"Nous sommes la somme de nos amours. Et c’est la seule chose qui restera de nous."
On l’a comparé à Gandhi, à Einstein, à Lénine. Des foules l’ont acclamé. Des milliardaires lui ont tapé sur l’épaule. Les damnés de la terre l’ont imploré. Aujourd’hui, son nom nous fait sourire, tout comme son invention : la méthode Coué. Singulier destin que celui d’Émile Coué, obscur pharmacien français devenu célébrité mondiale, tour à tour adulé et moqué. La vie meilleure retrace l’histoire de ce précurseur du développement personnel qui, au début du XXe siècle, pensait avoir découvert les clés de la santé et du bonheur. Un homme sincère jusque dans sa roublardise, qui croyait plus que tout au pouvoir des mots et de l’imagination. Avec ce roman lumineux aux accents intimes, Étienne Kern rend hommage à ceux qui cherchent coûte que coûte une place pour la joie.
La vie passionnante et racontée avec beaucoup de poésie d’Emile Coué inventeur de la fameuse « méthode Coué ».
Pharmacien de métier ce lorrain mettra son énergie à insuffler le bonheur autour de lui. Il s’intéressera d’abord à l’aspect psychologique du pessimisme et du magnétisme attirant qu’est de « voir la vie en noir attire forcément de noires conséquences ». Puis la force, comme une évidence, de l’autosuggestion ou autopersuasion. L’effet placebo et surtout l’envie de s’en sortir et de s’en sentir capable. Avant toute prise médicamenteuse il préférera l’éducation de soi par l’optimisme. Traité de charlatanisme et de supercherie lucrative ce n’est que quelque temps plus tard qu’on lui rendra grâce.
L’écriture est fluide, poétique, simple, parfait pour un court roman qui donne le sourire.
J’ai connu Étienne Kern en lisant «Les envolés», paru chez Gallimard en 2021, qui a notamment remporté le Goncourt du premier roman. Une lecture que j’ai profondément appréciée. J’ai aussi eu la surprise d’y trouver le nom de Philippe Manevy dans les remerciements.
«La vie meilleure», c’est une douce enquête sur Émile Coué, apôtre du mieux-être avant son temps, un pharmacien de Troyes qui rêvait d’aider son prochain. Taxé par certains de charlatan, mais plutôt globalement célébré, il proposait une méthode d’autosuggestion positive – bien avant «The Secret» - pour guérir les maux mineurs, et passer de façon plus optimiste à travers les épreuves médicales plus graves. Humaniste ayant beaucoup d’amour à donner, homme d’une seule femme, sa tendre Lucie, il n’a jamais pu avoir d’enfants, et a consacré toute son énergie à souhaiter – en posant des gestes concrets – que son prochain se porte mieux.
Kern, évidemment, transcende l’enquête. Il brode des petits détails du quotidien autour de l’existence de Coué, en se basant sur des recherches et des documents glanés ici et là. Il met en scène, en parallèle, un deuil familial difficile à oublier chez les siens. Il y a un peu de l’histoire de sa famille dans celle des Coué, des coïncidences parfois trop grosses pour être ignorées.
Au départ dubitatif, le lecteur se laisse lentement convaincre, se prend d’affection pour le personnage, admire la tendresse dont l’enrobe l’auteur. Un destin comme un autre, ou un destin exceptionnel qui a par-dessus le marché eu la chance d’être écrit par Étienne Kern? On imagine sans peine la petite étincelle de bonté dans les yeux d’Émile Coué, sa course effrénée de sexagénaire pour sensibiliser le plus de gens possible à sa méthode, les échos de sa sagesse toute simple qui retentissent jusque dans les paroles d’une chanson de John Lennon, cinquante ans après son décès… et on se dit qu’un tout petit roman qui nous fait ressentir d’aussi grandes émotions, c’est exactement ça, de la belle littérature.
«On ne regarde jamais assez tant qu'il est temps. On se dit que les choses seront là pour toujours, sous nos yeux. Il faut qu'elles soient finies pour comprendre comme elles nous échappent et comme elles nous manquent. Et il faut qu'elles soient finies depuis longtemps pour comprendre ça, aussi: c'est parce qu'elles finissent qu'elles sont belles.»
Le sujet d’Emile Coué est original et l’entreprise de réhabilitation est utile tant l’oubli voire la moquerie populaire occulte la célébrité mondiale tardive du personnage, mais c’était un peu long pour un livre si court.
La répétition stylistique, pour aussi agaçante qu’elle soit, rencontre une echo dans la fameuse Méthode auto-suggestive du bon pharmacien troyen nancéen.
La nature tient également une place importante dans le récit (jamais cognassier n’avait pris une telle place dans un roman), peut être en raison de la profession de pépiniériste du père de Lucile, l’épouse de Coué.
Les rapports au père du protagoniste sont là aussi un peu simplistes, sans qu’on comprenne ce qui vient étayer ces rapports classiquement œdipiens de peur de décevoir les attentes d’un père déclassé.
Le récit personnel entrelacé dans le récit biographique est légèrement déplacé: il tient presque lieu de deuxième histoire tant les deux ont peu de point de contact, même si les derniers paragraphes paragraphes sont joliment touchants.
Tout doux, ça donne du baume au coeur. Je suis étonnée que Monsieur Kern n'ait pas rapproché la méthode au phénomène de "manifesting" qui est partout sur les Réseaux Sociaux, mais peut-être n'en a t'il pas connaissance. Toujours est-il que j'écoute Beautiful boy de John Lennon en boucle et que je me répète "and every day, in every way, it's getting better and better" sur le chemin pour aller au travail...
J’ai senti que l’auteur avait premièrement écrit ce livre pour lui, dans un cheminement personnel et nécessaire d’aller-mieux et d’auto-persuasion, en se concentrant sur Coué et sa méthode, qui l’a fasciné par la suite. Court roman plein d’émotions, biographique mais voilà, ça reste très en surface, c’est très prétexte.
Étienne Kern signe un très beau roman, touchant et instructif. Il y retrace la vie et l’œuvre d’Emile Coué, inventeur de la célèbre Méthode éponyme. Plein d’optimisme, le récit célèbre la joie, que l’auteur recherche dans tous les recoins de la vie. Le doute qui habite, au début mais finalement tout au long de sa vie, le pharmacien (pas docteur, il y tient) est touchant, tout comme sa volonté inébranlable et la foi en ses principes. La route vers le succès, parallèle à la vie familiale, elle également imaginée, est contée dans un style remarquable, appuyé sur une documentation précise. Les passages plus personnels où l’auteur raconte ses proches apportent encore davantage d’émotion. Un roman qui ne peut qu’être conseillé, d’autant que la lecture permet assurément « tous les jours, à tous points de vue, d’aller de mieux en mieux »
Une lecture qui m’a laissée un peu sur ma faim. Le style est élégant, mais l’ensemble m’a paru statique, sans véritable transformation ni passage à l’action. Je m’attendais à suivre un personnage qui ose, qui sort de sa zone de confort, qui incarne son propre virage. Finalement, j’ai surtout lu les hésitations d’un homme plongé dans l’introspection.
« Que serons nous sans le secours de ce qui n’existe pas? » Paul Valéry – Variétés
« C’est la maladresse des commerçants. C’est leur premier été. » (p.25)
« Chez elle, à la cathédrale, chez eux. Elle attend cet enfant comme une nouvelle jeunesse » (p.27)
« —Je crois qu’il aime ça, au fond
—Quoi?
—Son malheur. » (p.27)
« Je veux qu’il parte, Maman. »(p.58)
« Les mois se suivent, 1898 commence. »(p.63)
« Voici la leçon que je vous donne. Soyez dur. Cachez vos émotions. Cachez vous. Cultivez votre pouvoir. Mais n’ayez pas d’illusions. A la fin, c’est toujours la mort qui l’emporte. »(p.66)
« 1913. La vie nouvelle bat son plein. Les gens viennent »(p.94)
« Il écrit déjà les phrases qu’il couchera le soir même dans ses carnets. Indulgente bonhommie, pas même la plus innocente ambition. Il est de ceux aux yeux de qui la bonté est vraiment le sens de la vie » (p.98)
« C’est la guerre, Émile, tu ne peux pas arrêter maintenant. Ma petite sœur est morte »(p.111)
« 21 Mars 1922. Le secrétaire particulier du duc d’York répond à Emile. Je reproduis le texte tel quel : « Il ne désire à vous exprimer ses regrets très sincères qu’il ne sera pas ici pour vous voir. Le duc est très content d’apprendre le bon succès de vos idées. »
« A quoi bon refaire les choses quand ceux qui comptent ne sont pas là? Que leur regard n’est plus sur vous? Quand l’amour manque? » (p.133)
J’ai choisi de m’exprimer par cet ensemble de citations, qui, je l’espère, vous parleront autant qu’à moi et que vous saurez retracer le fil de ma lecture. Merci!
Je trouve que ce livre pose surtout la question : "comment aller mieux après un amour perdu ?"
Dans ce roman, l'auteur raconte des moments du quotidien d'Émile Coué, à partir de son propre point de vue et de son expérience familiale. En effet, les gestes, les sensations et les regards d'Émile Coué se croisent avec ceux des oncles d'Étienne Kern. L'auteur-narrateur n'écrit pas un panégyrique ou le roman d'une vie : ce n'est pas le texte sur un personnage célèbre qu'on peut trouver d'habitude. Il propose quelques moments d'affection des personnages, en gardant la distance imposée par le temps et surtout l'oubli qui embellit les restants de ce qui n'est plus.
J'ai été marqué en particulier par le style d'écriture et la façon dont le narrateur aborde les événements. Au départ, j'avais trouvé le livre bien écrit, agréable mais pas du tout exceptionnel. Au fur et à mesure, les phrases se raccourcissent. Les mois et les années défilent et se melangent. L'écriture devient incisive, touchante et très évocatrice. Le narrateur opère comment un réalisateur de film en superposant les images et en esquissant les impressions.
C'est un livre qui se lit rapidement et avec plaisir, malgré les quelques événements difficiles qui sont racontés mais toujours avec grâce.
C'est fou comme, en deux romans, Etienne Kern a déjà réussi à nous habituer à son style. Je le trouve encore plus fort et maîtrisé dans ce deuxième roman et, même si la biographie d'Emile est moins forte en émotions que celle de Franz, ce style très beau et très touchant rend la lecture vraiment agréable et le roman réussi. Je ne connaissais rien de cet Émile Coué et j'ai apprécié découvrir sa vie romancée, ainsi que, surtout, les interventions de l'auteur qui étaient déjà une grande source d'émotion dans Les Envolés.
J'avais adoré "Les Envolés", premier roman de l'auteur, et j'ai tout autant aimé "La Vie Meilleure" !
Étienne Kern raconte l'histoire d'Émile Coué, avec à la fois des éléments biographiques mais aussi toute une part d'imagination qui redonne vie à ce pharmacien, précurseur du développement personnel.
À cet hommage romancé à Émile Coué, l'auteur mêle des éléments autobiographiques : quelques lignes pleines d'émotion qui relatent ses recherches et voyages sur les traces d'Émile Coué, sa vision de l'écriture, et son lien avec son parrain et sa marraine.
Créée au début du 20e siècle, la méthode Coué s'appuie sur l'autosuggestion positive. Selon son inventeur Emile Coué (1857-1926), pharmacien lorrain et professeur d’optimisme, l'imagination et l'inconscient exerceraient une influence sur la réalité. Il suffirait de se répéter ‘Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux’. pour guérir. Ce livre est un hommage romancé de celui qui fut tour à tour moqué et adulé. L’écriture est fluide, délicate, mais un peu plate.
Une lecture intéressante. J'avoue que je ne connaissais pas cette personnalité donc ce fut une véritable découverte. Même si j'ai trouvé cette lecture passionnante et agréable (le style de l'auteur ayant son importance) il est vrai que j'ai trouvé que l'histoire de Coué assez en surface. Mais bon, l'auteur réussi quelque chose en ces quelques 180 pages. Une belle petite découverte.
Un roman plein de douceur sur la vie d’Emile Coué, l’inventeur de la fameuse Méthode, entremêlé de souvenirs intimes. À lire comme une caresse qui tente d’apaiser les difficultés, les douleurs et les tensions de la vie.
Un sujet intéressant sur le papier, mais traité par un auteur qui se regarde écrire, et qui relègue l'histoire du bon docteur Coué derrière sa propre autobiographie.
J’ai dû passer à côté de ce livre, biographie avec beaucoup de suggestions et suppositions … une découverte de la méthode Coué qui n’était pour moi qu’une expression…
C’était sympa et bien écrit, ça raconte la vie d’Émile Coué et de sa fameuse méthode, c’est pas un livre révolutionnaire qui va vous faire chialer mais ça reste une lecture agréable.
Mélange du récit de la vie d'Émile Coue et d'un pan de la vie de l'auteur. Un peu trop lent a mon goût. Me donne envie de lire les envolés que j'avais laissé passer!