Je continue de lire les livres de Samuel Champagne (objectif : l’intégrale) avec Garçon Manqué, qui, il me semble, était son travail de fin d’étude… mais je peux me tromper.
Les romans de Samuel Champagne ont toujours une visée pédagogique, mais, la plupart du temps, je trouve que la narration et l’histoire l’englobent bien, et je n’avais pas l’impression de lire un flyer. Ici, c’était moins le cas… tout le roman est vraiment le parcours d’exploration de genre et de transition d’Eloi, il n’y a aucune histoire annexe, rien.
Il se trouve aussi qu’en termes de représentation, c’est assez classique. Bien sûr, si c’est classique, c’est bien parce que ce parcours est celui de nombreuses personnes trans, mais n’empêche, c’est quelque chose que je lis et j’entends beaucoup, et je m’intéresse plus aux variances (qui sont, d’autre part, plus proches de ce que peut vivre mon entourage). Ici, on est sur le très classique « dès ses deux ans, Eloi exprimait une préférence pour la masculinité et ne se considérait pas dans la catégorie fille, n'arrivait pas à comprendre pourquoi on lui faisait porter des jupes ».
Cependant, le personnage d’Eloi est très attachant, et au fil du récit, j’étais vraiment engagée dans son histoire ! La transphobie qu’il vit est horrible, et les moments de joie me soulageaient d’autant plus… dans l’ensemble, j’ai trouvé que c’était un bon roman, quoi que très pédagogique, mais qui s’adresse davantage à des personnes découvrant ce qu’est la transidentité, ou des lecteurs ayant un parcours similaire à celui d’Eloi.