Une femme au masque d'hirondelle ouvre la pièce par un discours incohérent qui interpelle et invite à réfléchir sur ce que sera le fond de la pièce. Et en effet, ce personnage énigmatique vient régulièrement ponctuer les parcours de cinq autres, quatre adolescents et leur professeur de français. Elle distille peu à peu des informations sur son propre drame et sur ce qui la relie à tous les autres protagonistes. Ceux-ci se croisent, se cherchent (eux-mêmes, et les uns les autres), se ratent souvent, se trouvent et parfois, grandissent. Tous n'ont qu'un seul désir : goûter au bonheur. Chacun y arrive comme il peut : Jade avale des vers solitaires pour maigrir, Berthier s'invente un handicap pour séduire les filles, Katrina opte pour un tatouage qui changera de forme avec le temps, François plane et rêve d'ouvrir des portes, tombe amoureux d'une vieille femme. Et Denis, leur professeur, remet tout en question à cause d'un plat de lasagne qui a le goût de sable, le goût des vacances. Jusqu'à ce que tout s'arrête net. A 2h14. Le fils de la femme-hirondelle les tue dans un attentat. Partant de ce qui pourrait n'être qu'une sordide tragédie, de celles qui font trop souvent la une des journaux, David Paquet crée une pièce non pas tant pour les adolescents mais sur l'adolescence.
4,5 ⭐️ J’ai trouvé cette pièce fabuleuse. Pas parfaite mais tout de même très agréable à lire. Elle est un peu loufoque puisqu’elle part dans pleins de directions différentes mais c’est également ce qui la rend réelle. Les personnages sont attachants, on s’identifie à eux facilement. L’histoire est écrite sans tabou et ça fait du bien. Personnellement le personnage de Jade m’a beaucoup touché … Dommage que l’histoire soit si courte, elle mériterait d’être rallongée.