rebondissements, tout contribue à faire des Neuf cercles un excellent roman, le problème des classes sociales, du secret, des amours adolescentes, de l’attente, du regret, tout est magnifiquement traité.
Néanmoins, j’ai trouve ce roman nettement moins bon que tous les précédents.
Les digressions post-traumatiques de Gaines, son passé de soldat, les flash-back existentiels, personnellement, tout cela a failli avoir raison de ma patience. Beaucoup de répétitions inutiles m’ont semblé alourdir un rythme déjà laborieux. Mais bon, Ellory, quoi !
Donc j’ai poursuivi, vaillamment, attendant que l’histoire démarre. Et elle démarre, à un tiers du livre, voire plus. On entre enfin dans le vif du sujet, des personnages essentiels apparaissent, l’intrigue prend une nouvelle tournure, Gaines commence à obtenir des bribes de réponses, mais tout autant de nouvelles questions. L’histoire des protagonistes est complexe, et c’est avec vingt ans de retard que Gaines s’immisce dans la vie d’un groupe d’adolescents, cherchant à comprendre leurs relations, leurs affinités. L’ennui du premier gros tiers est oublié, Ellory est de retour ! Et pourtant, si tout semble bien mené jusqu’à la fin, j’ai tout de même trouvé que les ultimes rebondissements étaient un poil too much, un chouïa trop tiré par les poils du nez, mais alors un tout petit peu, hein, à peine plus qu’un téléfilm de M6. Oui, non, vraiment, la chose part un peu en cacahuète sur la fin, après la torpeur du premier tiers, c’est un revirement de trop pour le final. Donc dans l’ensemble, un Ellory qui m’a ennuyée, passionnée, et "perplexifiée". Dans l’ordre.