Qui n’a jamais eu envie de rencontrer un jour le Père Noël?
Ce personnage magique qui emporte les petits cadeaux au pied du sapin ou de la cheminée lors de cette nuit hors du temps entre le 24 et le 25 décembre.
Personnellement, j’avoue avoir essayé petit de le voir mais je n’étais pas assez rapide (cf mon manque d’implication dans le sport dès mon plus jeune âge peut-être).
Et en réfléchissant, le Père Noël est bien plus que ce livreur de présents, il est aussi un confident, un soutien moral, un espoir car il peut cerner la vie de tous les chérubins de la Terre grâce aux millions de lettres qu’il reçoit.
Et il découvre dans ces missives parfois des vies d’enfants compliquées, violentes et solitaires. Mais ces enfants gardent espoir en un meilleur grâce à des légendes comme celle de Klaus et ses rennes volants.
C’est cet espoir que Magdeleine, tenancière du bureau de poste d’un des plus beaux villages normands qu’est Veules-Les-Roses (j’y retourne en février d’ailleurs), va essayer d’entretenir en se faisant passer pour le grand barbu à la robe rouge et en aidant les enfants dans le besoin.
Nous sommes au début des années 60, le relan de la Seconde Guerre Mondiale est toujours présent et le Guerre d’Algérie pointe le bout de son nez.
C’est dans ce contexte que Magdeleine va enfreindre les règles qu’imposent la Poste et ouvrir le courrier destiné au Père Noël afin de redonner espoir et aide aux jeunes de son village.
Elle devra se cacher de ses autorités mais aussi affronter sa famille qui la croit devenue folle d’entamer une telle aventure. Et il est vrai que tout ne va pas se passer si facilement pour notre Mère Noël normande.
CATHERINE SIGURET m’a embarqué dans cette région que j’apprécie énormément qu’est la Normandie et encore plus ce coin magnifique près de Dieppe où je vais en vacances régulièrement.
Ce village de Veules, cette ambiance sixties avec son oscillement entre le passé belliqueux, patriarcal et l’avenir plus ouvert aux changements de mentalité et à la technologie (j’adore les références aux pubs de l’époque) est vraiment très bien décrite et on s’immerge complètement dans ce microcosme normand.
Le récit, qui mélange savamment feel good, drame, faits historiques et conte, se lit aisément et est très addictif.
On veut en savoir plus rapidement car, outre l’histoire très originale, on aime retrouver ces protagonistes attachants et parfois drôle.
Je retiendrai évidemment le rôle de Magdeleine, cette femme moderne aux convictions bien arrimées et aux valeurs familiales inoxydables. Sa gaieté, ses répliques, sa tendresse ont su m’émouvoir et me dire qu’il était primordial que ce type de femmes aient réagi sur leurs conditions à cette époque où l’homme restait maître de la maison (même s’il devait utiliser la violence pour y arriver)
LA DAME DE LA POSTE est une très belle surprise littéraire.
Avec ce mélange osé entre histoire, récit imaginaire et familial, l’autrice a réussi le pari d’être ma mère Noël en m’accordant ce petit cadeau de récit empli de tendresse, d’espoir et de belles valeurs (et de Normandie aussi).