Pour une banale histoire de bouteille introduite illicitement dans son restaurant, le jeune Alexandre Romani poignarde Alban Genevey au milieu d’une foule de touristes massés sur un port corse. Alban, étudiant dont les parents possèdent une résidence secondaire sur l’île, connaît son agresseur depuis l’enfance. Dès lors, le narrateur, intimement lié aux Romani, remonte – comme on remonterait un fleuve et ses affluents – la ligne de vie des protagonistes et dessine les contours d’une dynastie de la bêtise et de la médiocrité. Sur un fil tragicomique, dans une langue vibrante aux accents corrosifs, Jérôme Ferrari sonde la violence, saisit la douloureuse déception de n’être que soi-même et inaugure, avec la thématique du tourisme intensif, une réflexion nourrie sur l’altérité. Sur ce qui, dès le premier pas posé sur le rivage, corrompt la terre et le cœur des hommes.
Jérôme Ferrari is a French writer and translator born in 1968 in Paris. He won the 2012 Prix Goncourt for his novel Le Sermon sur la chute de Rome ("The Sermon on the Fall of Rome").
Ferrari has lived in Corsica and taught philosophy at the lycée international Alexandre-Dumas in Algiers for several years, then at the Lycée Fesch of Ajaccio. Currently, he is professor of philosophy at the French School of Abu Dhabi.
One work has been translated into English, Where I Left My Soul (2012), it "is set in the mid-1950s during the Algerian war, looking backwards to the second world war and the French defeat in Indochina, and forwards to the collapse in 1958 of the Fourth Republic.
Dans ce roman surprenant, Jérôme Ferrari a choisi la Méditerranée comme terrain d’étude. Il y raconte l’histoire d’une famille vivant dans la misère sociale et culturelle, qui fait peu d’efforts pour améliorer sa situation. Cette famille emmerde le monde, produisant une suite infinie de délinquants et d’individus médiocres.
Et c’est le meurtre absurde commis par Alexandre Romani, dernier rejeton de cette famille, qui pose les fondations du roman. Une de ces bêtises qui ne vaut pas que l’on s’y consacre, et pourtant, il y en a plein dans la réalité… L’axe choisi par l’auteur est astucieux et intéressant : il situe tout cela dans un contexte social, culturel et économique, remontant l’arbre généalogique des Romani, évoquant le tourisme oppressant…
La plume de Ferrari est une plume à suivre. Il y a des phrases à rallonge, oui, mais qui nous emmènent dans son tourbillon volubile, parfois sur plusieurs pages, attestant de sa parfaite maîtrise de la langue française. Son style est envoûtant et résolument acerbe, et il ne cache pas son appartenance à l’humour noir.
Le narrateur, un proche des personnages, écrit après l’action et adopte une posture de critique. Il ne s’empêche pas d’être grossier, quand il peut tout aussi bien insulter le sujet de sa phrase par mille tournures farfelues et insolentes. Du fait d’un ego revendiqué, il peut s’attirer l’antipathie de son lecteur, mais c’est pour moi une stratégie qui fonctionne pour rendre un message aigre et cynique. Celui d’une société amère, fausse et en perdition, qui laisse le même goût que celui du café noir. Finalement, le narrateur, si distant qu’il veut bien l’être, n’est pas si différent de ses sujets d’étude…
En fond se cache une critique diffuse, mais assourdissante du tourisme de masse, de la voyoucratie, du consumérisme, de la richesse absurde, de l’idiotie et de la convoitise. Le ton tend à s’accélérer vers la fin, et c’est la colère de l’auteur qui éclate, une colère intellectuelle, justifiée et qu’on peut louer pour la forme qu’il lui a donnée. En conclusion, c’est un roman auquel je ne m’attendais pas, et que j’ai apprécié pour sa dose de fraîcheur. Il manquait cependant quelque chose pour m’emporter réellement.
Avec une langue sans pareille, Ferrari raconte la cohabitation et la perdition des hommes, des âmes, des lieux. La vie insulaire en toile de fond et la violence systémique en filigrane, l’auteur goncourisé nous emporte comme nul autre dans les chemins de vie de ceux qui se croisent un jour fatalement, pour nous emmener aux racines des idées, souvent plus ancrées qu’on ne le croit. Une merveille.
Très grande déception pour moi qui admire beaucoup les livres de Ferrari (moins les deux derniers). Là, il prend un ton revanchard de type aigri et déprimé pour insulter tous et toutes sans jamais creuser, se montrer fin, profond et subtil. Quelques moments où l'on sourit jaune.
La lecture de Nord Sentinelle m’a laissé une impression mitigée. La première moitié du roman m’a semblé particulièrement difficile à suivre. Le style de Ferrari, connu pour ses phrases longues et ses changements de point de vue, était ici parfois lourd et inégal. Les apartés nombreux et les digressions ont compliqué ma compréhension du fil que l'auteur essayait de tirer, m’empêchant de m’investir pleinement dans le récit. Les phrases à rallonge, bien qu’agréables par moments, devenaient inopportunes, freinant le rythme du texte et alourdissant la narration. A partir de la seconde moitié, le style s’est adouci et est devenu plus fluide. Les apartés se sont fait plus rares, les changements de point de vue moins perturbants, et les phrases longues sont devenues plus maîtrisées. Cette amélioration a permis une lecture plus agréable et m’a permis de mieux apprécier le propos. Les trois dernières pages, composées d’une seule phrase, bien que caractéristiques de l’auteur, ne m’ont pas dérangé autant que celles du début. Elles apportent une clôture intéressante, presque lyrique, mais auraient pu me frustrer si le reste du texte avait conservé le même style pesant que dans la première moitié du roman. Nord Sentinelle m’a donc laissé un sentiment d’inachevé, avec un début difficile à suivre et presque pénible mais une seconde moitié plus plaisante. Ce n’est peut-être pas le meilleur cru de Ferrari, mais il prouve que cet auteur mérite qu’on s’y attarde davantage. Ses réflexions philosophiques et sa capacité à manier la langue peuvent en faire une lecture enrichissante, même si ce roman particulier n’a pas complètement répondu à mes attentes.
Style confus, pédant et franchement vulgaire à certains moments. Je suis profondément déçue de ce livre, alambiqué, et faussement complexe. En réalité, si j’ai aimé la critique d’une certaine bourgeoisie, et l’aspect acerbe du narrateur, ce livre m’a provoqué un certain dégoût assez complexe à exprimer. J’avais déjà ressenti ce genre d’impression en lisant l’étranger de Camus. Mais là… c’est encore plus prégnant d’autant que je n’aime pas la plume… Très déçue du livre, mais assez court pour y survivre
En Corse, le jeune Alexandre Domani subit l'humiliation ultime lorsqu'Alban, un vacancier, amène une bouteille de vin dans son restaurant. Ce fait divers est le point central du roman, qui permettra à l'auteur de retracer toute l'histoire de la dynastie (ridicule) des Domani.
J'ai beaucoup aimé l'écriture : certaines phrases sont très longues mais toujours intelligibles, c'était assez impressionant ! Le côté "réac" de l'auteur m'a aussi beaucoup fait rire, c'est très sarcastique mais subtile en même temps.
Par contre quand l'histoire change de narration, ou de style (policier, philosophique, historique) j'ai trouvé que pour un roman de 140 pages, ça ne passait pas trop bien. Cela rend parfois la lecture un peu compliquée, notamment le début où j'ai dû m'accrocher un peu.
Après avoir lu quelques avis sur ce livre, il semble que ce style soit assez commun de l'auteur.
Avis un peu mitigé. J’ai eu quelques difficultés à commencer le roman, mais une fois compris le mode de changement de point de vue par l’auteur, cela s’est quelque peu arrangé. J’ai apprécié l’évolution de l’histoire, tous ces destins qui se rejoignent dans l’acte barbare d’Alexandre, centre du roman autour duquel gravite tout le reste. De jolis passages sont à relever, j’ai beaucoup aimé celui sur le Djinn qui caresse les paupières des enfants pour leur faire découvrir les « véritables couleurs » du monde qui les entoure…
Je ne sais pas du tout où l’auteur veut en venir dans son livre, aui finit un peu en eau de boudin, mais pour autant il m’a complètement emporté dans son univers. C’est dû à un vrai style, des phrases longues qui coulent et nous fait naviguer dans l’histoire. On rit (jaune), on s’attache aux personnages malgré leurs défauts (ou grâce). Une vraie réussite littéraire. Cela donne envie de lire d’autres de ses livres
3,5/5 J'ai failli commettre l'erreur de fermer le livre au milieu. Certes ce dernier est très long au démarrage mais prend un tournant très impressionnant par la suite. Les dernières pages sont tout autant délicieuses et cruelles. Un livre qui restera dans mes pensées très certainement. Nos terres alpines sont solidaires à sa Corse.
vraiment impressionné du style surtout, mais pas très profond à mon goût sur la promesse de "portrait et condamnation du tourisme de masse" qui reste très convenue.
sur 100 pages ça a un peu l'ampleur d'un récit épique long en reposant cette histoire dans un contexte d'une histoire de sultans et des ancêtres Romani (passages qui m'ont sûrement le + intéressé)
Style qui m'a fait penser à celui de Maylis de Kerangal avec ses longues phrases. ça m'a donné envie de lire le roman pour lequel l'auteur a reçu un prix Goncourt. Personnages qui s'entrechoquent un peu. J'ai parfois été confuse sur le mélange pdv/narration
J’ai compris et puis pas compris… C’est en même temps une études tragique et drôle d’une famille sortie de film La vie est un long fleuve tranquille’.. Mais par moment son récit part dans des thèmes anthropologiques que j’ai pas saisi.
2 étoiles pcq le sujet est intéressant mais sinon : wtf L’écriture est LOURDE, la narration est complètement hasardeuse (pourquoi on passe d’un taureau fou à une étudiante de l’ens ?), le style ne m’a absolument pas convaincue, bref, 100 pages qui m’ont globalement laissée indifférente
Le narrateur critique beaucoup de choses plus ou moins pertinentes notamment le tourisme de masse, les ridicules événements de team-building, la petite racaille de père en fils, la débilité etc mais on notera qu’il ne critique pas la consanguinité. Pas que ce sujet ait particulièrement lieu d’être dans la liste non-exhaustive ci-dessus, mais disons plutôt qu’il a des fantasmes de nature sexuelle très explicites en ce qui concerne sa cousine. Au final, il n’est pas beaucoup mieux que toutes les personnes qu’il critique.
Un roman de Jérôme Ferrari n'est jamais seulement un moment fixé dans le temps. Car une vie n'est jamais réduite à un instant précis. Son écriture virtuose nous fait visiter le passé, nous bouscule d'une époque à l'autre, fait des détours discursifs, des diatribes, nous apprend de bien belles choses, évoque d'autres auteurs et autrices, et ses récits ne sont jamais exempts de ce qu'on appelle "l'âme corse".
Histoire d'un crime impulsif, histoire d'une famille criminelle, histoire d'une amitié et d'un béguin, "Nord sentinelle" déborde de beauté rugueuse et de phrases à jeter par terre. Devriez-vous lire Ferrari? La question ne se pose même pas.
Alors je vais vous le dire cash : je n’ai pas du tout aimé ma lecture. L’idée d’origine, lorsqu’on lit le résumé du roman parait franchement cool, avec de nombreuses péripéties qui promettait beaucoup. Mais en réalité, lorsque je me suis plongée dans cette histoire, je n’ai pas réussi à aller au-delà de 20%. Ce livre n’était pas pour moi ! L’univers de ce roman, qui se passait pourtant dans notre monde a été présenté de manière un peu brouillon, parce qu’on change constamment de point de vue, sans crier gare, ce qui est loin d’être agréable. De plus, les descriptions sont incroyablement nombreuses et importantes, ce qui rend la totalité de l’histoire trop envahissante à mon gout. Elle parait tellement lourde et n’a de ce fait eu aucun attrait à mon encontre. Et c’est franchement dommage !
L’histoire quant à elle n’a pas vraiment su me convaincre, malgré ses qualités indéniables. En effet, le fait qu’elle commence et que dès ses premières pages on a cette impression brouillon de flou qui ne m’a franchement pas plu. Mais c’est ainsi ! C’est ce qui m’a le plus rebuté dans cette histoire, et ce qui m’a empêchée de continuer, malgré mon intérêt pour le résumé qui avait su me convaincre. De plus, un autre point qui a motivé mon abandon, c’est vraiment le manque d’actions qui donne une impression statique. De ce fait, j’ai vraiment eu l’impression que strictement rien ne s’était passé pendant le laps de temps que j’ai lu.
Les personnages n’ont également pas vraiment su me conquérir. En effet, s’ils avaient de la place pour se développer, ils sont en réalité restés assez en retrait. On ne connait pas grand-chose d’eux, si ce n’est qu’ils sont présents. Avec le peu de l’histoire que j’ai lu, je ne les ai pas vraiment trouvés très actifs, que ce soit dans leur personnalité ou dans les relations qui sont préexistantes. De plus, le fait que leur personnalité ne soit que peu travaillée est en réalité vraiment dommage, parce qu’il y avait du potentiel. Peut-être ont-ils été mieux traités dans la suite, en tous cas je l’espère.
La plume de l’auteur n’a également pas vraiment su me conquérir. En effet, il a réussi à mettre en place une atmosphère qui englobe son récit. Mais cette dernière est à mon goût bien trop forte et bien trop puissante pour être agréable. Elle appuie sur le récit dès le début, ce qui fait que je l’ai trouvé trop lourde et trop visqueuse pour pouvoir apprécier ma lecture pleinement. En revanche, elle s’améliore peut-être après, mais j’en doute très fortement malheureusement.
Ce n’est donc pas vraiment une réussite à mon avis.
Le roman, Nord Sentinelle de Jérôme Ferrari est un délice de finesse, d’humour, de dérision et de réflexions ! En convoquant la figure sans scrupule du premier explorateur du monde, Richard Francis Burton, Jérôme Ferrari dénonce les touristes, les autochtones, tout le monde en fait, dans son roman, dont le sous-titre est Contes de l’indigène et du voyageur, en prenant exemple sur son île de beauté, la Corse.
Premier opus d’une trilogie annoncée, Nord Sentinelle démarre par le geste criminel, insensé, du cousin du narrateur, issu des puissants Romani, qualifié rapidement de « con » et de » parasite alangui, violent ».
Un soir de terrasse pleine, tout juste après la pandémie, le jeune Alexandre Romani s’en prend à un touriste, Alban Genevez, étudiant en médecine et le poignarde. Aussitôt, emprisonné, le meurtrier ne regrette rien, et même continue à être fier de son acte. On apprendra plus tard les raisons de son geste, assez dérisoires, en fait !
Explorateur et autochtone Convoqué Richard Francis Burton au début du roman, c’est accepté le constat d’un sultan, semble-t-il illustre, qui après lui avoir offert l’hospitalité n’a pu que le regretter : il avait souillé la terre de sa ville sainte. Ainsi, Jérôme Ferrari laisse entendre que tous touristes seraient » à tuer » pour éviter une contamination dangereuse. Il fait un parallèle avec son petit-cousin Alexandre, autochtone indéniable, qui lui, un jour, a accompli le geste que le sultan aurait tellement dû faire. Le style est alambiqué, complexifié comme s’il s’agissait d’une écriture du 19 ème siècle au début.
En remontant le fil de ses souvenirs, avec une écriture en italique que le narrateur adresse à Catalina, la mère d’Alexandre, pour qui il garde une attirance certaine, le narrateur commence à distinguer les autochtones. Car, Philippe, choisit par la belle Catalina, le père d’Alexandre, est aussi son ami d’enfance. C’est dire que le narrateur connaît bien cette famille qui domine son île natale depuis des siècles.
Seulement, au fil des chapitres, où l’écriture de Jérôme Ferrari se libère de ce carcan imposé du début. Elle devient rapidement ironique, savoureuse et même hilarante avec la description de scènes mémorables.
Ainsi, les propriétaires actuels, vivants de cette industrie du tourisme ont tendance à oublier que leur respectabilité, acquise au fil des ans, ne repose que sur une criminalité du passé, comme l’histoire de Nicolas Romani le signale.
En conclusion Seulement, aucun manichéisme chez Jérôme Ferrari, car sa famille n’est pas uniquement liée à celle des Romani par la traîtresse Catalina. Tout est imbriqué. La famille du narrateur a choisi la connaissance à la criminalité. Mais, à chaque souvenir, les Romani sont présents. Rien ne permet de s’extraire de cette mélasse, ni l’exil, ni la politique !
Constat pesant et inexorable de Jérôme Ferrari, répétant dans cette fin, d’une seule phrase, le destin de chacun à assumer dans sa solitude sa responsabilité d’être humain.
Jérôme Ferrari raconte, sous forme de contes mis en lumière par la table des matières, l’histoire de vies marquées par des destins différents, où chacun doit assumer son libre arbitre dans une solitude totale, en prenant pour exemple ses sujets favoris : sa terre, les hommes qui la composent et les touristes qui l’envahissent.
Brillant comme toujours. Moins émouvant que Un dieu un animal et À son image, mais évocateur de la Corse comme rien d’autre.
Au-delà de la charge contre le tourisme, je retiens surtout la description de cette faillite éducative où la mère considère son fils (unique) comme la réincarnation de Jesus, en mieux, qui a tous les droits sans aucun devoir et qui l’empêche de devenir un homme, au sens d’adulte.
Alexandre, devenu assassin suite à un affront mineur, est le produit d’une éducation coupable. Élevé comme s’il était un dieu, la confrontation avec la réalité - c’est un « bon à rien » - est tellement violente qu’elle le transforme en bourreau. La confrontation première avec la loi à 18 ans (après le braquage d’un vieil homme qu’il connaît depuis l’enfance) est inefficiente car sa mère minimise, jamais ne condamne. Il n’y a plus de morale qui tienne. Il est dans la toute puissance. Seule la prison (à vie!) et la mort lui permettront de comprendre qu’il est un être humain comme les autres et qu’en l’espèce il vaut plutôt moins qu’autrui. Lorsque sa « maman » explique à la gendarme qu’elle se contrefout de la survie de la victime, sauf si elle joue en faveur de son fils assassin, elle dit tout. C’est bien elle la criminelle. Celle qui a armé la main d’Alexandre, plus sûrement que l’orgueil blessé de cet imbécile. Ces mères de fils qui prennent leur revanche sur les autres (souvent les femmes mais pas dans ce roman) en instrumentalisant leur progéniture masculine sont vraiment dangereuses. L’amour maternel qui ne s’accompagne d’aucune autorité, d’aucune fermeté, d’aucun repère moral est foncièrement destructeur et castrateur: il maintient le garçon dans un état d’immaturité psychique inversement proportionnel à son gabarit et donc à son potentiel mortifère.
The setting for this story is Corsica. A French island where politicians don't give a damn about the authorities in Paris and where the archaic is omnipresent. The catastrophes in this novel are manifold: the island loses its identity and surrenders itself to sell-out over the decades - and the inhabitants destroy each other in a spiral of hatred and brutality that has been nurtured over generations and ends in the murder of a young tourist. Ferrari tells this actually tragic story with uncanny linguistic power and a constantly surprising, wonderfully bitter humour. His skilfully intertwined sentences, which seem to go on forever, make it almost impossible to put the book down for even a moment. The narrator is one of the locals who, since childhood, has observed how the island becomes a Disneyland for tourists in the summer months and only has emptiness and dreariness to offer out of season. However, the narrator is such a misanthropic cynic that his report cannot be trusted. He describes his best friends and family with the same hatred as the tourists, and almost no one is spared his scathing judgement. The hardest hit is young Alexandre, the son of the woman he himself could not have and who will later become a murderer. Jérôme Ferrari uses the story of Alexandre and his - from the narrator's point of view - all misguided ancestors to try to fathom the cause of the violence and hatred - against the backdrop of a seemingly degenerate society in which the brazen tourists and the deceitful locals are in no way inferior to each other in terms of wretchedness. It is a great story that I am happy to recommend.
L’inde : son fleuve, ses moines, sa capitale polluée, et son île de North Sentinel. Sur cette île, ses habitants ne laissent personne s’approcher.
Je me demandais pourquoi l’auteur avait choisi ce titre pour son roman. Est-ce un roman, d’ailleurs ? Je le vois plutôt comme un agrégat de récits et de réflexion autour de la Corse, ses habitants, et du tourisme.
Le personnage d’Alexandre m’a fait presque rire jusqu’à la catastrophe.
J’ai aimé suivre le personnage de Shirin et le conte du Djinn.
L’histoire de team building m’a faite sourire et j’ai eu de la peine pour cette team emmenée par sa manageuse hyperactive.
J’ai été horrifiée par celle de l’enquêtrice qui ne voulait rien savoir des mobiles des crimes, souvent futiles.
Sa très brève théorie de l’enfer ne m’a pas convaincue.
Tout au long de ma lecture, je me demandais où voulait en venir l’auteur. C’est en lisant la table en fin de volume que j’ai compris.
Malheureusement, je pense que cette lecture ne me marquera pas longtemps.
L’image que je retiendrai :
Celle du narrateur obligé de faire cours de philo à son seul élève de terminal, obligé dêtre présent à cause de son bracelet électronique.
J'ai mis deux semaines à lire ce petit galet à ricochets de 100 pages, et je vois que je n'avais même pas indiqué que j'étais en train de le lire. Ce n'est pas vraiment étonnant, parce qu'à aucun moment je n'ai saisi ce que je lisais. Parfois, au détour d'un paragraphe, je croyais comprendre, même si je trouvais les récits les plus simples ampoulés jusqu'à l'overdose... puis de nouveau tout s'écroulait, avec des passages historico-solennels, sans doute poignants pour les lecteurs embarqués, grotesques pour les autres. Je ne comprends pas le livre, je ne comprends même pas les articles lus sur le livre. Vers la fin tout cela se transforme en une sorte d'article point de vue à la Slate sur le sur-tourisme, auquel je souscris d'ailleurs sur le fond. On a l'impression que Ferrari essaie de clarifier ? Je ne sais pas. Je continue d'être heureuse que les réceptions sur un texte puissent être si variées. Ce livre n'était clairement pas pour moi. J'aurais trouvé plus d'intérêt à regarder tourner une heure trente un manège dont les nacelles ont été décrochées pour maintenance Je ne mets pas une étoile parce que je vois bien qu'il y a sans doute quelque chose derrière. Quoi, je ne sais pas. Mais quelque chose.
J'ai terminé le livre de Jérôme Ferrari. Comme beaucoup d'autres j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit. J'étais beaucoup trop choquée par certains passages ou personnages. J'ai trouvé beaucoup de passages super tordues et je ne comprenais pas quel était l'interet de raconter cela. Je suis assez d'accord que le point de vue de Shirin et le chapitre final ajoutent quelque chose au récit. J'ai beaucoup apprécié le point de vue de la policière. La fin m’a un peu réconcilié avec le récit. Cependant, le côté cynique et grotesque de ce livre, (même si c'est vrai que ça fait penser à L'Étranger d'Albert Camus que j'ai adoré), étaient trop lourds pour moi pour réellement apprécier la lecture et l'écriture.