Petite, j’accompagnais souvent mon père lorsqu’il allait aux corps. Dans le sous-sol de la salle paroissiale de Saint-Benjamin, on s’assoyait sur les chaises placées devant le cercueil ouvert, et on prenait des nouvelles du monde au village.
Inspirée par les rites funéraires familiaux, Laurence Veilleux poursuit dans Aller aux corps une mythologie toute personnelle en secouant ses fantômes pour en récupérer la parole. À travers une poésie qui donne corps à la mémoire, une enfant confronte la mort en évoquant celle de son père, de sa grand-mère et d’Aurélienne, la première épouse de son père qu’elle n’a jamais connue, mais autour de laquelle gravitent blessures intouchables et non-dits.
Originaire de la Beauce, Laurence Veilleux est l’autrice des recueils Chasse aux corneilles (2014), Amélia (Prix Félix Leclerc 2016) ainsi que d’Elle des chambres (Prix Émile Nelligan 2019), tous parus aux éditions Poètes de brousse. Elle vit et travaille à Rimouski. Aller aux corps, son plus récent recueil de poésie, est paru au Noroît.
"il faut certainement s'égarer pour arriver chez nous toutes mes amies habitent le même rang et nos pères sont les bandits de ce royaume jeté au feu les soirs de grande brosse"
"Je crains le calme après le ravage. Le ravage après le ravage."
Les mots sont forts! J’ai eu la chance d’entendre l’autrice lire quelques extraits de ce recueil, lors des nuits de la poésie à Rimouski l’année dernière. Ses mots et sa narration m’avaient tant émue, puisque j’aurais pu croire que c’est de mon père qu’elle parlait. J’ai lu ce recueil d’un trait, et je ne l’ai pas rangé tout de suite dans la bibliothèque, puisque je pense le relire une autre fois avant. Ce recueil m’a vraiment happée. Chapeau bas à l’autrice!
Aller aux corps est le quatrième recueil de poésie de Laurence Veilleux, dans lequel l’autrice relate certaines histoires familiales tristes et poétiques.
Le rapport particulier qu’entretenaient ses parents avec la mort et la religion catholique sera inversé chez l’autrice grâce à la puissance des pensées et des émotions propres à l’enfance. Elle cherchera donc à s’extirper du carcan relié aux sacrements de l’Église catholique, tout en relatant certains éléments de la vie de son père, de sa grand-mère et d’Aurélienne, la première femme de son père, qu’elle n’a pas connue et qui a eu une vie brisée et cachée sous les non-dits et les tabous familiaux.
Aller aux corps est un court recueil, mais le plaisir de la lecture fut très grand pour moi! Laurence Veilleux est une poète de grand talent qui a déjà remporté les prix Félix-Leclerc et Émile-Nelligan.
L’une de mes premières lectures d’un roman de poésie. J’ai adoré les métaphores, les enjeux que vivent souvent les familles au sein des régions rurales, la consommation, la violence, la pauvreté, le manque de ressources et la souffrances qui peut en découler chez les enfants vivants dans ces milieux. La mort en soi est synonyme de souffrance et parfois difficile à vivre pour les enfants. La question du mariage sans amour pour espéré une vie meilleure. Ce roman dégage beaucoup de traumas et de souffrances déchiffrables à travers les allusions, le choix des mots et les émotions transmises par l’autrice sur les pages de ce récit biographique ❤️
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La lecture des quelques 80 pages signées par Laurence Veilleux me laisse interrogative. J'ai d'abord été curieuse parce que l'autrice est originaire de mon coin de pays et que pour "Aller au corps", j'allais au même endroit qu'elle. Ensuite, malgré quelques bijoux de phrases, plusieurs preuves de son talent, je ne me suis jamais vraiment rendue au corps avec elle.
L'intention était là mais pas la destination. Dommage...
Depuis un moment, par soucis d’impartialité, je ne note plus les livres écrits par des auteurices que je connais. Mais je donnerais toutes les étoiles à ce recueil, car Laurence est une grande poétesse. Sa sensibilité et la justesse de chaque mot choisi ne cessent de m’épater.
« j'éprouve une antique ressemblance entre mon coeur et celui des bêtes entre ma chair et la courbe des herbes ce qui vit et ce qui meurt sans se plaindre ni rompre aucun silence »