C'est beau de lire le récit d'agentivité d'une femme autochtone qui s'est et se bat pour le bien commun et l'émancipation des populations autochotnes face au projet colonial du Canada. J'ai aimé la perspective d'Elen Gabriel sur la "crise d'Oka". J'aurais aimé que l'attention du livre y soit plus porté.
Extrêmement intéressant pour partir du siège de Kanehsatà:ke (malheureusement plus connu sous le nom de la Crise d'Oka) et le placer dans son contexte historique, non pas comme le point culminant d'une tension entre autochtones et colonisateurs, mais comme un élément marquant d'un long fleuve de relations tendues et malsaines, particulièrement du côté du Canada/Québec.
On commence avec une narration très concrète de la perspective autochtone de l'événement; on reste surpris de l'attitude belliqueuse et incontrôlable de la SQ, suivie de l'armée canadienne. Par la suite, on parle des échos et le propos part dans un peu toutes les directions pour couvrir de nombreux aspects reliés à la relation autochtone avec des colons capitalistes.
Seul petit bémol de mon côté: le propos me semble parfois tourner un peu en rond, par moments. En revanche, on peut attribuer en grande partie cela au fait que le texte vient à l'origine d'un dialogue parlé et ce genre de détours a beaucoup plus de sens avec cet élément (malgré cela, le ton oral coule assez bien et ajoute un côté "tangible" et solennel que j'apprécie bien).
"La population doit savoir que les femmes ont joué un rôle clé pendant la résistance et qu'elles ont pris les décisions dès le début du blocus et tout au long de l'été. Je veux que les futures générations sachent que les femmes Autochtones étaient et restent au coeur de la résistance, et non en marge, comme les médias et le gouvernement l'ont dépeint."
Puissant, inspirant et tellement important ce récit sur la vie et la carrière de cette militante et artiste Kanien'kehá:ka. Au-delà du côté personnel, c'est aussi un essai très riche sur la résistance autochtone et une leçon d'Histoire qui nous fait comprendre que les engrenages et les rouages dévastateurs de notre Monde remontent à bien avant l'arrivée de l'ère industrielle. C'est aussi un appel à la mobilisation, la solidarité et un beau plaidoyer pour l'art.
Le ton conversationnel est interessant, on y découvre enfin tout ce que les dirigeants, les médias et le système colonialiste nous ont caché volontairement avant depuis et après la barricade à Oka pour la protection du territoire Mohawk. On y découvre le rôle des femmes autochtones et leur combat pour ramener l’attention sur le réel enjeu du vol de leur territoire ancestrale, la pinède par un club de golf et un promoteur de condos à travers la violence inouïe dont ont fait preuve les corps policiers, l’armée, le maire d’Oka, le 1er ministre Bourassa et le fédéral. La communauté mohawk est une survivante de cette crise et continue d’en souffrir tout en essayant de se protéger. Ce génocide qui a lieu depuis 500 ans doit s’arrêter mais pour cela, on doit devenir des alliés(blancs). Reconnaitre, respecter et réconcilier passe par la vérité. Lire ce livre est un acte essentiel vers la reconnaissance.
Extrêmement eye opening. Beaucoup d’apprentissages, et pas juste sur les événements de 1990. Oubliez votre cours d’histoire de secondaire 4, parce que clairement que le cursus a autant pas évolué que le gouvernement canadien (et québécois) en ce qui a trait aux relations avec les Autochtones et la reconnaissance de leurs droits, de leur souveraineté, et j’en passe.