Rivages lointains, c'est Jules Tivoli, un jeune immigré italien, du Chicago de la fin des années 30 au Marseille du début des années 60 : ses débuts comme livreur, dévoré par l'ambition, par l'envie d'être quelqu'un, l'envie de porter les beaux costumes qu'il voit dans la vitrine d'un tailleur...
Rivages lointains, c'est Adam Czar, mafieux d'origine polonaise plutôt bien placé dans l'échelle alimentaire locale, qui va croiser la route de ce jeune homme ambitieux et qui, séduit par son culot, va lui proposer une place dans son organisation...
C'est l'ascension de ce duo dans la mafia de Chicago, jusqu'à la chute et la fuite vers New York, où le rapport de force va s'inverser, Jules, de son vrai prénom Giovanni, va gravir les échelons de la mafia italienne new-yorkaise.
Rivages lointains c'est Eufrasio, mafieux new-yorkais aussi solaire qu'impulsif, attachant, drôle, inconscient, confiant, tellement vivant, qui va chambouler la dynamique de Jules et d'Adam jusqu'au point de non-retour.
Rivages lointains, c'est aussi Jules et d'Adam, mélange de passion, de pouvoir, de fascination, de sentiments, mais aussi de secrets, d'ambition, de jalousie, de manipulation... une histoire qui doit rester secrète dans un milieu pas franchement gay friendly.
Si j'ai aimé la plume d'Anaïs Flogny, son travail sur le caractère des personnages, leurs évolutions, cette façon d'arriver finalement à nous rendre sympathiques et attachants des personnages qui ne le sont pas franchement, j'ai tout autant aimé son coup de crayon, son dessin, son trait léger, esquissé, ses couleurs un peu froides pour la partie américaine, qui se réchauffent dans la partie marseillaise. J'ai aimé ses planches de taille inégales, son souci du détail, jusqu'à la fin, cette fin douce amère.
Un grand merci à l'auteur, aux éditions Dargaud et à NetGalley pour ce service presse, que je vais sans aucun doute me procurer en version papier, pour le plaisir de le relire.