Un roman dont le magnétisme, la gravité, le spectacle rappellent que toute littérature est une littérature d'évasion. " Il y a beaucoup de monde ! " remarqua la visiteuse à peine entrée. Lucille compta. " Nous sommes huit. Neuf avec vous. – Je ne parlais pas des vivants. "
Sussex, Angleterre, 1934. Alors qu'ils viennent d'emménager dans le manoir de Winnicott Hall, Archibald et Lucille Montgomery confient à Viviane Lombard, une Française à l'attitude et au franc-parler peu ordinaires, l'éducation de George, leur jeune fils aveugle. Tandis que la préceptrice et l'enfant apprennent à s'apprivoiser, un doute s'instille peu à peu chez eux comme chez tous les habitants de la vaste demeure, maîtres des lieux et personnel confondus : une présence invisible ne rôderait-elle pas entre les murs de la vieille bâtisse ?
Avec ce troisième roman, Manchette-Niemiec se posent en maîtres de la narration, faisant coïncider la force d'une histoire avec la puissance des images. Leur façon de mêler la grammaire cinématographique au langage romanesque impressionne. Prenez George, cet enfant aveugle aux prises avec les cauchemars ou les fantômes : Henry James ou Steven Spielberg auraient adoré l'inventer.
3,5 Ai-je passé un bon moment de lecture? Absolument. C'est divertissant, on a des personnages attachants, une atmosphère gothique remplie de planchers qui craquent et de meubles qui bougent.
Donc, bon moment mais il m'a quand même manqué de profondeur et de mystère. Maison hantée, fantômes, j'aime. Mais j'aime surtout quand ils permettent d'explorer autre chose ou quand ils font vraiment peur. Par contre, j'ai aimé l'humour, ça se lit tout seul et je vais en garder un bon souvenir.
Bon divertissement donc, qui m'a fait lire le tout en 3 jours!
1934, Vivianne Lombard, française, arrive au manoir de Winnicott Hall dans la campagne anglaise en tant que préceptrice de George, un jeune garçon aveugle. Dès les premières pages nous sommes immergés dans la vie de manoir, entre majordome, femmes de chambre, cuisinière et maîtresse de maison… Mais aussi dans les mystères de la demeure où il semble se passer des événements inexpliqués (surnaturels ?). L’angoisse des habitants du manoir monte progressivement au fil des pages. Est-ce une folie générale, ou se passe-t-il réellement quelque chose dans ce manoir ?
Le handicap du petit George nous immerge dans les mystères de la maison. Au cœur de ses propres perceptions et ressentis privé de sa vision, nous lecteurs, ne savons pas s’il s’agit de fabulations ou d’une réelle présence anonyme dans ce manoir.
Avec quelques pointes d’humour, cette lecture est captivante et immersive, on entend le vieux portail en fer forgé grincer, le bois du plancher craquer, on voit la brume anglaise et le vent souffler dans les arbres.
Sous des airs de Jane Eyre (sans la romance), ce livre est addictif, nous avons du mal à le lâcher et c’est avec tristesse que je quitte ce manoir et ses personnages terriblement attachants. J’ai adoré le personnage de George qui est adorable.
Enfin, les références littéraires glissées çà et là dans le récit ne sont pas pour me déplaire. Cette lecture a été un immense coup de cœur que je vous invite à découvrir si vous aimez les ambiances anglaises et gothiques où le lecteur fait partie intégrante de l’histoire.
J’aime bien l’épouvante, j’aime bien l’humour, mais quand l’un apparait dans ce roman, il est vite balayé par l’autre, ce qui ne permet pas une réelle ambiance de s’installer. Je déteste également les apartés en direction du lecteur, sauf quand c’est un réel parti pris du roman, quelque chose qui fait partie de la trame narrative et de l’expérience de lecture (comme pour les Bartiméus, par exemple). Là, ils sont sporadiques, semblent tomber comme un cheveu sur la soupe et les explications qu’on nous fournit arrivent si tard qu’elles ont été pour moi une excellente raison de rouler les yeux.
J’aurais voulu aimer ce livre, il a un bon speech, un bon début, des personnages intéressants, des idées qui auraient pu m’intéresser, mais tout semble trop peu développé ; les intrigues sont quasi toutes survolées, les points d’intérêts ne sont pas approfondis, il faut attendre un moment pour que les gens s’inquiètent du phénomène de manoir hanté, mais c’est traité tellement en surface que ni moi, ni la plupart des personnages n’en ressentons une réelle crainte. J’ai eu l’impression de lire un prétexte, à plusieurs sujets, d’autant que les histoires de lieu ou personnes hantées en Angleterre est en soi un sujet qui a déjà été traité par le passé, et d’une manière suffisamment réussie pour qu’on puisse s’en inspirer. Là … eh bien ça n’est pas si horrifique, ça n’est pas réellement une étude sociale, ce n’est pas non plus très drôle, le traitement historique est assez éloigné, le côté domestique (au sens vie domestique) ou relation entre classes ne vaut pas non plus le détour. On pourrait trouver des thèmes plus profonds, comme la résilience, ou l’amour, ou le deuil, et yada yada. Mais ça ne me convainc pas non plus.
J’ai eu l’impression de lire une ébauche, des idées qui auraient pu donner quelque chose de grandiose, mais il aurait fallu pour ça se concentrer sur un point ou deux, un genre unique, poursuivre plus loin les idées. Là toutes les épreuves, les rencontres, remarques, relations ont à un moment un climax, qui se conclut dans un deus ex machina ou un personnage sorti de nulle part, où la victime se contente d’un « oh ok, c’est fini » et ça n’a pas plus d’importance que ça..
(2.5) Un peu déçue de cette lecture, ça démarrais bien et la relation entre Viviane et George est le point le plus fort/appréciable du récit. Les personnages sont attachants et le rythme saccadé avec lequel les différents tableaux s'enchaînent permet de ne pas s'ennuyer. Le reste est toutefois très oubliable, on est sur une histoire de fantômes prévisible (je n'ose pas dire cliché), qui ne réinvente pas la poudre. Je ne sais pas pourquoi j'avais espoir d'un twist ou d'un retournement de situation pour justifier tout ça, mais même un grand coup de théâtre n'aurait pas sauvé le récit. Les pages finales m'ont laissée de marbre. J'aime quand les fantômes sont un prétexte pour explorer d'autres thèmes (le regret, le deuil, la mémoire, etc) mais c'était très superficiellement traité ici, rien qui sorte des poncifs habituels. En somme, c'est une lecture rapide qui n'est pas désagréable en tant que telle, mais qui laisse tout amateur d'épouvante sur sa faim.
Je suis clairement sortie de ma zone de confort avec ce livre. Si ce n'était pas ces auteurs qui l'avait écrit, je ne suis pas certaine que je l'aurais lu. C'était angoissant, beau, tendre, triste. Une flopée d'émotions qui m'a prise du début à la fin. Je me suis beaucoup attachée aux personnages, à leur vie. J'étais avec eux à chaque instant. Les 100 dernières pages m'ont brisé le coeur. J'ai adoré de bout en bout.
J’aurais aimé pouvoir mettre même 10 étoiles, franchement ce fut un vrai coup de cœur, !! j’ai de la chance, ça fait un bout de temps que quasiment toutes mes lectures me plaisent. Celui-ci fera partie de ceux dont je vais souvent me souvenir.
Lisez le ou écoutez le (François Delaive est un très bon lecteur), vous ne regretterez pas
Beaucoup d’humour sur la majeur partie de l’histoire suivie de beaucoup d’émotions et d’amour ! Quitter winnicott et ces habitants, la famille comme le personnel, va me manquer Et oui il y a des fantômes mais ils ne font pas du tout peur (et c’est 1 flipette 😄 qui vous le dit !)
Merci à la maison d'édition et à Netgalley pour cette aventure à Winnicott.
Sur ce roman plane un élan de mélancolie et de tendresse, tout comme c'est le cas entre les personnages et cette demeure. L'amitié de Vivianne et de George m'a beaucoup touché. J'ai aimé l'espoir de la préceptrice envers son élève. Ce livre repose surtout sur son ambiance et cette sensation de huis-clos. L'angoisse est prenante bien qu'en toile de fond par rapport aux relations inter-personnelles. Les accents gothiques sont relativement légères sur 70% et j'aurais aimé en voir un peu plus. La fin m'a laissé +/- inerte. Elle n'a pas été décevante pour autant mais sans grande surprise. Je m'attendais à un retournement de situation qui n'est pas forcement venu. Les révélations se font de façon plus lente que ce que j'attendais mais cela permet de ne pas sentir le tout rushé, ce qui est appréciable. C'est surtout un livre sur le chagrin et sur les liens. Le lieu très incarné et l'époque aident à créer cette atmosphère. La représentation du handicap m'a semblé juste et j'ai été heureuse d'apprendre les recherches menées par les auteurs. Le livre m'a vraiment emporté avec lui, malgré certaines touches d'humour qui m'ont fait lever les yeux aux ciel (représentation du personnel). J'ai dévoré le tout, je recommande!
Encore une fois, j’ai été conquise par la plume de Ludovic Manchette et Christian Niemec, trois livres très différents, trois livres que j’ai adorés. Cette fois, nous sommes plongés dans les années 1930 au cœur d’un manoir hanté dans le Sussex. Tous les personnages sont intéressants et attachants, ils ont tous leur place dans cette histoire. Il y a beaucoup d’humour malgré les sujets de la mort et du deuil qui sont présents dans toute l’histoire. J’ai adoré frissonner avec tous ces phénomènes paranormaux qui se produisent au manoir. J’ai adoré l’amitié et la bienveillance qui lient tous les personnages de l’histoire, ayant quand même une préférence pour la relation entre Gorges, le petit garçon aveugle et sa perceptrice un peu étrange. Il y a beaucoup d’amour et d’amitié dans cette histoire. Un parfait équilibre entre ombre et lumière. Malgré les fantômes, j’aurais bien posé mes valises à Winnicott hall dans cette ambiance gothique anglais, avec tous ces héros qui m’ont fait vibrer…
Les souvenirs. Quelle trace laissons-nous de notre passage? Comment les autres se souviendront-ils de nous ? Que se passe-t-il après la mort ?
J’ai un avis rempli de nuances sur ce roman. J’ai adoré la plume des deux auteurs. Le choix des mots est toujours pertinent, soutenu et me donne l’impression que je pourrais aimer tout ce qu’ils écrivent. C’est ce qui m’a le plus tenue en haleine. Parce que je n’ai pas trouvé ce livre long, même si pour moi l’intrigue n’avançait pas assez. Je m’explique. Si je zoome sur deux parties du livres, disons une vers 25% et l’autre vers 75%, je n’ai pas l’impression que l’histoire a tellement avancé entre deux. Je me pose toujours les mêmes questions qu’au début et ma réflexion, par rapport à ce qui se passe, n’a pas évolué (celle des personnages non plus, en tout cas pas autant que je l’aimerais). C’est comme si d’un côté, la famille évolue, la nouvelle préceptrice (que j’aime beaucoup) apporte beaucoup à cette famille, à George, mais son rôle dans « l’intrigue », qui tourne autour des fantômes, ne fait pas tellement évoluer l’histoire.
Cependant, je me suis beaucoup attachée aux personnages. D’ailleurs, il y a certains passages à la toute fin qui m’ont touchée, et j’ai trouvés magnifiques. J’ai vraiment aimé être avec cette famille pendant quelques jours. J’ai pensé à Mary Poppins pendant toute ma lecture. C’est plutôt par rapport à ce qui se passe dans la maison, les événements bizarres, que j’ai quelques réserves.
Je décide maintenant que je vais lire tous les romans de ces deux auteurs parce que leur plume est fantastique, et que je sais que les sujets abordés dans leurs autres romans me passionneront.
Dire que j'attendais ce livre, c'est bien en dessous de la réalité. C'était la sortie que je lorgnais le plus cette année et j'ai pris mon temps pour me la procurer.
Découvrir le contenu de cette histoire qui est on ne peut plus éloigné de ce qu'on me promettait à la fois dans le résumé et sur la couverture, c'est réaliser, avec une pointe d'amertume, qu'il en va des livres comme du reste : on n'est pas à l'abri d'une déception et l'emballage a beau être chouette, ça ne signifie rien.
Le problème c'est que je ne comprends toujours pas où les auteurs ont voulu m'emmener. On reste souvent sur le bord de la route sans comprendre ce qui s'est passé et c'est frustrant. Pourquoi nous appâter avec tous les ressorts du gothique si c'est pour ne pas faire de gothique, au final ?
Ce livre, c'est tout simplement (comme un lecteur l'a dit) le manuscrit des bonnes idées non abouties, du vide et de la frustration.
Ceci dit, ce n'est pas une totale déception, mais ça s'en rapproche pas mal...
La première moitié du récit est une succession de scènes domestiques sans intérêt avec, ça et là, quelques épisodes bizarres ou effrayants. Les personnages sont si pittoresques qu'on se croirait, parfois, dans une simple comédie de mœurs.
Il a fallu arriver à la moitié de l'histoire pour que les évènements commencent à m'intéresser. J'ai apprécié les intéractions entre les personnages, le décor, les passages fantastiques, la montée de la tension, le suspense... Et puis est arrivée la fin, et là : tout est retombé. Non seulement cette fin est décevante, niaise au possible et totalement inutile, mais elle n'apporte aucune dimension au récit. Elle ne lui donne aucune épaisseur. Elle ne révèle rien de particulièrement marquant. Bref, je ne comprends pas ce qu'on a voulu me montrer.
Les auteurs ont peut-être cherché à aller au-delà du simple récit d'épouvante pour parler d'une facette de la famille et de tout ce qui gravite autour du foyer – les liens domestiques, les relations de cœur, la façon dont on se rapproche, peu importe son statut social, lorsqu'on se sent menacé, ou dont on se sert les coudes dans l'adversité...
Leur volonté était peut-être de nous montrer l'évolution de George, petit garçon aveugle que sa gouvernante française va peu à peu éveiller au monde, et rendre autonome. Peut-être est-ce un livre sur les peurs qui nous font reculer, sur les œillères qu'on refuse d'abandonner, sur ces petits riens qui rendent les vies plus belles et plus chargées...
Peut-être.
Quoi qu'il en soit, je reste mitigée et malgré l'humour et la légèreté, les chapitres courts et les personnages à l'immense potentiel non exploité, je ne garderai pas un souvenir impérissable de cette histoire.
Hooouuuu ! Bienvenue à Winnicott Hall. Nous sommes en 1934, dans la demeure des Montgomery. Cette famille est composée du père : Archi un archéologue passionné (et donc souvent absent), de sa jeune épouse, Lucille qui occupe son temps à chiner et aménager les lieux à son goût et de leur fils unique, le petit Georges, charmant gamin de 10 ans qui a la malchance d’être né aveugle. Ils viennent de quitter Londres et sa vie mondaine et palpitante, pour vivre dans le vieux manoir des ancêtres de Monsieur, dans le Sussex. Mais vous imaginez bien qu’ils ont besoin de petites mains efficaces et dévouées pour s’occuper de leur quotidien. À la tête de cette petite armée, il y a un majordome : Mr Talbott. Sans surprise, il est guindé, austère, puritain…et il se veut être le chef incontesté. Fallait-il donc toujours avoir ces caractéristiques là pour exercer cette profession ? La bonhomie est allouée à la brave cuisinière, celle qui sait tout, ici c’est Mme Dodds. Et pour compléter l’équipe, il y a 2 jardiniers et 2 domestiques un peu « bebêtes » les sœurs Pearl et Ruby. Ah j’oubliais un personnage très important, la préceptrice, Viviane Lombare. Elle va débarquer dans cette maison et va bousculer un peu tout ce petit monde. C’est vrai qu’elle est française et donc forcément un peu farfelue dans cette société très british. Bon tout ça, on l’a déjà lu, vu, ressenti en lisant les Downton Abbaye, les Cazalet, une saison à Longbourn… Rien de bien original en somme ! Le petit truc en plus ici, ce sont des phénomènes paranormaux qui surviennent dans ces vieux murs. Ne vous attendez pas à une atmosphère hyper angoissante, on n’est même pas chez Daphné du Maurier, ni même chez la grande Agatha Christie ! On a jamais vraiment peur. C’est le style un peu cinématographique et tous les dialogues qui en font un récit atypique et beaucoup plus joyeux. Décidément, j’aime ce duo d’auteurs. Ils savent se renouveler. Après 1 policier et 1 road movie, ils ont quitté les USA pour regagner l’Angleterre. Certes, ils ont avancé à petits pas, comme la vie dans cette campagne un peu figée, nous distillant les indices petit à petit. Il fallait laisser le temps au brouillard anglais pour se lever et éclaircir le mystère ambiant. Ce récit est délicat, malicieux et touchant. La relation entre Viviane et son élève est vraiment belle et l’issue de cette histoire est très émouvante. Allez, comme vous dirait Viviane, kenavo ou plutôt namasté, à vous de choisir !
Aujourd'hui, nous allons parler de A l'ombre de Winnicott, de Ludovic Manchette et Christian Niemiec, un duo d'auteurs que je découvre. Un roman que je qualifierais de sans prétention, mais qui fait passer un agréable moment.
Fraîchement débarquée de France, Viviane Lombard entre au service de Madame et Monsieur Montgomery, dans le Sussex, en tant que préceptrice de leur fils Georges âgé de 10 ans, aveugle de naissance. Elle va rencontrer le très classique Mr Talbot, le majordome, la cuisinière madame Dodds et les femmes de ménage, Pearl et Ruby. Mais, à sa grande surprise, elle va également rencontrer d'autres présences, des esprits pour le moins dérangeants.
Vous l'aurez compris, nous avons là une histoire de fantôme, et si elle est particulièrement bien écrite (tous les éléments sont là pour faire une belle frayeur au novice du genre, mais ne font guère sursauter l'habitué des manoirs hantés.), ce n'est pas de l'histoire en elle-même dont j'ai envie de parler. Ce sont les personnages, tellement attachants, humains et sensibles. Le plus remarquable est bien sûr Georges, cet enfant qui a dû mûrir plus vite que la plupart des enfants de son âge, mais qui conserve une très grande sensibilité. La relation qu'il noue avec Viviane m'a profondément touchée, ils se sont si bien trouvés tous les deux. Archie et Lucille Montgoméry, à leur manière, m'ont également touchée, lui dans son incapacité à montrer son amour alors qu'il ne demande que ça, elle dans sa manière de vouloir protéger son fils à tout prix. Et puis les domestiques, ces gens simples et vrais, fidèles à leurs patrons, je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle avec la série Downton Abbey.
La fin m'a tiré les larmes, incapable que je suis de résister à cette avalanche d'émotion, d'humanité, de vie, d'espoirs et d'amour. C'est un roman à lire pour ses personnages, que l'on quitte réellement à regrets, pour son ambiance gothique au sein d'un manoir qu'on rêverait de visiter, et pour son style narratif extrêmement efficace.
Wow, wow, wow. Je me suis complètement laissée emporter par cette histoire si particulière. Nous voilà plongés en 1934, en Angleterre, dans le mystérieux manoir de Winnicott Hall, où chaque habitant a une personnalité bien à lui, tous plus attachants les uns que les autres.
Ayant vécu quelques aventures avec des fantômes ou esprits, appeller les comme vous voulez, j'ai ressenti un lien particulié avec ce livre. Il a définitivement touché à une corde sensible chez moi.
J’avais adoré l’écriture dans Alabama 1963, et une fois de plus, j’ai été conquise. Je me suis surprise à rire (pour de vrai) à plusieurs reprises tant certaines répliques sont savoureusement drôles. Et que dire de la fin? Simplement parfaite. Une conclusion douce, juste, et qui clôt merveilleusement bien le récit.
Ce livre de fantôme ne parle pas juste d'un manoir hanté mais aussi de la quête de sens dans la vie lorsque l'on n'a plus espoir, ni confiance en l'avenir .. C'est un roman qui se questionne sur la vie avec un handicape, sur l'importance de l'amour filial mais aussi sur le deuil et la mort... Une histoire à l'humour délicieux et aux personnages plus qu'attachants. J'ai adoré ce livre qui m'a fait rire, m'a fait peur et pleurer.
Une histoire d’au-delà – et pourtant bien vivante grâce à des dialogues ciselés – servie par une grande qualité d’écriture. Le duo Manchette-Niemiec récidive dans un registre où on ne l’attendait pas. Une galerie de personnages auxquels le lecteur s’attachera à coup sûr (même les plus détestables). On y rit, on y pleure, un récit que l’on quitte à regret.
Cela a débuté avec des questionnements, avec un peu perplexité et cela a fini sur un coup de ❤️
Je m’explique ⬇️
Au début, je me demandais bien où on allait, je m’étais mis en tête que j’allais lire un roman qui allait me faire peur, m’épouvanter, etc. 😱
Puis au fur et à mesure, je me suis laissé happer par l’ambiance et surtout par les personnages ! On est sur un roman tout en nuances, où tout est dans l’atmosphère, dans la suggestion plutôt que la démonstration. Et puis nous sommes en 1934, il ne faut pas l’oublier !
C’est en lisant cette fin toute en émotions, qui m’a fait venir les larmes aux yeux, que je me suis aperçue qu’au final, j’avais adoré ce roman. Que je m’étais tant attaché aux habitants de Winnicott Hall et surtout au duo de Viviane et George, la préceptrice et son élève. Ils ont une si belle complicité, une relation à part du fait du handicap de George, qui rend les choses plus intenses. George est un petit garçon incroyable ! Il est intelligent, espiègle et si doux. Il a touché en plein milieu mon petit cœur de maman 🥹
Comme dans les romans précédents, j’ai adoré la plume des auteurs et notamment les parties de dialogues, qu’ils maîtrisent à la perfection. Chacun de leurs romans est d’un genre différent, et en tant que lectrice, j’apprécie ce sentiment de me lancer dans « l’inconnu » et de ne pas savoir à quoi m’attendre !
J’ai eu un véritable coup de cœur pour la narration.
La voix de François Delaive se prête à merveille à l’histoire. J’avoue qu’au départ, la durée d’écoute me semblait trop longue pour moi, j’avais peur de ne pas accrocher, de me perdre dans le récit, bref, d’aller vers un flop total. Et c’est tout le contraire qui s’est passé.
Cette écoute a été tout simplement magique. François adapte son ton en fonction des dialogues et des personnages, changeant de rythme lorsque cela était nécessaire. J’ai aimé sa façon de faire ressentir la tension, l’humour, la peur ou la tristesse. C’en était palpable. Il ajoute une dimension émotionnelle incroyable au texte. Et il a surtout réussi à rendre l’histoire vivante.
Grâce à François, je me suis sentie proche de Georges, de Viviane et des autres. J’avais l’impression de faire partie de la famille. Mon avis sur le roman :
❤️ Alerte au coup de cœur !❤️
Deuxième coup de cœur, pour le récit en lui-même cette fois.
Croyez-vous aux fantômes ? Non ? Après cette lecture, vous changerez peut-être d’avis.
1934. Winnicott Hall est un grand manoir du 17ème siècle perdu en pleine campagne du Sussex. C’est là que viennent d’emménager Lucille Montgomery , son mari, Archie et leur fils, Georges, âgé de dix ans. Le petit garçon est né aveugle.
Viviane Lombard vient d’être embauchée pour s’occuper de Georges. C’est une préceptrice française proche de la quarantaine, célibataire et malmenée par la vie, puisque son fiancé a trouvé la mort. Aux côtés de Viviane, nous faisons connaissance du personnel du manoir, Mrs Dodds, la cuisinière, Mr Talbott, le majordome, Ruby et Pearl, les femmes de chambre.
Le duo Viviane / Georges est attachant. Ils vont apprendre à se connaître et développeront une belle complicité. Georges est un garçon intéressant. Malgré son handicap, il essaye de vivre normalement, avec toute la joie de vivre et la passion de son âge.
« Voyez-vous, expliqua Viviane, il faut toujours placer la barre un peu au-dessus de ses capacités. Dans le sport comme dans l’enseignement, comme dans la vie. Sans quoi, on ne saurait progresser. »
En dehors des travaux de décoration et d’aménagement du manoir, Lucille anime un cercle littéraire se réunissant une fois par mois au manoir. Elle a peur de tout pour son fils, ce côté protecteur exacerbé à l’extrême la rend à la fois drôle et touchante. Archie, archéologue reconnu dans le monde, est souvent amené à partir loin de ses proches. Une bouffée d’air pour lui, car l’excentricité de Lucille se révèle être assez compliquée à gérer au quotidien, il faut bien l’avouer. J’ai adoré les dialogues épicés entre ce couple. J’ai ris ! Tous deux apportent de la légèreté à l’atmosphère étouffante régnant au manoir.
Car Winnicott Hall a la réputation d’être hanté, et Viviane a l’occasion de s’en rendre compte très vite. Les fantômes font partie intégrante du récit, et ils sont nombreux…Ils ont piqué ma curiosité, je n’ai eu de cesse de savoir qui ils étaient et ce qu’ils voulaient. J’avoue avoir douté également de la santé mentale de chacun. Ces fantômes sont-ils réels ou le fruit de l’imagination collective ?
« -Je n’ai pas choisi d’avoir peur ! explosa-t-elle. Ce n’est pas quelque chose que l’on décide un beau jour, pas plus qu’on ne décide d’aller bien ou mal. »
« Winnicott Hall » est un roman incroyable, aux multiples facettes. Il développe les us et coutumes de la bourgeoisie anglaise du 18ème siècle. Lucille assure parfaitement la gestion de la maison et l’éducation de Georges, tout en s’impliquant dans son cercle littéraire. Elle tient à l’apparence et à la réputation de sa famille. Lorsque les rumeurs à propos du domaine et de ses fantômes se propagent, vous imaginez bien combien cela la chagrine. Le contraste entre la modernité dont se revêt le manoir et son passé chargé d’histoire est intéressant. Lucille ira même jusqu’à organiser une séance de spiritisme afin de découvrir pourquoi ce manoir qu’elle aime tant la rejette. Les auteurs mélangent des éléments de tragédie familiale, des secrets ancestraux et des apparitions de spectres et d’objets prenant vie. De quoi maintenir le lecteur en haleine !
Sans oublier la montée du nazisme, qui inquiète tant Lucille. Grâce à ses lectures de journaux, nous suivons avec elle l’évolution de l’Histoire.
J’ai adoré suivre les personnages dans leur quotidien, c’était totalement addictif. Je n’avais qu’une envie : trouver un moment pour retourner à Winnicott Hall, retrouver les facéties de Georges, la délicatesse de Viviane. J’étais impatiente d’avoir le fin mot de l’histoire, et en même temps, je savais que cela allait être un déchirement de faire mes valises et de quitter ce microcosme.
La plume des auteurs est fluide, riche, pointée d’humour so british. Au cœur de Winnicott Hall, ils ont construit tout un univers autour de la transmission, des ancêtres, de la mort. L’ambiance si particulière s’est révélée envoutante, angoissante, pesante.
Quant au dernier quart, quel délice ! Tous les secrets sont dévoilés, les mystères sont résolus, et…je ne peux pas vous en dire plus, malheureusement. Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui m’en manque.
Je vous conseille la lecture de « Winnicott Hall » pour ses personnages, son ambiance, sa fin et pour toutes les émotions que cette lecture procure.
« Nous étions heureux et nous ne le savions même pas. »
Après le remarqué Alabama 1963 qui leur a valu une quinzaine de prix littéraires, Ludovic Manchette et Christian Niemiec nous emmènent cette fois dans la campagne anglaise des années 1930 avec À l'ombre de Winnicott. Un manoir au cœur du Sussex, une préceptrice française et son jeune élève aveugle, des phénomènes étranges : tous les ingrédients du récit gothique semblent réunis. Pourtant, ce troisième roman du duo surprend par sa retenue et sa sensibilité.
L'histoire nous transporte à Winnicott Hall en 1934, avec Archie, Lucille et leur petit garçon George. Viviane, la nouvelle gouvernante française, découvre cette demeure familiale où règne une atmosphère feutrée, typiquement britannique. Les auteurs excellent à recréer l’ambiance aristocratique de l'entre-deux-guerres, avec ses codes sociaux, ses non-dits et cette politesse de façade qui cache tant de secrets. Comme la série Downton Abbey, le roman est empreint de cette nostalgie d'un monde en mutation.
George, cet enfant aveugle aux prises avec les fantômes, constitue indéniablement le cœur battant du récit. Un enfant gentil et intelligent, atteint de cécité, qui accueille sa nouvelle préceptrice avec une maturité touchante. Les auteurs le rendent attachant sans verser dans le pathos, évitant l’écueil du personnage handicapé utilisé comme ressort dramatique. Avec sa condition d’étrangère et son regard extérieur, Viviane offre un contrepoint intéressant dans ce microcosme anglais. Les parents, Archie et Lucille, bien que moins développés, ne tombent pas dans la caricature de l'aristocratie décadente et conservent une humanité convaincante.
L'ensemble des personnages secondaires contribue à créer cette atmosphère de huis clos familial où chacun porte ses secrets. Si leurs psychologies ne sont pas toujours approfondies, ils servent efficacement l'ambiance générale du récit. Les touches fantastiques demeurent très légères. Winnicott Hall serait-il hanté ? Plutôt que de multiplier les effets surnaturels, les auteurs privilégient l'ambiguïté et la suggestion. Cette retenue peut décevoir les amateurs de fantastique pur, mais elle sert remarquablement bien l'atmosphère gothique du récit.
L'intrigue reste relativement simple. Pas de révélations fracassantes ni de rebondissements multiples. Pourtant, cette simplicité apparente ne nuit pas à l'intérêt du récit. C'est davantage dans l'atmosphère, les relations entre personnages et la qualité d'écriture que réside la force du roman. Et au-delà de son habillage gothique, À l'ombre de Winnicott porte un message profondément humain. Un roman qui mise sur la subtilité plutôt que sur l'efficacité, et qui gagne à être lu avec la patience qu'il mérite.
J’aime découvrir de nouvelles ambiances littéraires depuis mon arrivée dans l’univers du Bookstagram. Alors quand on m’a proposé de lire À L’OMBRE DE WINNICOTT, j’ai dit “Bingo !” sans trop savoir où j’allais. J’avais entendu parler de ce duo d’auteurs que sont NIEMIEC et MANCHETTE grâce aux bons échos de leur précédent roman ALABAMA 1963. Mais au vu de la couverture (très belle par ailleurs), j’ai deviné de suite qu’on quittait l’Amérique profonde pour un milieu anglais plus aisé et plus bourgeois. J’ai donc ouvert ce bouquin et j’avoue que j’ai eu un peu de mal à m’y attacher au début. L’intrigue mettait du temps à se déclencher même si on pouvait ressentir par-ci par-là des mots qui laissaient deviner ce qui allait se tramer au sein de ce manoir assez mystérieux. J’ai compris ensuite la volonté des romanciers d’éclairer le lecteur sur les diverses relations entre les personnages de cette histoire qui ont cette particularité que possèdent les fantômes : celle de ne pas communiquer avec les vivants comme ils le faut. Une fois les bases posées, j’ai pu en effet m’immiscer plus facilement au sein de cette demeure subissant des événements étranges et m’attacher à quelques-uns de ses habitants. Bien entendu, j’ai beaucoup aimé la relation entre Vivianne, cette préceptrice française aux méthodes particulières pour l’époque, armée de son franc-parler, et George, cet enfant aveugle et doté d’une intelligence (et autre don) hors norme. J’ai été aussi touché par le personnage de Lucile qui, malgré ses côtés mère poule et maîtresse de maison limite obsessionelle, est une femme solitaire, en manque de repère et d’amour. Un trio qui évoluera au cours des chapitres avec toujours comme point de mire le passé, le futur et l’aboutissement de soi
NIEMIEC et MANCHETTE ont dosé le récit pour que l’on puisse la déguster doucement et pour qu’ensuite on ressent ce petit peps de surprises avec assurément ce final très réussi. Avec une atmosphère fantastique et presque théâtrale, de l’humour et quelques moments d’émotions, ce livre vous apportera du plaisir à frissonner auprès des spectres du manoir mais surtout de la réflexion sur les relations avec vos proches et la manière de communiquer avec eux
1934. Quelque part dans la campagne anglaise, il y a un manoir, dont on dit qu'il s'y passe des choses bizarres. Mais, vous connaissez les anglais. Ils ne diront jamais rien. C'est dans ce contexte qu'arrive Viviane, la nouvelle préceptrice du jeune Georges. Sous des dehors peu avenants, elle n'en est pas moins humaine et sensible. Sensible à Georges pour lequel elle va développer un tendre attachement. Elle va s'en occuper, le faire grandir, encourager son intelligence et surtout lui faire découvrir le dehors. Car voyez vous, Georges est aveugle et sa mère ultra protectrice, Lucille, lui interdit beaucoup de choses. Tout aurait pu s'arrêter là, mais voilà, le manoir a d'autres occupants, d'un autre genre. Si au début, ils se manifestent de manière subtile, bientôt tout cela va s'intensifier et accroître le malaise de chaque occupant vivant. Arf, comme j'ai aimé ce roman, ces personnages, cette ambiance pesante et cette tension qui croit au fil de la lecture. C'est tellement bien écrit et le rythme tellement maîtrisé, que sans nous nous rendre compte, on a du mal à lâcher le livre. On est happé par les moments de tension, on souffle pendant les accalmies, on s'attache à Viviane Georges et tous ces autres personnages. C'est beau de voir comment ce petit bonhomme, malgré son handicap, reste un garçon comme les autres, avec les mêmes aspirations. C'est beau de voir cette affection qui grandit entre lui et sa préceptrice. C'est beau aussi de voir comment les domestiques vont finalement accepter cette française, au franc parler. C'est haletant de voir cette touche de fantastique prendre de plus en plus de place dans l'histoire. Ça stresse, ça angoisse et en même temps, on espère une issue favorable à la situation. Mais connaitre le fin mot de toute cette histoire, il faut prendre son courage à deux mais et plonger dans ce roman. Mais attention, après ça, vous ne regardez plus les vieilles demeures de la même manière. Foi de revenant.
Merci à @netgalleyfrance et aux Éditions le Cherche Midi. Des romans comme ça, j'en redemande.
Le roman gothique que j'attendais, forcément, et c'est avec joie que j'ai pu le lire grâce à Netgalley (malgré quelques problèmes techniques qui m'ont forcée à lire sur téléphone, ce qui n'est pas très confortable).
Portée par l'enthousiasme de collègues libraires, c'est sans lire le résumé ni rien que je me suis lancée. Et j'ai été surprise par le ton décalé, c'est souvent drôle, entre le franc-parler de Viviane, l'humour de George, les notes de bas de page (ma passion depuis Terry Pratchett) et tous les membres de cette maisonnée un peu folle. Pourtant, derrière l'humour et les situations cocasses (la vengeance sur le majordome ou le prêtre qui baptise la maison), la tension s'installe progressivement et d'un coup, je me suis retrouvée hypnotisée par l'intrigue, le cœur palpitant et au bord des lèvres quand une porte s'est ouverte toute seule chez moi... Des évènements fantastiques qui peuvent paraître drôles au départ, mais qui très vite virent à l'angoisse, la folie s'installe dans ce manoir et c'est de pire en pire. Une écriture haletante qui nous prend sans prévenir et signe un roman qui souffle un air de nouveauté dans le genre.
Les personnages sont particulièrement attachants, que ce soit Viviane, la préceptrice française, George, ce jeune enfant aveugle (leur duo est vraiment génial, leur attachement et le respect qu'ils ont l'un pour l'autre sont touchants), Pearl, cette femme de chambre qui ne peut pas s'empêcher de poser des questions ou faire des réflexions embarrassantes, Mr Talbott, ce majordome coincé... Bref, une galerie de personnages un peu fous, mais qui se révèlent attachants, et on a presque (je dis bien presque) envie d'aller à Winnicott Hall pour les rejoindre.
Bref, une très belle découverte, je regrette juste d'avoir été obligée de lire sur téléphone, ce qui m'a empêchée de profiter réellement du roman, j'avais du mal à m'y mettre au départ.
Ludovic Manchette & Christian Niemec font partie de ces auteurs que je souhaitais découvrir en 2025, alors quand j'ai vu ce roman proposé dès l'entrée de ma bibliothèque fin décembre, je me suis laissé tenter sans lire la quatrième malgré la petite appréhension face à cette couverture sombre !
J'ai profité d'une lecture commune organisée sur Instagram pour le découvrir ! Alors, j'ai commencé la lecture commune avec une journée de retard, et j'ai donc vu passer quelques messages sur la part paranormale du roman, et je me suis donc lancée avec une certaine appréhension. Et quelle surprise ! Quelle découverte ! J'ai tellement été envoûtée par la plume du duo que j'ai eu du mal à respecter le découpage proposé, et, finalement, j'ai craqué et l'ai terminé avant la fin de la lecture commune.
Dès les premières pages, je me suis retrouvée immergée en 1934 où j'ai poussé les grilles de Winnicott Hall, ce manoir dans la campagne du Sussex, aux côtés de Viviane avant de cheminer à ses côtés. Comme elle, je me suis rapidement prise d'affection pour le petit George et j'avais la sensation de vivre leurs aventures à leurs côtés. Chaque pas que j'ai entrepris dans ce manoir m'a fait voyager dans cette atmosphère particulière, guidée par les fantômes qui y règnent. À chacun de mes pas, j'appréhendais ce qu'il allait se passer, quel événement allait survenir ou quel bruit suspect viendrait perturber ma visite. Et alors qu'en temps normal, le paranormal me fait décrocher de mes lectures, ici, il m'a complètement intriguée et tenue en haleine. C'est fébrilement que je tournais chaque page et les émotions se sont succédé jusqu'aux dernières pages. C'est avec un petit pincement au cœur que j'ai quitté ce manoir envoûtant, et à l'instar de Viviane, je ne suis pas prête d'oublier mon passage dans ce manoir.
Merci Messieurs pour ce moment hors du temps ! Place désormais à la lecture de vos différents romans.
Sussex, Angleterre, 1934. Alors qu’ils viennent d’emménager dans le manoir de Winnicott Hall, les Montgomery confient à Viviane Lombard, une Française, l’éducation de George, leur fils aveugle. Tandis que la préceptrice et l’enfant apprennent à se connaître, un doute s’instille peu à peu chez eux comme chez tous les occupants de la demeure. Une présence invisible ne rôderait-elle pas entre les murs de la vieille bâtisse ?
Un roman qui est bien différent des deux œuvres précédentes du duo. Et pourtant, j’ai été captivée du début à la fin. Encore une fois, tout m’a paru réaliste. Je pense que cela est dû au fait que les descriptions sont détaillées avec précision mais sans en faire des pavés entiers. Tout était si réel que j’avais l’impression de faire partie du décor. De même, les références historiques mentionnées renforce ce réalisme. Pour vous dire j’en ai même rêvé !
J’ai ressenti un mélange d’émotions tout au long de ma lecture : l’angoisse et la tristesse, la tendresse et la mélancolie. On s’attache facilement aux personnages et notamment à George et Vivianne. Bien qu’ils soient censés au début avoir en quelque sorte une relation professionnelle, disons élevé et préceptrice, une vraie amitié naît. Malgré la cécité du garçon, Vivianne veut lui apprendre à voir le monde à sa façon. Elle veut qu’il jouisse de la vie malgré son handicape.
L’histoire, bien qu’effrayante par moment, est narrée avec des touches d’humour par-ci par-là. J’ai trouvé que cela allégeait l’histoire, ça apportait davantage une touche de réalisme.
Encore une fois une très belle découverte. Il faut dire que je n’en attendais pas moins de ce duo génial même si je ne m'attendais pas à une histoire avec des fantômes. Je suis sortie de ma zone de confort ce qui n’aurait pas été le cas si je ne connaissais pas déjà leur plume.
🥰 Prenant En trois mots : manoir - famille - mystères
« " Il y a beaucoup de monde ! " remarqua la visiteuse à peine entrée. Lucille compta. " Nous sommes huit. Neuf avec vous. – Je ne parlais pas des vivants. »
➡️ S’il y a bien quelque chose que savent faire ces deux auteurs, c’est créer des personnages attachants et crédibles ! Qu’ils soient principaux ou secondaires, tous sont bien travaillés, avec forcément une préférence pour George et Viviane.
Leurs échanges savoureux apportent fraîcheur et humour au milieu de cette atmosphère mystérieuse (et même légèrement horrifique !).
➡️ L’ambiance change au fur à mesure, le suspense s’installe et ce manoir inquiétant devient un protagoniste à part entière. On se pose mille et une questions, ne sachant comment se positionner face à la situation.
➡️ C’est aussi souvent très tendre, touchant mais sans jamais être exagéré ni forcément très triste même si le deuil reste un thème important tout comme le handicap.
➡️ Il ne m’a suffi que de quelques lignes pour être immergée dans cette histoire. S’il n’y avait pas eu cette petite baisse de régime au milieu, ce livre aurait été un gros coup de cœur. Il n’en est vraiment pas passé loin 😉.
Une excellente lecture prenante, touchante et énigmatique à la fois.
Merci aux éditions du Cherche Midi pour ce service de presse numérique via NetGalley.
Nous voici dans un roman à la fois historique (l'intrigue se déroule en 1934 au départ) et fantastique (car on comprend vite qu'il y a certainement des présences fantomatiques dans ce manoir de Winnicott Hall.) Winnicott Hall, en Grande Bretagne, c'est là où Viviane Lombard, Française de 38 ans, se présente au poste de préceptrice pour instruire un jeune garçon aveugle de 10 ans, George Montgomery. La famille Montgomery venant d'emménager dans cette vieille demeure héritée il y a peu. Mais Viviane ne fait pas l'unanimité, surtout à cause de sa nationalité et de sa tenue apparemment négligée pour cette riche famille anglaise. Mais George n'en a cure, Viviane étant la seule à le considérer comme un garçon normal. Mais la maisonnée a finalement de plus gros problèmes à résoudre, car des meubles et objets bougent tout seuls, la moisissure s'installe, des silhouettes apparaissent, bref, la rumeur disant que le manoir est hanté semble vraie. Ce roman a parfois des allures théâtrales, surtout lors des dialogues, il y a beaucoup d'humour et de belles réparties ; l'ambiance est bien sûr gothique et fantastique à souhait (j'y ai retrouvé un peu de « La Cafetière », de Théophile Gautier), avec aussi des touches christiesques (il est même question du Meurtre de l'Orient Express) et conandoylesques (je ne sais même pas si ça se dit). C'était donc à la fois frissonnant, drôle et émouvant, grâce à des personnages aux caractères bien distincts et un peu théâtraux et attachants.