Il y a des lectures qui s’installent lentement. Comme un lien d’amitié qui ne dit pas tout, tout de suite. La douceur du piment rouge fait partie de ces romans qui ne m’ont pas immédiatement conquise, mais dont l’écho reste longtemps après la dernière page tournée.
J’ai mis un certain temps à m’attacher à Lorène et Giulia. Le début me semblait un peu convenu, presque trop lisse. Et puis, sans prévenir, l’histoire s’est assombrie, elle a gagné en intensité. Les revers, les épreuves, les douleurs…
Ce roman raconte une amitié féminine, à la fois rare et authentique. Celle qui lie deux femmes que tout oppose : une enfance solitaire, marquée par l’abandon, pour Lorène. Une famille chaleureuse, italienne, pour Giulia. L’une s’invente une vie d’indépendance à Paris, entre art et solitude assumée. L’autre, en quête de stabilité, reste plus proche de ses racines. Mais malgré les différences, malgré les kilomètres, elles ne se quittent jamais vraiment.
L’autrice alterne les voix de ses deux héroïnes. C’est un choix narratif judicieux, qui permet de mieux les comprendre, de saisir la force de leur lien à travers les années. Chaque chapitre débute par une citation, une sorte de boussole discrète qui éclaire ce qui va suivre. J’ai aimé ce détail, tout en finesse, qui donne à la lecture un rythme sensible, presque intime.
Ce qui m’a marquée, au fond, c’est la justesse avec laquelle Laurie Heyme rend hommage à toutes celles qui luttent. C’est un roman sur le courage. Celui de Giulia, bien sûr, face à la maladie. Mais aussi celui de Lorène, qui apprendra à vivre avec ses peurs, à s’ouvrir, à aimer sans fuir.
La douceur du piment rouge ne bouleverse pas dès les premières pages, mais il s’installe, lentement, profondément. Il m’a rappelé que certaines amitiés sont des phares silencieux. Et que la littérature, parfois, nous parle de ce qui compte le plus : rester debout, ensemble.