Look Around. C’est le titre d’une bossa-nova kitsch des années 1960. Un de ces airs légers en apparence mais qui finissent bientôt par vous obséder. C’est aussi la pièce que Rémi Roche a programmée dans son téléphone pour signaler l’heure de sa mise à mort.
Mais nous n’en sommes pas encore là, car en ce matin pluvieux Rémi Roche (qui, décidément, entretient de troublantes similitudes avec un certain Jean-Simon DesRochers) doit se rendre à une entrevue qu’il a promise à un doctorant. Un dénommé Charles Tobnik lui a donné rendez-vous dans une conciergerie du Quartier latin, au studio même où, vingt-cinq ans plus tôt, poète famélique, Rémi s’échinait sur les vers bancals de son futur premier livre. C’est dans cet immeuble, rebaptisé le Galant, qu’il avait ensuite planté le décor de son premier roman.
Rémi ne se présentera pas au rendez-vous. Revenir au Galant lui paraît vraiment trop irréel. Comment expliquer une telle résurgence du passé? D’autant plus que, très vite, ce n’est pas seulement le passé, mais la réalité au présent qui s’affole à son tour.
Et si nous n’étions tous que des personnages de roman? Qui serait l’auteur de notre vie? Et qu’aurions-nous à lui dire si, un jour, nous nous trouvions en sa présence?
Né à Montréal en 1976, Jean-Simon DesRochers favorise la création de projets littéraires à la fois complexes et accessibles. D'abord intéressé par la poésie (L'Obéissance impure, finaliste au prix Émile-Nelligan 2001; Parle seul, prix Émile-Nelligan 2003), il fonde la revue Dialogis en 2003. Dès lors, il publie un manifeste, divers essais ainsi que des nouvelles. À la fin du projet Dialogis, il se retire pour rédiger deux romans, dont La canicule des pauvres, paru en octobre 2009, aux éditions Les Herbes rouges. Il effectue présentement une recherche doctorale transdisciplinaire sur l'imagination cognitive et la création littéraire tout en poursuivant son oeuvre romanesque.
Étonnant Jean-Simon DesRochers. La première moitié de ce livre m’a enchanté, alors que la mémoire de l'auteur parcourt les environs du Quartier latin et d'autres secteurs de Montréal — tout comme l'insouciance de la vingtaine — au tournant des années 2000. La seconde, moins, en dépit de mon plaisir de recroiser des éléments empruntés à La canicule des pauvres, un roman que j'avais découvert sur le tard et qui m'avait tellement plu. Malheureusement, passé un certain point, dans ce cas-ci le chemin s’avère fort tortueux.
Comme tout les romans de Jean-Simon Desrochers , j’ai adoré. Je suis triste que ce soit terminé. Ça m’a donné le goût de relire La Canicule des Pauvres
Ingénieuse mise en abyme, où on suit Rémi Roche, alter-ego de l’auteur, dans sa quête insolite pour découvrir s’il n’est, au fond, qu’un personnage de fiction.
Quelques moments trop déroutants à mon goût. Quoique c’est le genre de livre où on doit se laisser porter et faire confiance, autrement on risque de décrocher.