La meilleure année de ma vie fut celle de 2007. Ensuite, ce furent des années moins bien, décevantes et parfois longues. Le passé n’existe plus, le futur n’est pas encore là et il faut savourer le présent, je sais, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Et avec tout l’optimisme et la bonne volonté du monde, mes journées sont moins réjouissantes qu’en cette merveilleuse putain d’année 2007. C’est comme ça.
Il s’en est suivi une séparation, des deuils, des espoirs brisés, une mutation pénible et le vieillissement inéluctable qui fait blanchir les cheveux, que j’ai tout de même la chance de conserver.
Charles Pépin est le philosophe qui m’accompagne le samedi matin sur le chemin des courses hebdomadaires. La voix de ce philosophe diffusée sur France Inter est pour moi le réflexe de Pavlov qui me dit que je suis bientôt sur le parking de Lidl. Ses réflexions matitutinales me rappellent entre autres que je ne dois pas oublier le houmous, les oléagineux ni le chocolat bio à 85% de cacao. Mais pas avant la fin de la chronique, la philosophie passe évidemment avant le consumérisme, fut il sain et bio.
C’est donc en confiance que j’ai acheté ce livre car c’est un agrégé de philosophie qui m’est familier. Ces chroniques ne sont pas mauvaises et il semblait capable de me guérir de ma nostalgie, me permettre de vivre avec mon passé.
Alors, les 7 premiers chapitres sont complètement inutiles. On y apprend les mécanismes de la mémoire, la faculté de se remémorer (avec comme exemple super original, la madeleine de Proust), la création de son identité via toutes nos expériences, la notion d’oubli, les traumatismes de victimes et la psychanalyse. Tout cela est vu, revu et vraiment on n’y apprend rien. Là, on est page 174.
Quelques réflexions :
On évolue avec son passé selon Bergson. La vision de celui-là change avec le temps.
Il faut l’accepter, ne pas le nier ni tenter de l'oublier. Quelques exemples de people qui ont eu un passé difficile : Didier Eribon, Zlatan Ibrahimovic, Jorge Semprun…
Se remémorer les pires moments de sa vie est utile car il permet de s’y habituer. (Perso, moi, ça me donne envie de me pendre.)
Voici les idées du 8ème et dernier chapitre qui devaient me permettre de me donner envie de me lever le matin pour aller de l’avant. Ces idées sont sponsorisées par Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice…
Penser aux bons moments de notre vie, pas qu’aux mauvais.
Pardonner à celui ou celle qui nous a fait du mal.
Se forcer à oublier et accepter pour retrouver la joie.
Faire le deuil.
Apprendre de ses erreurs.
Voilà, c’est comme ça qu’on apprend à vivre avec son passé. Ca valait la peine d’avoir un Master et une agrégation de philo… ! Quelle arnaque.
J’ai retenu un seul truc utile de tout le bouquin :
Se créer de nouveaux bons souvenirs peut potentiellement diluer les mauvais. En extrapolant cette théorie pour ma situation personnelle, j’en déduis qu’il ne faut pas se lancer dans des projets ou des relations moyennes pour éviter de se créer de futurs souvenirs pas top. Autant vivre sa vie comme on l’entend, seul chez soi, à lire et faire du sport plutôt que se forcer à se mettre en couple avec une fille pas ouf, sortir dans des bars où au final on s’ennuie, aller voir le dernier film polonais en noir et blanc récompensé (la pratique de l’IVG en URSS chez les bonnes soeurs, c’est pas mon truc, faut pas se forcer) ou partir dans des destinations touristiques qui, une fois là-bas, te donne envie de rentrer chez toi (Désolé, le Portugal, le problème, c’était pas toi, mais moi.) Bref, il te reste une demie-vie à vivre, faut pas la gâcher.